Claudia Chronicles
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Re: Claudia Chronicles
Lestat était resté dans sa chambre. Dans son fauteuil rouge, son visage blanc détonnait. Il était immobile avec une expression de peur irascible imprimée sur son visage. Il faisait peine à voir avec ses lèvres bleues, ses yeux vides de vie. Le silence de la chambre était pesant. Si la musique qu’il avait mis en route l’avait soutenu, elle s’était éteinte depuis longtemps. Il était seul avec Louis et Claudia partit chasser. Il attendait qu’elle vienne, la jolie mortelle portant le nom de Nicolas. Mais son esprit torturé par son retour était attaché à une autre personne, un autre corps, celui d’un jeune homme. Un beau jeune homme au teint plus coloré mais fardé de blanc comme il se faisait à l’époque. Il se rappelait Nicolas lorsqu’il était encore humain…
Il était un peu plus petit que Lestat, il avait des cheveux bruns et bouclés lorsque le temps se faisait humide. Il avait un visage plus adulte que Lestat, sûrement parce que le jeune homme en avait déjà affronté plus que le fils de marquis. Il était allé à Paris, il avait fait ses études. Il avait rencontré Mozart ! Rendez-vous compte ! Il était le garçon le plus intelligent que Lestat eut rencontré jusqu’à maintenant, et qu’est-ce qu’il était cultivé ! Nicolas connaissait tant de chose, il avait vu Paris ! Il avait tant de question à lui poser.
Le jeune bourgeois était vêtu comme un prince, ses cheveux retenus par un ruban de soie grise, son costume était gris lui aussi, la dentelle sortait de partout comme dans une fontaine, oui c’était ça, une fontaine de dentelle, de ruban et de soie ! Lestat en était émerveillé. Il aurait aimé pouvoir voir Paris et les autres bourgeois habillé ainsi, si beaux. Lui qui était habitué aux chaussures boueuses qu’il faut raccommoder, aux chemises trop usées qui semblent sur le point de tomber en poussière. Il lui était difficile de ne pas mourir d’envie. Sans parler du fait que le fils de bourgeois avait l’auberge, il la possédait ! Il ne l’avait pas eut par un héritage en ruine, glaciale, impossible de s’y sentir bien, non, il l’avait acheté ! Lestat avait l’impression d’avoir affaire à un prince, tout simplement.
Nicolas : « Monsieur, je suis heureux de vous revoir. Comment est-ce dans ce manteau à la fourrure de ces loups que vous avez tués ? »
Chez Nicolas, le ton était à l’admiration et non au dénigrement comme chez Augustin mon frère aîné. J’étais face à un jeune homme qui venait de Paris, qui avait tout vu et tout fait ce qu’il y avait à faire lorsqu’on était un jeune homme riche et qu’on aimait l’art. Ma mère m’avait expliqué alors que Nicolas était un jeune homme qui tout comme moi, aimait l’art. Il adorait écouter du violon et avait appris à en faire, malheureusement il était trop tard pour lui. Il ne pourrait jamais exercer son art, avait-elle ajouté avec une pointe de nostalgie comme si elle aussi avait aimé en faire plus jeune. J’étais alors trop excité pour ne serait-ce qu’imaginer la douleur que pouvait ressentir Nicolas de Lenfant.
Lestat : « Je suis très heureux de pouvoir rencontrer le jeune homme qui a vu Mozart ! Vous avez été à Paris ? Comment était-ce ? Avez-vous vu le cœur de Paris ? La cathédrale ? On la dit magnifique ! »
L’excitation était à son comble en moi. J’étais sur le point de faire une crise nerveuse des plus graves. J’avais tant envie de lui raconter la souffrance que j’avais de rester ici, lui dire à quel point Paris me paraissait magnifique, quelle haute élévation spirituelle on devait avoir lorsqu’on y allait ! Je brûlais de désir d’y aller. Nicolas était un exemple à suivre. Mais je ne pourrais jamais aller à Paris, car toutes mes tentatives pour échapper à ma famille avaient échoué.
Lestat dans le présent avait le sentiment intime de se retrouver dans cette auberge où tout avait commencé. Il avait le désir d’y rester, dans ce passé où il n’y avait aucune haine entre eux, aucune douleur, aucun remord. Il n’y avait que deux jeunes hommes qui désiraient plus que tout la vie qu’avait l’autre. Il entendis alors une musique de violon, un concerto de Mozart. Un morceau de musique lent mais bouleversant. Il eut envie de mourir en l’entendant. Il lui semblait qu’il provenait du passé, un morceau de musique qu’aurait pu jouer Nicolas. Il s’approcha de la fenêtre qu’il avait ouverte. Ce n’était plus la Nouvelle-Orléans qu’il voyait s’étaler devant lui, mais Paris.
Nicolas : « La capitale n’est pas aussi belle que tu le penses Lestat, elle est le cercueil de millier de pauvres incapables de subvenir à leur besoin. Elle grouille de maladie terrible. Il y règne la mort et l’inquiétude. On ne sait si on rentrera en vie chez soir. Les voleurs y sont nombreux et ils ne se contentent pas de voler, ils tuent également. »
Mais Nicolas avait eu tord. Ce n’était pas ça qui l’avait tué, pas les voleurs, pas la maladie, ni même la pauvreté. Il était mort parce que Armand le voulait. Cet enfant vampire qui rappelait à Lestat sa petite Claudia, n’était pas aussi angélique qu’il en avait l’air. Il tuait parce qu’il se sentait seul et qu’il ne supportait plus cette solitude. Il n’y a rien de plus triste qu’un homme seul ne supportant plus d’être seul. Qu’en restait-il aujourd’hui ? Lestat n’avait jamais essayé de l’imaginer. Il avait effacé Armand de sa mémoire avec Nicolas et son violon. Pourquoi fallait-il que Nicolas soit revenu ? Pourquoi diable ce violon jouait-il frénétiquement ce concerto ?
Lestat : « Nicolas, Nicolas, je crois que le moment d’or est passé. »
Lorsqu’il avait dit ça dans l’auberge quelques heures après, quatre bouteilles vides après. Ils s’étaient regarder les yeux dans les yeux. Le moment d’or c’était lorsqu’ils étaient si soûls qu’ils avaient l’impression d’avoir la connaissance de tous les mystères, de comprendre le monde qui les entourait, de savoir quel était leur but, de connaître la paix totale intérieure. Un moment qui portait bien son nom. Lestat et Nicolas appréciaient ce moment tout particulièrement. Il y avait à chaque beuverie un moment d’or.
Nicolas : « Oui, tu dois avoir raison. »
C’était la première fois où ils utilisaient ce terme, où Lestat utilisait ce terme. Il était totalement ivre et allait entamer la phase où il dessoûlait. Il n’avait plus envie de boire de l’alcool, l’odeur du vin lui était devenue désagréable. La réalité lui apparaissait, horrible et inévitable. Mais Nicolas était là. Il souriait en voyant Lestat à travers la bouteille, déformé.
Lestat : « Le moment d’or… »
Nicolas : « Oui, c’est exactement ça. Il n’y a pas d’autre mot, pas d’autre expression qui pourrait mieux le caractériser. »
C’était un peu un moment magique comme lorsqu’un scientifique découvre une chose très importante. Lestat sourit. Il se sentait exceptionnel là dans cette auberge, accoudé à la table, ayant bu plus que son soûl, parlant avec un ami ! Un ami. Il considérait donc Nicolas comme tel. C’était son premier ami. Il n’avait jamais eu d’amis. Ses frères étaient trop snobs pour avoir des amis ou être le sien. Il avait grandit seul dans un grand château. Il avait bien sûr un nombre incalculable de jeune conquête féminine attendant sa venue, tard le soir dans leur chambre. Il se sentait heureux et épanoui comme il s’était senti chez les moines. Là il aurait eut des amis si ses frères n’étaient pas venus le chercher, l’empêchant d’étudier et d’avoir une chance de ne pas devenir un aussi parfait ignare qu’eux.
Lestat : « Je suis heureux qu’on soit ami. Tu sais pour les loups c’était juste mon devoir. J’y ai été sans réfléchir. Si j’avais réfléchit, je me serais fait dévorer. »
Nicolas : « Alors c’est ça le secret ? »
flash-back
Je sortais d’une boutique de poupée. Mes cheveux étaient défais et s’y trouvait de minuscules gouttes de pluie. J’avais dévoré le marchant de poupée après qu’il m’eut annoncé de sa voix fluette et fausse ‘Désolé ma petite, mais je crois qu’elles sont un peu trop chères pour une enfant de ton âge’. Le sang du vilain marchand s’agitait en moi. J’avais ressenti sa peur en buvant son sang, j’avais vu ses millions de petits visages en porcelaine qu’il peignait si soigneusement. J’avais eu faim de lui durant tout le temps où j’étais dans la boutique mais ce n’est que lorsqu’il avait prononcé ces mots que l’envie m’avait dépassé et poussée à agir. J’avais alors prit l’homme dans mes bras et mordu son cou tremblant à la peau vieillie et abîmée. Il n’avait rien dit, il avait été bien courageux. J’aime les victimes qui acceptent leur sort.
Mes souliers frappaient le sol. La Nouvelle-Orléans était une sorte de plateau repas pour moi. J’avais soif de toute sa vie humaine et si attirante ! Il y avait une petite musique qui résonnait accompagnant mes pas. J’avançais lentement. Mes mains serrées contre moi, l’odeur chère de douceur, le vent giflant doucement mes joues. N’y avait-il rien de plus excitant ? J’acceptais toute la douleur de ma condition de vampire pour pouvoir savourer ce bonheur chaque nuit de mon éternité. C’était des soirs comme celui-ci où je pouvais me poser des questions qui n’avaient pas de réponses mais qui me paraissaient évidente. Comment finira le monde ? Serais-je encore là pour voir les humains mourir tous sous un même fléau ? Serait-ce comme dans la bible, où en Egypte Dieu avait envoyé sept plaies pour punir le peuple qui retenaient les hébreux ? Des questions qui s’en allaient sans réponses et reviendraient un autre soir comme celui-ci.
Louis : « Claudia !! Arrête-toi ma chérie, s’il te plait. »
Je me tournais lentement. Mon visage affichant un masque d’innocence pure. Il me fixait avec ses yeux marrons foncés brûlant d’humanité. Il portait une chemise sale avec un gilet déchirer. Lestat lui changeait ses vêtements, parfois, même il le forçait à entrer dans un bain lorsqu’il estimait que l’odeur que dégageait Louis était vraiment répugnante. Lestat avait du mal à supporter la moindre petite odeur désagréable. Mais l’heure n’était pas à cela. Louis avait l’air vraiment fâché. Je crois que ça avait avoir avec le meurtre du marchand.
Louis : « Claudia ! Quand cesseras-tu donc de tuer ainsi ? C’est idiot ! On ne les tue pas parce qu’ils sont idiots ou méchants ! »
J’avais eu envie de lui répondre ‘Oui, sinon je serais contrainte de tous les tuer !’ Louis n’a aucun humour, il n’en a jamais eu. Il devait être un mortel bien ennuyeux. Je ne crois pas qu’on puisse qualifier un vampire d’ennuyeux. Mais si on le pouvait Louis en serait un. Il est des moins actif que je connaisse. Il était cette nuit là assez ennuyeux pour venir me reprocher d’avoir tuer ce marchand alors que j’étais une petite fille avant tout. Je n’avais pas encore grandit spirituellement. Dois-je vous notifier que les vampires changent plus lentement que les humains ? Probablement parce qu’ils ont l’éternité devant eux.
Claudia : « Je suis désolé Louis. J’avais faim et je… »
Je n’avais certes aucune excuses. Je le reconnais. J’avais tué cet homme parce qu’il m’avait parlé comme à une humaine mais n’était-ce pas justement ce que je voulais être à ses yeux d’humains ? Mais j’étais une enfant, une petite fille perdue qui n’avait rien à se mettre sous la dent. Comment peut-on reprocher à une enfant d’avoir pris le gâteau qu’on avait mis sous son nez ? Même si ce gâteau ne lui était pas réservé…
Louis : « Tu es vraiment impossible ! Qu’allons-nous faire à présent ? Tu peux me le dire ? »
Claudia : « On n’a qu’à le laisser là. Il a été méchant. Il a dit que je ne pouvais avoir ces poupées, j’étais trop jeune. »
Louis : « Voyons Claudia, il suffisait de me demander ! »
Il me prit dans les bras me serrant fort contre lui. J’entendais son cœur battre. Le seul organe qui vit chez un vampire. A vrai dire si on examine la situation, le cœur est vital pour un vampire, aussi vital qu’à un être vivant. Si on lui enlève son cœur, un vampire meurt. Mais personne ne peut enlever son cœur à un vampire. Aucun humain ne le peut et peu de vampires le peuvent.
Louis : « Tu sais que tu peux avoir tout ce que tu veux. Tu as juste à demander. »
Claudia : « Oui mon Louis, je le sais. »
Je nichais ma tête au creux de son épaule. Bien que j’eusse envie de pleurer, je ne le fis pas. Louis et moi, nous étions toujours tendre et compréhensif l’un envers l’autre. Nous savons que l’autre peut souffrir ou avoir envie de disparaître. Nous sommes là pour s’entraider, s’entraimé. Nous partagions bien plus que de l’amour. L’amour est un mot avant tout. J’aime Louis de tout mon cœur, plus encore que Lestat qui est si difficile à aimer.
Il était un peu plus petit que Lestat, il avait des cheveux bruns et bouclés lorsque le temps se faisait humide. Il avait un visage plus adulte que Lestat, sûrement parce que le jeune homme en avait déjà affronté plus que le fils de marquis. Il était allé à Paris, il avait fait ses études. Il avait rencontré Mozart ! Rendez-vous compte ! Il était le garçon le plus intelligent que Lestat eut rencontré jusqu’à maintenant, et qu’est-ce qu’il était cultivé ! Nicolas connaissait tant de chose, il avait vu Paris ! Il avait tant de question à lui poser.
Le jeune bourgeois était vêtu comme un prince, ses cheveux retenus par un ruban de soie grise, son costume était gris lui aussi, la dentelle sortait de partout comme dans une fontaine, oui c’était ça, une fontaine de dentelle, de ruban et de soie ! Lestat en était émerveillé. Il aurait aimé pouvoir voir Paris et les autres bourgeois habillé ainsi, si beaux. Lui qui était habitué aux chaussures boueuses qu’il faut raccommoder, aux chemises trop usées qui semblent sur le point de tomber en poussière. Il lui était difficile de ne pas mourir d’envie. Sans parler du fait que le fils de bourgeois avait l’auberge, il la possédait ! Il ne l’avait pas eut par un héritage en ruine, glaciale, impossible de s’y sentir bien, non, il l’avait acheté ! Lestat avait l’impression d’avoir affaire à un prince, tout simplement.
Nicolas : « Monsieur, je suis heureux de vous revoir. Comment est-ce dans ce manteau à la fourrure de ces loups que vous avez tués ? »
Chez Nicolas, le ton était à l’admiration et non au dénigrement comme chez Augustin mon frère aîné. J’étais face à un jeune homme qui venait de Paris, qui avait tout vu et tout fait ce qu’il y avait à faire lorsqu’on était un jeune homme riche et qu’on aimait l’art. Ma mère m’avait expliqué alors que Nicolas était un jeune homme qui tout comme moi, aimait l’art. Il adorait écouter du violon et avait appris à en faire, malheureusement il était trop tard pour lui. Il ne pourrait jamais exercer son art, avait-elle ajouté avec une pointe de nostalgie comme si elle aussi avait aimé en faire plus jeune. J’étais alors trop excité pour ne serait-ce qu’imaginer la douleur que pouvait ressentir Nicolas de Lenfant.
Lestat : « Je suis très heureux de pouvoir rencontrer le jeune homme qui a vu Mozart ! Vous avez été à Paris ? Comment était-ce ? Avez-vous vu le cœur de Paris ? La cathédrale ? On la dit magnifique ! »
L’excitation était à son comble en moi. J’étais sur le point de faire une crise nerveuse des plus graves. J’avais tant envie de lui raconter la souffrance que j’avais de rester ici, lui dire à quel point Paris me paraissait magnifique, quelle haute élévation spirituelle on devait avoir lorsqu’on y allait ! Je brûlais de désir d’y aller. Nicolas était un exemple à suivre. Mais je ne pourrais jamais aller à Paris, car toutes mes tentatives pour échapper à ma famille avaient échoué.
Lestat dans le présent avait le sentiment intime de se retrouver dans cette auberge où tout avait commencé. Il avait le désir d’y rester, dans ce passé où il n’y avait aucune haine entre eux, aucune douleur, aucun remord. Il n’y avait que deux jeunes hommes qui désiraient plus que tout la vie qu’avait l’autre. Il entendis alors une musique de violon, un concerto de Mozart. Un morceau de musique lent mais bouleversant. Il eut envie de mourir en l’entendant. Il lui semblait qu’il provenait du passé, un morceau de musique qu’aurait pu jouer Nicolas. Il s’approcha de la fenêtre qu’il avait ouverte. Ce n’était plus la Nouvelle-Orléans qu’il voyait s’étaler devant lui, mais Paris.
Nicolas : « La capitale n’est pas aussi belle que tu le penses Lestat, elle est le cercueil de millier de pauvres incapables de subvenir à leur besoin. Elle grouille de maladie terrible. Il y règne la mort et l’inquiétude. On ne sait si on rentrera en vie chez soir. Les voleurs y sont nombreux et ils ne se contentent pas de voler, ils tuent également. »
Mais Nicolas avait eu tord. Ce n’était pas ça qui l’avait tué, pas les voleurs, pas la maladie, ni même la pauvreté. Il était mort parce que Armand le voulait. Cet enfant vampire qui rappelait à Lestat sa petite Claudia, n’était pas aussi angélique qu’il en avait l’air. Il tuait parce qu’il se sentait seul et qu’il ne supportait plus cette solitude. Il n’y a rien de plus triste qu’un homme seul ne supportant plus d’être seul. Qu’en restait-il aujourd’hui ? Lestat n’avait jamais essayé de l’imaginer. Il avait effacé Armand de sa mémoire avec Nicolas et son violon. Pourquoi fallait-il que Nicolas soit revenu ? Pourquoi diable ce violon jouait-il frénétiquement ce concerto ?
Lestat : « Nicolas, Nicolas, je crois que le moment d’or est passé. »
Lorsqu’il avait dit ça dans l’auberge quelques heures après, quatre bouteilles vides après. Ils s’étaient regarder les yeux dans les yeux. Le moment d’or c’était lorsqu’ils étaient si soûls qu’ils avaient l’impression d’avoir la connaissance de tous les mystères, de comprendre le monde qui les entourait, de savoir quel était leur but, de connaître la paix totale intérieure. Un moment qui portait bien son nom. Lestat et Nicolas appréciaient ce moment tout particulièrement. Il y avait à chaque beuverie un moment d’or.
Nicolas : « Oui, tu dois avoir raison. »
C’était la première fois où ils utilisaient ce terme, où Lestat utilisait ce terme. Il était totalement ivre et allait entamer la phase où il dessoûlait. Il n’avait plus envie de boire de l’alcool, l’odeur du vin lui était devenue désagréable. La réalité lui apparaissait, horrible et inévitable. Mais Nicolas était là. Il souriait en voyant Lestat à travers la bouteille, déformé.
Lestat : « Le moment d’or… »
Nicolas : « Oui, c’est exactement ça. Il n’y a pas d’autre mot, pas d’autre expression qui pourrait mieux le caractériser. »
C’était un peu un moment magique comme lorsqu’un scientifique découvre une chose très importante. Lestat sourit. Il se sentait exceptionnel là dans cette auberge, accoudé à la table, ayant bu plus que son soûl, parlant avec un ami ! Un ami. Il considérait donc Nicolas comme tel. C’était son premier ami. Il n’avait jamais eu d’amis. Ses frères étaient trop snobs pour avoir des amis ou être le sien. Il avait grandit seul dans un grand château. Il avait bien sûr un nombre incalculable de jeune conquête féminine attendant sa venue, tard le soir dans leur chambre. Il se sentait heureux et épanoui comme il s’était senti chez les moines. Là il aurait eut des amis si ses frères n’étaient pas venus le chercher, l’empêchant d’étudier et d’avoir une chance de ne pas devenir un aussi parfait ignare qu’eux.
Lestat : « Je suis heureux qu’on soit ami. Tu sais pour les loups c’était juste mon devoir. J’y ai été sans réfléchir. Si j’avais réfléchit, je me serais fait dévorer. »
Nicolas : « Alors c’est ça le secret ? »
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flash-back
Je sortais d’une boutique de poupée. Mes cheveux étaient défais et s’y trouvait de minuscules gouttes de pluie. J’avais dévoré le marchant de poupée après qu’il m’eut annoncé de sa voix fluette et fausse ‘Désolé ma petite, mais je crois qu’elles sont un peu trop chères pour une enfant de ton âge’. Le sang du vilain marchand s’agitait en moi. J’avais ressenti sa peur en buvant son sang, j’avais vu ses millions de petits visages en porcelaine qu’il peignait si soigneusement. J’avais eu faim de lui durant tout le temps où j’étais dans la boutique mais ce n’est que lorsqu’il avait prononcé ces mots que l’envie m’avait dépassé et poussée à agir. J’avais alors prit l’homme dans mes bras et mordu son cou tremblant à la peau vieillie et abîmée. Il n’avait rien dit, il avait été bien courageux. J’aime les victimes qui acceptent leur sort.
Mes souliers frappaient le sol. La Nouvelle-Orléans était une sorte de plateau repas pour moi. J’avais soif de toute sa vie humaine et si attirante ! Il y avait une petite musique qui résonnait accompagnant mes pas. J’avançais lentement. Mes mains serrées contre moi, l’odeur chère de douceur, le vent giflant doucement mes joues. N’y avait-il rien de plus excitant ? J’acceptais toute la douleur de ma condition de vampire pour pouvoir savourer ce bonheur chaque nuit de mon éternité. C’était des soirs comme celui-ci où je pouvais me poser des questions qui n’avaient pas de réponses mais qui me paraissaient évidente. Comment finira le monde ? Serais-je encore là pour voir les humains mourir tous sous un même fléau ? Serait-ce comme dans la bible, où en Egypte Dieu avait envoyé sept plaies pour punir le peuple qui retenaient les hébreux ? Des questions qui s’en allaient sans réponses et reviendraient un autre soir comme celui-ci.
Louis : « Claudia !! Arrête-toi ma chérie, s’il te plait. »
Je me tournais lentement. Mon visage affichant un masque d’innocence pure. Il me fixait avec ses yeux marrons foncés brûlant d’humanité. Il portait une chemise sale avec un gilet déchirer. Lestat lui changeait ses vêtements, parfois, même il le forçait à entrer dans un bain lorsqu’il estimait que l’odeur que dégageait Louis était vraiment répugnante. Lestat avait du mal à supporter la moindre petite odeur désagréable. Mais l’heure n’était pas à cela. Louis avait l’air vraiment fâché. Je crois que ça avait avoir avec le meurtre du marchand.
Louis : « Claudia ! Quand cesseras-tu donc de tuer ainsi ? C’est idiot ! On ne les tue pas parce qu’ils sont idiots ou méchants ! »
J’avais eu envie de lui répondre ‘Oui, sinon je serais contrainte de tous les tuer !’ Louis n’a aucun humour, il n’en a jamais eu. Il devait être un mortel bien ennuyeux. Je ne crois pas qu’on puisse qualifier un vampire d’ennuyeux. Mais si on le pouvait Louis en serait un. Il est des moins actif que je connaisse. Il était cette nuit là assez ennuyeux pour venir me reprocher d’avoir tuer ce marchand alors que j’étais une petite fille avant tout. Je n’avais pas encore grandit spirituellement. Dois-je vous notifier que les vampires changent plus lentement que les humains ? Probablement parce qu’ils ont l’éternité devant eux.
Claudia : « Je suis désolé Louis. J’avais faim et je… »
Je n’avais certes aucune excuses. Je le reconnais. J’avais tué cet homme parce qu’il m’avait parlé comme à une humaine mais n’était-ce pas justement ce que je voulais être à ses yeux d’humains ? Mais j’étais une enfant, une petite fille perdue qui n’avait rien à se mettre sous la dent. Comment peut-on reprocher à une enfant d’avoir pris le gâteau qu’on avait mis sous son nez ? Même si ce gâteau ne lui était pas réservé…
Louis : « Tu es vraiment impossible ! Qu’allons-nous faire à présent ? Tu peux me le dire ? »
Claudia : « On n’a qu’à le laisser là. Il a été méchant. Il a dit que je ne pouvais avoir ces poupées, j’étais trop jeune. »
Louis : « Voyons Claudia, il suffisait de me demander ! »
Il me prit dans les bras me serrant fort contre lui. J’entendais son cœur battre. Le seul organe qui vit chez un vampire. A vrai dire si on examine la situation, le cœur est vital pour un vampire, aussi vital qu’à un être vivant. Si on lui enlève son cœur, un vampire meurt. Mais personne ne peut enlever son cœur à un vampire. Aucun humain ne le peut et peu de vampires le peuvent.
Louis : « Tu sais que tu peux avoir tout ce que tu veux. Tu as juste à demander. »
Claudia : « Oui mon Louis, je le sais. »
Je nichais ma tête au creux de son épaule. Bien que j’eusse envie de pleurer, je ne le fis pas. Louis et moi, nous étions toujours tendre et compréhensif l’un envers l’autre. Nous savons que l’autre peut souffrir ou avoir envie de disparaître. Nous sommes là pour s’entraider, s’entraimé. Nous partagions bien plus que de l’amour. L’amour est un mot avant tout. J’aime Louis de tout mon cœur, plus encore que Lestat qui est si difficile à aimer.

Eden Memories-
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Date d'inscription: 20/12/2008
Re: Claudia Chronicles
Nous arrivâmes à grand galop dans la rue royale. Il suffit d’un mot soufflé pour que les chevaux stoppèrent net. Je regardais Louis. Nous allions devoir affronter ensembles Nicolas pour le bien de Lestat. Mais Louis n’était pas encore au courant. Où trouverais-je le courage de tout lui dire ? J’étais excité à l’idée de ce combat comme pouvait l’être un guerrier qui commençait son premier combat depuis longtemps. Le sang du gosse alimentait mon état mental. L’excitation me donnait des forces dont je n’aurais jamais espéré posséder. Je posais un regard étrange à Louis qui recula sous l’effet de ce regard des plus étranges.
Louis : « Qu’y a-t-il? »
Claudia : « Je réfléchissais à ce que tu devras faire. J’ai peur que tu n’en ais pas le courage. Tu recules si facilement. »
Louis : -ironique - « Merci de me montrer ta confiance ma chérie. »
Claudia : « Ne me remercie pas. J’ai peur de devoir te forcer à quelques actes que tu ne souhaites pas faire. Il ne faudra pas m’en vouloir. »
Louis : « Mais de quoi parles-tu? »
Claudia: - avec un sourire qui effaçait ces sombres paroles - « De rien. Allons montons. »
Nous laissâmes la voiture soufflant nos ordres silencieux aux chevaux. Ils se dirigèrent seuls dans la nuit, guidés par nos pensées. Je fus heureuse de retrouver la chaleur de notre foyer. Louis sentait l’air de la campagne. En temps ordinaire Lestat l’aurait aussitôt flair » et lui aurait fait une petite remarque que Louis aurait feint d’ignorer. Mais comme je m’y attendais Lestat n’était pas sortit de sa chambre. Il n’était nulle part dans l’appartement lorsque je passais en revue les salles. Mais dans sa chambre la fenêtre grande ouverte, les rideaux de soie blanche sous les lourds rideaux de velours rouge voletaient au gré du vent qui s’engouffrait dans la chambre. Lestat était sorti. Il n’y avait aucun mot laisser sur le lit. Je lui en voulais de me laisser dans l’obscurité de l’ignorance. Je sortis de sa chambre et adressait à Louis:
Claudia : « Lestat est sorti. »
Louis : « Grand bien lui fasse. Ca veut dire qu’il va mieux, non? »
Claudia : « Louis! Il s’est enfui. »
Louis : « Lestat enfui? Mais c’est chez lui ici, il part quand il veut et il revient lorsqu’il le souhaite. De plus tu m’as bien dit qu’il n’était pas sorti chasser. Alors où est le problème. »
Claudia : « Il n’allait pas bien du tout. Un problème le tourmentait et je parie qu’il est sorti allé le rejoindre. »
Louis : - toujours aussi septique - « Dis donc, le problème ne serait pas une jolie mortelle? »
Claudia : « Non. Enfin, si elle est jolie mais elle n’est pas une simple proie. »
Louis : - soudainement inquiet - « Tu crois qu’il va faire d’elle l’une des nôtres? «
Claudia : - l'air absorbé - « J’espère pas. Dis-moi comment on peut tuer un ancien amour. »
Louis me regarda surpris.
Louis : « Qu’est-ce que tu veux dire? Il… Non. Je ne comprends pas. »
Claudia : « Je sais Louis. Lestat a de gros problèmes. Et je tiens à Lestat. Nous formons une famille et cette famille est mise en péril par cette mortelle. »
Louis : « Tu as prononcé le mot mortelle avec beaucoup de colère, qu’y a-t-il Claudia? Que t’a-t-elle fait? »
Claudia : - sombre - « Rien, rien pour l’instant mais je crains le pire. As-ton avis si je la tue, il en souffrira? »
Louis : « Claudia! C’est peut-être… »
Claudia : - observant le mur - « Quoi? Dangereux? Je t’en prie c’est une mortelle, une simple mortelle. Il faut que je le fasse, il ne le fera jamais. »
Louis me saisit par les épaules et me força à le regarder droit dans les yeux. J’y lis de la souffrance et de l’inquiétude. Il me souriait doucement.
Louis : « Claudia, il ne faut pas que tu fasses cela. S’il s’agit d’un amour de Lestat il faut le laisser régler ça tout seul, tu entends? Tout seul. Il a toujours eu ce goût pour la mise en scène, peut être t’es-tu trompé? »
Claudia : « Non. Je sais ce que j’ai vu. Et ce que j’ai ressenti en elle. Elle veut le tuer. Et elle sait qu’il est un vampire, elle le sait! Il faut qu’elle meure. J’admets que ce sera dur pour elle, devoir la tuer, elle. Mais que ce soit clair, je n’ai pas le choix. Si je le fais c’est pour nous. Tu dois le comprendre Louis. Elle veut nous l’enlever. Et il en est hors de question. »
Louis : « Pourquoi? As-tu tant besoin de lui? Nous lui sommes devenus étrangers. Il ne représente rien pour moi. Pourquoi ne pas le laisser s’en aller? »
Claudia : -agacée- « Tu dis n’importe quoi Louis. Je l’aime autant que toi. Il ferait la même chose pour toi ou pour moi. Cesse de dire des bêtises et aide moi. »
Louis : « Tu comptes vraiment la tuer? »
Claudia: - déterminée - « Oui. Oh, quelle idiote je suis, j’allais oublier! »
Louis : - surpris - « Quoi? »
Claudia : « Le prénom de Nicolas te rappèle-t-il quelque chose, Louis? »
Louis : « Nicolas? Non. »
Claudia : « Tant pis. »
Je prenais ma veste. Il fallait que je retrouve Lestat et au plus vite. J’avais réalisé en quelques instants que peu importe ce que je pensais de lui, peu importe ce qu’il pouvait faire à des mortels que je ne connaissais même pas, ce qui m’importe vraiment c’est lui. Il fallait qu’il soit là pour que je puisse m’épanouir, me réveillé sans inquiétude, ne pas réfléchir à ce qu’on devra faire demain si on nous découvre, si des mortels décidaient de s’en prendre à nous. Je revivais sans m’en rendre compte. Toutes ces années où je m’étais demandé comment je vivrais si Lestat n’était pas là je sais à présent ce que ça serait. Horrible. Tout simplement, horrible.
Louis : « Attend Claudia. Tu ne vas pas aller à sa recherche ? »
Claudia : « Si. Reste là et ne pose pas de question s’il te plait. (…) Tiens, tu n’entends pas une musique ? »
La musique en question était un concerto de Mozart au violon. C’était une musique si triste et pourtant touchante et envoûtante. J’eus soudain envie de chanter et danser. Je crois qu’en cet instant j’eus pu être une danseuse d’opéra. Je les comprenais. Je comprenais le goût du spectacle prononcé de Lestat. C’était si magnifique ! Je m’avançais dans la musique, je la suivais, sentais mon cœur battre à son rythme. Dieu existait, Dieu était musique. Je passais la porte sans entendre Louis ou du moins j’entendis sa voix mais pas les mots qu’il prononçait. Elle venait d’en haut ou elle s’élevait. Je montais l’escalier, lentement. Je sentais la musique toujours plus forte. Passais devant moi des cercueils, de si jolis cercueils. Mon esprit envoûté par la musique ne compris qu’à moitié qu’il s’agissait de la famille Matthew. Lorsque je fus dans leur petit appartement, j’ouvris la fenêtre. De là je vis en bas le corbillard. Je soupirais.
Louis : « Qu’y a-t-il? »
Claudia : « Je réfléchissais à ce que tu devras faire. J’ai peur que tu n’en ais pas le courage. Tu recules si facilement. »
Louis : -ironique - « Merci de me montrer ta confiance ma chérie. »
Claudia : « Ne me remercie pas. J’ai peur de devoir te forcer à quelques actes que tu ne souhaites pas faire. Il ne faudra pas m’en vouloir. »
Louis : « Mais de quoi parles-tu? »
Claudia: - avec un sourire qui effaçait ces sombres paroles - « De rien. Allons montons. »
Nous laissâmes la voiture soufflant nos ordres silencieux aux chevaux. Ils se dirigèrent seuls dans la nuit, guidés par nos pensées. Je fus heureuse de retrouver la chaleur de notre foyer. Louis sentait l’air de la campagne. En temps ordinaire Lestat l’aurait aussitôt flair » et lui aurait fait une petite remarque que Louis aurait feint d’ignorer. Mais comme je m’y attendais Lestat n’était pas sortit de sa chambre. Il n’était nulle part dans l’appartement lorsque je passais en revue les salles. Mais dans sa chambre la fenêtre grande ouverte, les rideaux de soie blanche sous les lourds rideaux de velours rouge voletaient au gré du vent qui s’engouffrait dans la chambre. Lestat était sorti. Il n’y avait aucun mot laisser sur le lit. Je lui en voulais de me laisser dans l’obscurité de l’ignorance. Je sortis de sa chambre et adressait à Louis:
Claudia : « Lestat est sorti. »
Louis : « Grand bien lui fasse. Ca veut dire qu’il va mieux, non? »
Claudia : « Louis! Il s’est enfui. »
Louis : « Lestat enfui? Mais c’est chez lui ici, il part quand il veut et il revient lorsqu’il le souhaite. De plus tu m’as bien dit qu’il n’était pas sorti chasser. Alors où est le problème. »
Claudia : « Il n’allait pas bien du tout. Un problème le tourmentait et je parie qu’il est sorti allé le rejoindre. »
Louis : - toujours aussi septique - « Dis donc, le problème ne serait pas une jolie mortelle? »
Claudia : « Non. Enfin, si elle est jolie mais elle n’est pas une simple proie. »
Louis : - soudainement inquiet - « Tu crois qu’il va faire d’elle l’une des nôtres? «
Claudia : - l'air absorbé - « J’espère pas. Dis-moi comment on peut tuer un ancien amour. »
Louis me regarda surpris.
Louis : « Qu’est-ce que tu veux dire? Il… Non. Je ne comprends pas. »
Claudia : « Je sais Louis. Lestat a de gros problèmes. Et je tiens à Lestat. Nous formons une famille et cette famille est mise en péril par cette mortelle. »
Louis : « Tu as prononcé le mot mortelle avec beaucoup de colère, qu’y a-t-il Claudia? Que t’a-t-elle fait? »
Claudia : - sombre - « Rien, rien pour l’instant mais je crains le pire. As-ton avis si je la tue, il en souffrira? »
Louis : « Claudia! C’est peut-être… »
Claudia : - observant le mur - « Quoi? Dangereux? Je t’en prie c’est une mortelle, une simple mortelle. Il faut que je le fasse, il ne le fera jamais. »
Louis me saisit par les épaules et me força à le regarder droit dans les yeux. J’y lis de la souffrance et de l’inquiétude. Il me souriait doucement.
Louis : « Claudia, il ne faut pas que tu fasses cela. S’il s’agit d’un amour de Lestat il faut le laisser régler ça tout seul, tu entends? Tout seul. Il a toujours eu ce goût pour la mise en scène, peut être t’es-tu trompé? »
Claudia : « Non. Je sais ce que j’ai vu. Et ce que j’ai ressenti en elle. Elle veut le tuer. Et elle sait qu’il est un vampire, elle le sait! Il faut qu’elle meure. J’admets que ce sera dur pour elle, devoir la tuer, elle. Mais que ce soit clair, je n’ai pas le choix. Si je le fais c’est pour nous. Tu dois le comprendre Louis. Elle veut nous l’enlever. Et il en est hors de question. »
Louis : « Pourquoi? As-tu tant besoin de lui? Nous lui sommes devenus étrangers. Il ne représente rien pour moi. Pourquoi ne pas le laisser s’en aller? »
Claudia : -agacée- « Tu dis n’importe quoi Louis. Je l’aime autant que toi. Il ferait la même chose pour toi ou pour moi. Cesse de dire des bêtises et aide moi. »
Louis : « Tu comptes vraiment la tuer? »
Claudia: - déterminée - « Oui. Oh, quelle idiote je suis, j’allais oublier! »
Louis : - surpris - « Quoi? »
Claudia : « Le prénom de Nicolas te rappèle-t-il quelque chose, Louis? »
Louis : « Nicolas? Non. »
Claudia : « Tant pis. »
Je prenais ma veste. Il fallait que je retrouve Lestat et au plus vite. J’avais réalisé en quelques instants que peu importe ce que je pensais de lui, peu importe ce qu’il pouvait faire à des mortels que je ne connaissais même pas, ce qui m’importe vraiment c’est lui. Il fallait qu’il soit là pour que je puisse m’épanouir, me réveillé sans inquiétude, ne pas réfléchir à ce qu’on devra faire demain si on nous découvre, si des mortels décidaient de s’en prendre à nous. Je revivais sans m’en rendre compte. Toutes ces années où je m’étais demandé comment je vivrais si Lestat n’était pas là je sais à présent ce que ça serait. Horrible. Tout simplement, horrible.
Louis : « Attend Claudia. Tu ne vas pas aller à sa recherche ? »
Claudia : « Si. Reste là et ne pose pas de question s’il te plait. (…) Tiens, tu n’entends pas une musique ? »
La musique en question était un concerto de Mozart au violon. C’était une musique si triste et pourtant touchante et envoûtante. J’eus soudain envie de chanter et danser. Je crois qu’en cet instant j’eus pu être une danseuse d’opéra. Je les comprenais. Je comprenais le goût du spectacle prononcé de Lestat. C’était si magnifique ! Je m’avançais dans la musique, je la suivais, sentais mon cœur battre à son rythme. Dieu existait, Dieu était musique. Je passais la porte sans entendre Louis ou du moins j’entendis sa voix mais pas les mots qu’il prononçait. Elle venait d’en haut ou elle s’élevait. Je montais l’escalier, lentement. Je sentais la musique toujours plus forte. Passais devant moi des cercueils, de si jolis cercueils. Mon esprit envoûté par la musique ne compris qu’à moitié qu’il s’agissait de la famille Matthew. Lorsque je fus dans leur petit appartement, j’ouvris la fenêtre. De là je vis en bas le corbillard. Je soupirais.

Eden Memories-
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Re: Claudia Chronicles
La nuit était froide et n’importe quel mortel aurait subit ce froid avec douleur. Je le subissais, je le ressentais mais aucune douleur ne m’étais donné de ressentir. Et cependant je me sentais bien, presque humaine. Mais je dois avouer que ne me souvenant pas de ma vie humaine j’avais énormément de mal à sentir la différence. Et même si je la voyais dans les yeux des mortels j’avais du mal à m’y habituer. Je marchais droite, fière, étant parfaitement consciente des regards interrogateurs que me lançaient les mortels. Comment? Une enfant? Seule? Elle a pourtant l’air d’être bien éduquer. Je savais ce qu’ils pensaient et j’aurais pu les rassurer mentalement en créant dans leurs esprits embrumés l’image d’un père et d’une mère mais ce soir je n’en avais pas l’envie. Je partageais mon goût pour la provocation avec Lestat. Nous nous ressemblions tant mais il était différent de moi. Jamais je ne me serais enfui pour rejoindre une jeune mortelle.
J’empruntais une rue salle. Il y avait un bar au bout de la rue. Un bar illégal. On pouvait y trouver n’importe quel criminel du coin. Ils étaient tous là réunis, soûls, autant qu’on puisse l’être. Et c’était un bon dieu de frigo pour nous autres. Nous allions souvent à la pêche dans les rues mais lorsqu’on était las de la chasse, on se contentait d’aller dans ce bar. Mais je n’y étais jamais allée seule. Qu’aurais-je pu faire contre tous ces chacals? Les tuer, un à un. Mais l’un d’eux auraient pu s’échapper, non, c’était bien trop dangereux. Le goût du sang n’avait pas ce prix. Pas encore. Ou ne l’avait plus. Je savais plus trop. J’étais un peu perdue, je devais bien l’avouer. Mon pilier, Lestat, était parti. Il était quelque part avec cette petite mortelle, une futée. Je la redoutais et elle me glaçait les sangs. Rien que de les savoir ensembles, me donnait des sueurs froides.
Je poussais la porte. Je savais quel sorte de regard ils me lançaient tous. Une petite fille, ici! Quelle horreur! J’entendais leurs pensées et je m’en léchais les babines. Quel plaisir je prendrais à leur déchirer l’artère, à sentir leur sang voluptueux sous ma langue. Je me dirigeais vers le fond mais le patron m’avait repéré. Un bel emmerdeur celui-là mais Lestat l’avait toujours épargné. Je n’avais jamais compris pourquoi. Peut-être pour pas que ce banquet disparaisse mais j’en doutais, il y en avait à tous les quartiers et les chacals ne disparaissaient jamais, ils changeaient juste de niche. J’en déduisais qu’il devait être son confident mortel. Bien que cette idée paresse étrange, nous aimons nous confier à un mortel, l’aimer jusqu’à sa mort, naturelle ou non. Et j’espérais que ce mortel en savait plus que moi-même si ça me faisait mal.
Patron : -d’une voix douceâtre- « Hé ! Ma jolie, que fais-tu là? Tu sais que ce n’est vraiment pas le genre d’endroit pour les petites filles de ton âge. Il y a plein de choses que tu ne dois pas voir, et que vu tes habits tu ne verras jamais. (…) Alors retourne d’où tu viens. »
Claudia : -un sourire au lèvre- « Que je retourne d’où je viens? Et pourquoi donc? Je me plais bien ici. Je suis à la recherche d’une nourriture plus douce à mon palais que celles dont regorgent les campagnes. Mon déjeuné ne m’a pas suffit et à présent j’ai faim. »
Je fis une pause. Il ne comprenait rien. Il me fixait avec cet air idiot qui voulait me faire croire qu’il avait compris et qu’il était finalement gentil. Mais son esprit le trahissait. Il battait sa femme. Oh quel crime horrible ! J’entendais presque les cris de sa douce et naïve femme. Je la savais là-haut en train de l’attendre, elle l’avait attendu toute sa vie. Elle n’avait pas eu la force de le quitter et ne pouvait plus le faire à présent. Elle pleurait doucement se demandant pourquoi elle n’avait pas refusé le mariage. Mais à l’époque il était riche, oh oui, sacrément riche. Et c’était pas avec la vente de leur maison qu’ils allaient s’en sortir, son père et elle. Elle méritait ça. Elle méritait que je le tue avec sauvagerie au risque que l’un de ses clients me découvre.
Patron : « Tu ne trouveras rien que tu ne veuille ici, fillette. »
Claudia : « Comment peut-on savoir les réponses lorsqu’on ignore la question ? »
Patron : « Quoi ? »
Il était vraiment pas très intelligent. Mais peu importait. Au contraire ça allait peut-être m’aider. En ce moment j’étais un peu trop juste pour ne pas la jouer fine. Il fallait qu’il lâche un morceau, s’il en avait un. Le problème c’était que cet idiot ne pensait pas une seule seconde à Lestat. Evidement, j’aurais dû m’y attendre. Et si Lestat l’épargnait par simple sadisme ? S’il ne lui avait jamais parlé ? Au mon dieu, je serais en train de perdre mon temps ! Il fallait pourtant que je trouve. Il le fallait.
Claudia : « Connais-tu un dénommé Lestat ? »
Patron : « Le grand blond aux yeux violet ? » Je hochais la tête lentement. « Ouais, il est déjà venu plusieurs fois. Il ne prend jamais rien… minute enfant. Pourquoi me poses-tu cette question ? »
Je prenais ancre dans son esprit. ‘Il n’y a pas de question sans réponse’ lui murmurais-je, ‘il faut que tu répondes à l’enfant. Elle t’aidera dans ta quête de l’absolu.’ C’était des mots piochés dans son esprit malade. Il ne devait pas être très sain de l’esprit. Je n’avais jamais vu un homme aussi tourmenté. Les effets de l’alcool n’y étaient pas pour rien.
Patron : « Il est venu ce soir justement. Il a parlé d’une église. Il devait y aller. Il a prit un verre d’alcool. Ca l’a sacrément remué d’ailleurs. »
Claudia : « Eglise ? Quelle église ? Et c’est quoi ce que tu lui as donné ? »
Patron : « Hé ! Je réponds gentiment à tes questions mais viens pas me chercher des niches, d’accord ? Je donne rien d’étrange ou de louche à mes clients. D’accord ? »
Claudia : « Merci. J’ai eu tout ce que je voulais. Mais je vais quand même te laisser un souvenir. »
Patron : -surpris- « Quel souvenir ? »
Je poussais la porte du boudoir. Il pénétra à ma suite avec innocence. De la part d’un sale type comme lui c’était charmant. Ironique mais charmant. Je lui souriais avec un peu de cette chaleur humaine. Je ne laissais pas le charme agir. Je n’en avais pas besoin. Il était à moi, c’était ma victime.
Je ne sais plus. Je ne sais plus si je lui ai bondit dessus où si je lui ai fait signe de s’approcher. Je me rappèle juste être restée longtemps les crocs plongés dans son cou, le sang que j’avalais était bon. Oh oui, très bon. Je m’étais senti plus forte ensuite. Je l’avais lâché et il était tombé lourdement mais sans bruits. Je lui avais jeté un dernier coup d’œil puis était ressorti du bar en chantant une chanson idiote que les mamans chantent à leurs enfants. Les mortels du bar m’avaient déjà oublié. Et moi je chantais sans pouvoir me rappeler le visage de ma mère.
Je sentis le vent fouetter mon visage et soulever mes boucles dorées. Je caressais du bout des doigts la longue et fine lame du couteau que je lui avais volé. Il ne serait pas bon de le garder. Louis poserait des questions. Il posait toujours trop de question. Elle se rappelait la première fois où il l’avait surprise en train de tuer par pur plaisir l’homme qui avait tenté de la voler. Il en avait tué d’autre mais Louis ne pouvait pas le savoir, il ne lit pas les pensées. J’avais vu des larmes tombées de ses yeux, des larmes de sang.
Louis : « Oh non ! Claudia ! Pourquoi as-tu fais ça ? »
Claudia : « Voyons Louis, Lestat m’a toujours dit que c’est ce qu’il fallait faire lorsqu’un mortel voulait nous tuer. Est-ce faux ? »
Louis s’était mis à reculer comme s’il était dégoûter. J’avais fermé les yeux de douleur et de frustration. Je savais que ce que j’avais fait était plein de brutalité et somme toute, gratuit et je n’en avais tiré aucun plaisir. Je n’aurais probablement jamais recommencé car même si je n’osais me l’avouer mes deux pères m’avaient inculqué des valeurs. Mais je ne pouvais pas supporter cette vision, Louis semblait si dégoûté!
Claudia : « Arrête, je t’en supplie, cesse de faire cette grimace. Je n’ai pas eu le choix. Il voulait me tuer.
Louis : « Lui en as-tu laissé au moins l’occasion? »
Claudia : « C’est ridicule! Non, bien sûr que non. Je n’allais pas le laisser agir, imagine s’il me tranchait la gorge? Je serais morte à présent. »
Louis : -dubitatif- « Je croyais que tu pouvais lire ses pensées? Claudia je suis désolé de jouer les pères sévères comme dirait Lestat mais tu ne peux pas tuer ainsi tout les mortels. Ils sont plus que de la nourriture. Ils ont tout comme nous une âme et tu as été mortel. Tu dois respecter la vie. Chérie, je t’en prie ne me dit pas que tu es devenu un monstre sans pitié! »
Claudia : « Mais qu’est-ce que tu raconte? Je respecte la vie. Je me rappèle chacune de tes leçons, tu sais? »
Louis : « Hé bien on ne dirait pas ! Si tu ne les appliques pas à quoi ça sert? »
Claudia haussa les épaules.
Claudia : « Cette discutions m’ennuie. Tu n’es vraiment pas gentil avec moi. Tu veux que je te dise tout. Oui j’ai tué cet homme, oui je l’ai fait gratuitement mais nous le faisons bien lorsque nous tuons pour nous nourrir. Je sais que j’ai eu tord. Je ne le ferais plus. Promis. Content?
Louis : « Pas vraiment. J’espère que tu respecteras ta promesse parce que je n’ai aucune envie de te remonter les bretelles encore une fois. Allez, on rentre.
Claudia : -ironiquement- « Oui papa.
Louis : « Je t’ai entendu. »
Claudia sourit. Louis était le vampire le plus humain sans doute. Mais je ne connaissais alors aucun autre vampire, comment pouvais-je juger? Je le comparais à moi et à Lestat et au-delà de nous j’avais mon imagination. Il était si contre nature comme vampire. Je me réjouissais qu’il soit mon père car je l’aimais tel qu’il était et ne pouvait pas l’imaginer autrement. Je me rappelais de chacune de ses leçons, par la suite il se montra plus malin me soupçonnant de remettre en question chacune de ses leçons. Nos discutions devinrent intéressante.
J’empruntais une rue salle. Il y avait un bar au bout de la rue. Un bar illégal. On pouvait y trouver n’importe quel criminel du coin. Ils étaient tous là réunis, soûls, autant qu’on puisse l’être. Et c’était un bon dieu de frigo pour nous autres. Nous allions souvent à la pêche dans les rues mais lorsqu’on était las de la chasse, on se contentait d’aller dans ce bar. Mais je n’y étais jamais allée seule. Qu’aurais-je pu faire contre tous ces chacals? Les tuer, un à un. Mais l’un d’eux auraient pu s’échapper, non, c’était bien trop dangereux. Le goût du sang n’avait pas ce prix. Pas encore. Ou ne l’avait plus. Je savais plus trop. J’étais un peu perdue, je devais bien l’avouer. Mon pilier, Lestat, était parti. Il était quelque part avec cette petite mortelle, une futée. Je la redoutais et elle me glaçait les sangs. Rien que de les savoir ensembles, me donnait des sueurs froides.
Je poussais la porte. Je savais quel sorte de regard ils me lançaient tous. Une petite fille, ici! Quelle horreur! J’entendais leurs pensées et je m’en léchais les babines. Quel plaisir je prendrais à leur déchirer l’artère, à sentir leur sang voluptueux sous ma langue. Je me dirigeais vers le fond mais le patron m’avait repéré. Un bel emmerdeur celui-là mais Lestat l’avait toujours épargné. Je n’avais jamais compris pourquoi. Peut-être pour pas que ce banquet disparaisse mais j’en doutais, il y en avait à tous les quartiers et les chacals ne disparaissaient jamais, ils changeaient juste de niche. J’en déduisais qu’il devait être son confident mortel. Bien que cette idée paresse étrange, nous aimons nous confier à un mortel, l’aimer jusqu’à sa mort, naturelle ou non. Et j’espérais que ce mortel en savait plus que moi-même si ça me faisait mal.
Patron : -d’une voix douceâtre- « Hé ! Ma jolie, que fais-tu là? Tu sais que ce n’est vraiment pas le genre d’endroit pour les petites filles de ton âge. Il y a plein de choses que tu ne dois pas voir, et que vu tes habits tu ne verras jamais. (…) Alors retourne d’où tu viens. »
Claudia : -un sourire au lèvre- « Que je retourne d’où je viens? Et pourquoi donc? Je me plais bien ici. Je suis à la recherche d’une nourriture plus douce à mon palais que celles dont regorgent les campagnes. Mon déjeuné ne m’a pas suffit et à présent j’ai faim. »
Je fis une pause. Il ne comprenait rien. Il me fixait avec cet air idiot qui voulait me faire croire qu’il avait compris et qu’il était finalement gentil. Mais son esprit le trahissait. Il battait sa femme. Oh quel crime horrible ! J’entendais presque les cris de sa douce et naïve femme. Je la savais là-haut en train de l’attendre, elle l’avait attendu toute sa vie. Elle n’avait pas eu la force de le quitter et ne pouvait plus le faire à présent. Elle pleurait doucement se demandant pourquoi elle n’avait pas refusé le mariage. Mais à l’époque il était riche, oh oui, sacrément riche. Et c’était pas avec la vente de leur maison qu’ils allaient s’en sortir, son père et elle. Elle méritait ça. Elle méritait que je le tue avec sauvagerie au risque que l’un de ses clients me découvre.
Patron : « Tu ne trouveras rien que tu ne veuille ici, fillette. »
Claudia : « Comment peut-on savoir les réponses lorsqu’on ignore la question ? »
Patron : « Quoi ? »
Il était vraiment pas très intelligent. Mais peu importait. Au contraire ça allait peut-être m’aider. En ce moment j’étais un peu trop juste pour ne pas la jouer fine. Il fallait qu’il lâche un morceau, s’il en avait un. Le problème c’était que cet idiot ne pensait pas une seule seconde à Lestat. Evidement, j’aurais dû m’y attendre. Et si Lestat l’épargnait par simple sadisme ? S’il ne lui avait jamais parlé ? Au mon dieu, je serais en train de perdre mon temps ! Il fallait pourtant que je trouve. Il le fallait.
Claudia : « Connais-tu un dénommé Lestat ? »
Patron : « Le grand blond aux yeux violet ? » Je hochais la tête lentement. « Ouais, il est déjà venu plusieurs fois. Il ne prend jamais rien… minute enfant. Pourquoi me poses-tu cette question ? »
Je prenais ancre dans son esprit. ‘Il n’y a pas de question sans réponse’ lui murmurais-je, ‘il faut que tu répondes à l’enfant. Elle t’aidera dans ta quête de l’absolu.’ C’était des mots piochés dans son esprit malade. Il ne devait pas être très sain de l’esprit. Je n’avais jamais vu un homme aussi tourmenté. Les effets de l’alcool n’y étaient pas pour rien.
Patron : « Il est venu ce soir justement. Il a parlé d’une église. Il devait y aller. Il a prit un verre d’alcool. Ca l’a sacrément remué d’ailleurs. »
Claudia : « Eglise ? Quelle église ? Et c’est quoi ce que tu lui as donné ? »
Patron : « Hé ! Je réponds gentiment à tes questions mais viens pas me chercher des niches, d’accord ? Je donne rien d’étrange ou de louche à mes clients. D’accord ? »
Claudia : « Merci. J’ai eu tout ce que je voulais. Mais je vais quand même te laisser un souvenir. »
Patron : -surpris- « Quel souvenir ? »
Je poussais la porte du boudoir. Il pénétra à ma suite avec innocence. De la part d’un sale type comme lui c’était charmant. Ironique mais charmant. Je lui souriais avec un peu de cette chaleur humaine. Je ne laissais pas le charme agir. Je n’en avais pas besoin. Il était à moi, c’était ma victime.
Je ne sais plus. Je ne sais plus si je lui ai bondit dessus où si je lui ai fait signe de s’approcher. Je me rappèle juste être restée longtemps les crocs plongés dans son cou, le sang que j’avalais était bon. Oh oui, très bon. Je m’étais senti plus forte ensuite. Je l’avais lâché et il était tombé lourdement mais sans bruits. Je lui avais jeté un dernier coup d’œil puis était ressorti du bar en chantant une chanson idiote que les mamans chantent à leurs enfants. Les mortels du bar m’avaient déjà oublié. Et moi je chantais sans pouvoir me rappeler le visage de ma mère.
Je sentis le vent fouetter mon visage et soulever mes boucles dorées. Je caressais du bout des doigts la longue et fine lame du couteau que je lui avais volé. Il ne serait pas bon de le garder. Louis poserait des questions. Il posait toujours trop de question. Elle se rappelait la première fois où il l’avait surprise en train de tuer par pur plaisir l’homme qui avait tenté de la voler. Il en avait tué d’autre mais Louis ne pouvait pas le savoir, il ne lit pas les pensées. J’avais vu des larmes tombées de ses yeux, des larmes de sang.
Louis : « Oh non ! Claudia ! Pourquoi as-tu fais ça ? »
Claudia : « Voyons Louis, Lestat m’a toujours dit que c’est ce qu’il fallait faire lorsqu’un mortel voulait nous tuer. Est-ce faux ? »
Louis s’était mis à reculer comme s’il était dégoûter. J’avais fermé les yeux de douleur et de frustration. Je savais que ce que j’avais fait était plein de brutalité et somme toute, gratuit et je n’en avais tiré aucun plaisir. Je n’aurais probablement jamais recommencé car même si je n’osais me l’avouer mes deux pères m’avaient inculqué des valeurs. Mais je ne pouvais pas supporter cette vision, Louis semblait si dégoûté!
Claudia : « Arrête, je t’en supplie, cesse de faire cette grimace. Je n’ai pas eu le choix. Il voulait me tuer.
Louis : « Lui en as-tu laissé au moins l’occasion? »
Claudia : « C’est ridicule! Non, bien sûr que non. Je n’allais pas le laisser agir, imagine s’il me tranchait la gorge? Je serais morte à présent. »
Louis : -dubitatif- « Je croyais que tu pouvais lire ses pensées? Claudia je suis désolé de jouer les pères sévères comme dirait Lestat mais tu ne peux pas tuer ainsi tout les mortels. Ils sont plus que de la nourriture. Ils ont tout comme nous une âme et tu as été mortel. Tu dois respecter la vie. Chérie, je t’en prie ne me dit pas que tu es devenu un monstre sans pitié! »
Claudia : « Mais qu’est-ce que tu raconte? Je respecte la vie. Je me rappèle chacune de tes leçons, tu sais? »
Louis : « Hé bien on ne dirait pas ! Si tu ne les appliques pas à quoi ça sert? »
Claudia haussa les épaules.
Claudia : « Cette discutions m’ennuie. Tu n’es vraiment pas gentil avec moi. Tu veux que je te dise tout. Oui j’ai tué cet homme, oui je l’ai fait gratuitement mais nous le faisons bien lorsque nous tuons pour nous nourrir. Je sais que j’ai eu tord. Je ne le ferais plus. Promis. Content?
Louis : « Pas vraiment. J’espère que tu respecteras ta promesse parce que je n’ai aucune envie de te remonter les bretelles encore une fois. Allez, on rentre.
Claudia : -ironiquement- « Oui papa.
Louis : « Je t’ai entendu. »
Claudia sourit. Louis était le vampire le plus humain sans doute. Mais je ne connaissais alors aucun autre vampire, comment pouvais-je juger? Je le comparais à moi et à Lestat et au-delà de nous j’avais mon imagination. Il était si contre nature comme vampire. Je me réjouissais qu’il soit mon père car je l’aimais tel qu’il était et ne pouvait pas l’imaginer autrement. Je me rappelais de chacune de ses leçons, par la suite il se montra plus malin me soupçonnant de remettre en question chacune de ses leçons. Nos discutions devinrent intéressante.

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Re: Claudia Chronicles
Louis arpentait notre appartement de long en large. Il tenait le flacon que Mary lui avait donné. Il en sentait le poids comme s’il contenait vraiment la mort de Lestat. Il tenta de se résonner, ce n’est pas sa mort, il n’en mourra pas. Mais à quoi bon ? Il savait que Lestat était tel qu’il est parce qu’il avait ce goût du meurtre. Sa vengeance de la vie… Qu’il y tenait à sa chère vengeance ! Avait-il raison d’appeler ça une vengeance ? Louis avait toujours cru que c’était ça mais maintenant… C’était si difficile. Claudia lui avait fait peur. Elle avait l’air d’y tenir finalement à son Lestat. Que disait-il ? C’était son père. Lestat était son père ? Il entendait ? Son père ! On ne peut enlever un père à sa fille, quelle qu’en soit la raison.
Il fallait qu’il trouve la réponse à la question qui le hantait. Qui était ce Nicolas dont je lui avais parlé, si peu d’ailleurs, pour ne pas l’alarmer. Il avait trouvé un moyen d’en savoir plus. Il n’avait jamais vu Lestat touché à un livre, pourtant il connaissait un tas de choses qui ne sont que dans les livres et il avait longuement insisté pour avoir cette bibliothèque dans sa chambre. Il devait bien y lire de temps à autre sinon tout cela n’avait aucun sens. Le décoratif avait ses limites. Il pénétra donc la chambre de Lestat. Il n’y avait pas mis les pieds depuis quelque temps et l’impression qu’elle lui faisait était étrange.
Bientôt il eut dépassé son appréhension, Lestat n’était pas là. Il ne pourrait pas lui reprocher une intrusion dans son territoire. L’avait-il déjà fait ? Non, bien sûr que non. C’était plutôt Louis qui lui faisait ce reproche. Il regarda le lit de Lestat. Combien de fois s’était-il arrêter devant la porte entrouverte, trouvé Lestat confortablement allongé en train de faire je ne sais quoi ? Il avait toujours voulu le rejoindre et curieusement le prendre dans ses bras. Il avait envie de Lestat à nouveau devant ce lit vide. Mais Lestat n’était pas là.
Il suivit des yeux les couvertures des livres. Il en avait tellement et pas des moindres ! Il avait des traités de Voltaire ou de Rousseau. Que des philosophes ou scientifiques français ! Curieux. Il glissa ses doigts sur un pavé sur la religion. C’était un livre qui datait de la renaissance, une vraie pièce de musée. Il le sortit. Lestat en avait annoté des pages. Il paraissait usé tant on l’avait lu. Il sentit une résistance lorsqu’il tourna la 304ème page. Il sortit alors un papier doux au contact. Il s’agissait d’une lettre, un peu usée.
La lettre finit là. Louis reconnu l’écriture de Lestat et cru voir des taches de sang, des larmes à en croire le contenu. Lestat avait connu Nicolas avant de devenir vampire ! Louis recula sous le choc de la révélation. Lestat avait dû en souffrir. Il avait peut-être envoyé une telle lettre à Nicolas. Mais dans ce cas comment se fait-il que Nicolas soit encore vivant ? Oh diable ! Tout ça paraissait étrange et bouleversant à point. Louis se rendit compte qu’il avait brisé le flacon en lisant la lettre. Il avait cependant le sentiment qu’il n’en aurait pas besoin.
Mais ce soir j’étais seule. Je ne pouvais pas demander à Louis de m’accompagner. Je me retrouvais face à une église sans m’en rendre compte. Elle était belle et majestueuse. Comme beaucoup d’églises de la Nouvelle-Orléans elle était très baroque et je dois avouer que j’étais subjuguée. Je restais en contemplation. Je savais que Louis n’aimait pas les églises. Il n’aimait pas cette ambiance religieuse, recueillit, il avait l’air de ne pas apprécier être dans une église bien que lorsque nous avions eu une discutions la-dessus je me rappèle qu’il m’avait assuré ne pas avoir peur d’être foudroyé par le diable.
Claudia : « Ah oui? Alors pourquoi tu ne veux jamais en approcher? »
Louis : « J’ai mes raisons. Je trouve ça particulièrement ridicule pour un vampire d’aller dans une église. Ce n’est pas notre place. »
Claudia : « Et quelle est-elle notre place? »
Lestat était alors apparut les yeux brillant fixé sur nous. Il fit une moue étrange puis éclata de rire. Il avait l’air de quelqu’un qui en savait pas mal sur le sujet. Il était accoudé à l’embrasure de la porte. Il portait une de ses chemises préférées en soie naturelle qu’il ait acheté ce qui était rare pour nous les vampires. Il était rayonnant. J’avais tendis ma main vers lui. Il me rejoignit.
Lestat : -souriant- « Oui, Louis, dis-nous quelle est notre place. »
Louis : « Nous sommes des démons! Tu le sais bien Lestat. Claudia, tu ne pouvais comprendre auparavant, tu étais encore une enfant mais à présent tu dois comprendre ce genre de chose. »
Claudia : « Louis ça fait longtemps que je suis une adulte. J’ai compris que nous ne sommes pas comme les humains. Je crois que le problème n’est pas tant que je sache où est notre place mais que tu me prennes encore pour une petite fille. »
Lestat : « Claudia, Louis ne te prend pas du tout pour une petite fille. Il a juste… explique-lui Louis. »
Ils m’observèrent tous les deux. Lestat avait l’air totalement confiant, pour lui-même les petits conflits entre Louis et moi étaient agréables à ses oreilles, ils étaient dignes d’une vraie famille. Je soupçonnais Lestat de chérir plus que tout la famille. Je me demandais parfois ce qu’il avait vécu avant nous. Avait-il longtemps été vampire avant de rencontrer Louis? J’aurais aimé qu’il souffre à nous. Je m’étais également demandé si Lestat en avait jamais parlé à Louis.
Claudia : « Hé bien vas-y Louis, je t’attends ! »
Louis : « Je… j’ai du mal. Tu sais, je me souviens toujours de toi enfant, cette image est renforcée par ton apparence physique. Je suis désolé mais je n’y peux rien. »
Lestat : « Hum… »
Claudia : « Si ! Tu y peux quelque chose ! Mais tu n’as aucune envie de faire quoique ce soit pour m’aider, pas vrai? »
Lestat : « Arrête s’il te plait Claudia. Louis n’ose jamais dire ce qu’il pense réellement. Allez les enfants, cessez de vous disputer, on sort ce soir. »
Louis : « C’est vrai on sort? Tu nous prépare quoi encore? »
Lestat : « Tu verras, ça vous plaira. Claudia et moi, on s’est lassé de nos parties de chasse solitaire et puis ce n’est pas bon de rester tout le temps enfermer, Louis. »
Nous avions tant l’habitude de ces disputes et Lestat était notre catalyseur. Il était toujours là pour nous séparer et sans le savoir nous avions besoin de lui. J’en avais prit conscience devant la fenêtre grande ouverte de la chambre de Lestat. J’avais réalisé que j’avais besoin de lui pour beaucoup de chose. N’était-ce pas lui qui m’empêchait d’être l’adulte que je voulais être, j’étais par trop dépendante à cause de lui. Il entravait mes libertés, m’empêchait d’être une femme tout simplement. Mais pouvais-je vivre sans lui ? Me réveiller demain soir, voir sa chambre vide, savoir qu’il a disparut pour toujours. Entendre Louis se réjouir ? ‘Claudia, nous sommes libres à présent. Nous n’aurons plus besoin de tuer autant. Nous nous contenterons de ce qu’il nous faut. N’est-ce pas extraordinaire ?’ Il aurait le visage réjouit. Il aurait l’air heureux sans plus de doutes ou de remord. J’en doutais. Cette vision était trop horrible. Louis aimait Lestat même s’il ne le montrait pas. ‘Non Louis, c’est simplement horrible. Jamais je ne le supporterais. C’est pour ça que je vais entrer dans cette église. Je n’avais cependant aucun moyen de savoir si Lestat était dans cette église. J’y entrais d’un simple pas. J’avais en tête les paroles préventives de Louis, ça avait beau ne pas être notre place, je savais que c’était nécessaire. L’église était curieusement vide. Je jetais un regard inquiet dans la nef, il y avait quelques mortels quand même. Je ne voyais nul immortel. Les lourdes portes se fermèrent derrière moi.
Il fallait qu’il trouve la réponse à la question qui le hantait. Qui était ce Nicolas dont je lui avais parlé, si peu d’ailleurs, pour ne pas l’alarmer. Il avait trouvé un moyen d’en savoir plus. Il n’avait jamais vu Lestat touché à un livre, pourtant il connaissait un tas de choses qui ne sont que dans les livres et il avait longuement insisté pour avoir cette bibliothèque dans sa chambre. Il devait bien y lire de temps à autre sinon tout cela n’avait aucun sens. Le décoratif avait ses limites. Il pénétra donc la chambre de Lestat. Il n’y avait pas mis les pieds depuis quelque temps et l’impression qu’elle lui faisait était étrange.
Bientôt il eut dépassé son appréhension, Lestat n’était pas là. Il ne pourrait pas lui reprocher une intrusion dans son territoire. L’avait-il déjà fait ? Non, bien sûr que non. C’était plutôt Louis qui lui faisait ce reproche. Il regarda le lit de Lestat. Combien de fois s’était-il arrêter devant la porte entrouverte, trouvé Lestat confortablement allongé en train de faire je ne sais quoi ? Il avait toujours voulu le rejoindre et curieusement le prendre dans ses bras. Il avait envie de Lestat à nouveau devant ce lit vide. Mais Lestat n’était pas là.
Il suivit des yeux les couvertures des livres. Il en avait tellement et pas des moindres ! Il avait des traités de Voltaire ou de Rousseau. Que des philosophes ou scientifiques français ! Curieux. Il glissa ses doigts sur un pavé sur la religion. C’était un livre qui datait de la renaissance, une vraie pièce de musée. Il le sortit. Lestat en avait annoté des pages. Il paraissait usé tant on l’avait lu. Il sentit une résistance lorsqu’il tourna la 304ème page. Il sortit alors un papier doux au contact. Il s’agissait d’une lettre, un peu usée.
- Cher Nicolas,
Comment t’écrire après ce qui s’est passé ? Comment peut-on utiliser de simple mot après ce qui s’est déroulé ? Certes tu n’en as pas été témoin. J’en suis heureux, car si tu en avais été témoin, peut-être serais-tu mort ou comme moi. Et ça je le redoute plus que tout ! J’ai cru les premiers jours que je pourrais passer pour mort auprès de toi et de tous les autres, disparaître entièrement de votre vie, sans un mot, sans une excuse. Je serais mort, totalement mort à vos yeux. Ne t’y trompes pas, je le suis bel et bien. Mais avant de t’inquiéter avec tout cela je dois te dire ce qui m’est arrivé !
La nuit où j’ai disparu j’ai hurlé ton nom mais je crois bien que tu ne m’ais pas entendu. Cette nuit a été terrible car c’est un monstre qui m’a enlevé. Un monstre au teint blanc et aux crocs acérés. Je ne sais si j’ai la force de tout écrire, rien que de penser à cette nuit là j’ai des frissons. J’ai l’impression que si je ne te dis rien tu m’en voudras plus que si je te révèle tout. Et si tu ne me croyais pas ? Oh ! Je dois cesser de ressasser. Il faut que j’écrive cela. Ces mots. Vampire. Voilà. J’y suis parvenu. Je t’aime Nicolas, je ne te reverrais plus ou du moins, tu ne me reverras plus. Je suis devenu un vampire, parce que le monstre m’a fait sien. Je suis un monstre contraint de boire le sang d’autrui. Tu comprendras ma situation.
Non tu ne peux comprendre. Comment ais-je pu croire que tu le ferais ! Oh que je me déteste !
La lettre finit là. Louis reconnu l’écriture de Lestat et cru voir des taches de sang, des larmes à en croire le contenu. Lestat avait connu Nicolas avant de devenir vampire ! Louis recula sous le choc de la révélation. Lestat avait dû en souffrir. Il avait peut-être envoyé une telle lettre à Nicolas. Mais dans ce cas comment se fait-il que Nicolas soit encore vivant ? Oh diable ! Tout ça paraissait étrange et bouleversant à point. Louis se rendit compte qu’il avait brisé le flacon en lisant la lettre. Il avait cependant le sentiment qu’il n’en aurait pas besoin.
***
Mais ce soir j’étais seule. Je ne pouvais pas demander à Louis de m’accompagner. Je me retrouvais face à une église sans m’en rendre compte. Elle était belle et majestueuse. Comme beaucoup d’églises de la Nouvelle-Orléans elle était très baroque et je dois avouer que j’étais subjuguée. Je restais en contemplation. Je savais que Louis n’aimait pas les églises. Il n’aimait pas cette ambiance religieuse, recueillit, il avait l’air de ne pas apprécier être dans une église bien que lorsque nous avions eu une discutions la-dessus je me rappèle qu’il m’avait assuré ne pas avoir peur d’être foudroyé par le diable.
Claudia : « Ah oui? Alors pourquoi tu ne veux jamais en approcher? »
Louis : « J’ai mes raisons. Je trouve ça particulièrement ridicule pour un vampire d’aller dans une église. Ce n’est pas notre place. »
Claudia : « Et quelle est-elle notre place? »
Lestat était alors apparut les yeux brillant fixé sur nous. Il fit une moue étrange puis éclata de rire. Il avait l’air de quelqu’un qui en savait pas mal sur le sujet. Il était accoudé à l’embrasure de la porte. Il portait une de ses chemises préférées en soie naturelle qu’il ait acheté ce qui était rare pour nous les vampires. Il était rayonnant. J’avais tendis ma main vers lui. Il me rejoignit.
Lestat : -souriant- « Oui, Louis, dis-nous quelle est notre place. »
Louis : « Nous sommes des démons! Tu le sais bien Lestat. Claudia, tu ne pouvais comprendre auparavant, tu étais encore une enfant mais à présent tu dois comprendre ce genre de chose. »
Claudia : « Louis ça fait longtemps que je suis une adulte. J’ai compris que nous ne sommes pas comme les humains. Je crois que le problème n’est pas tant que je sache où est notre place mais que tu me prennes encore pour une petite fille. »
Lestat : « Claudia, Louis ne te prend pas du tout pour une petite fille. Il a juste… explique-lui Louis. »
Ils m’observèrent tous les deux. Lestat avait l’air totalement confiant, pour lui-même les petits conflits entre Louis et moi étaient agréables à ses oreilles, ils étaient dignes d’une vraie famille. Je soupçonnais Lestat de chérir plus que tout la famille. Je me demandais parfois ce qu’il avait vécu avant nous. Avait-il longtemps été vampire avant de rencontrer Louis? J’aurais aimé qu’il souffre à nous. Je m’étais également demandé si Lestat en avait jamais parlé à Louis.
Claudia : « Hé bien vas-y Louis, je t’attends ! »
Louis : « Je… j’ai du mal. Tu sais, je me souviens toujours de toi enfant, cette image est renforcée par ton apparence physique. Je suis désolé mais je n’y peux rien. »
Lestat : « Hum… »
Claudia : « Si ! Tu y peux quelque chose ! Mais tu n’as aucune envie de faire quoique ce soit pour m’aider, pas vrai? »
Lestat : « Arrête s’il te plait Claudia. Louis n’ose jamais dire ce qu’il pense réellement. Allez les enfants, cessez de vous disputer, on sort ce soir. »
Louis : « C’est vrai on sort? Tu nous prépare quoi encore? »
Lestat : « Tu verras, ça vous plaira. Claudia et moi, on s’est lassé de nos parties de chasse solitaire et puis ce n’est pas bon de rester tout le temps enfermer, Louis. »
Nous avions tant l’habitude de ces disputes et Lestat était notre catalyseur. Il était toujours là pour nous séparer et sans le savoir nous avions besoin de lui. J’en avais prit conscience devant la fenêtre grande ouverte de la chambre de Lestat. J’avais réalisé que j’avais besoin de lui pour beaucoup de chose. N’était-ce pas lui qui m’empêchait d’être l’adulte que je voulais être, j’étais par trop dépendante à cause de lui. Il entravait mes libertés, m’empêchait d’être une femme tout simplement. Mais pouvais-je vivre sans lui ? Me réveiller demain soir, voir sa chambre vide, savoir qu’il a disparut pour toujours. Entendre Louis se réjouir ? ‘Claudia, nous sommes libres à présent. Nous n’aurons plus besoin de tuer autant. Nous nous contenterons de ce qu’il nous faut. N’est-ce pas extraordinaire ?’ Il aurait le visage réjouit. Il aurait l’air heureux sans plus de doutes ou de remord. J’en doutais. Cette vision était trop horrible. Louis aimait Lestat même s’il ne le montrait pas. ‘Non Louis, c’est simplement horrible. Jamais je ne le supporterais. C’est pour ça que je vais entrer dans cette église. Je n’avais cependant aucun moyen de savoir si Lestat était dans cette église. J’y entrais d’un simple pas. J’avais en tête les paroles préventives de Louis, ça avait beau ne pas être notre place, je savais que c’était nécessaire. L’église était curieusement vide. Je jetais un regard inquiet dans la nef, il y avait quelques mortels quand même. Je ne voyais nul immortel. Les lourdes portes se fermèrent derrière moi.

Eden Memories-
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Date d'inscription: 20/12/2008
Re: Claudia Chronicles
L’encens était l’odeur la plus forte. Elle m’atteignit de plein fouet. Elle était si envahissante. Elle me rappelait le visage de Lestat lorsqu’elle s’élevait dans les airs. J’avais envie de le voir, de voir ses cheveux blonds, ses yeux gris virant au violet, son sourire si caractéristique. J’avais besoin de lui. L’église sentait tellement l’encens. Une odeur qu’il affectionnait particulièrement. Pourquoi me hantait-il ? Parce que je croyais le trouver ici. Et si je m’étais trompé. Il n’y avait plus de doute à avoir, je n’avais pas le choix qu’il soit là où pas il fallait absolument que je fouille cette église. Il n’y avait rien qui laissait présagé qu’il serait là mais…
Je contournais l’hôtel, un vrai repas de fête pour le Dieu tout puissant, hein ? J’avais jamais vraiment cru en Dieu, peut-être parce que ni Louis ni Lestat ne m’avait enseigné la foi, cependant je doute qu’un vampire puisse avoir la foi, c’est incompatible. Je réalisais que ça ressemblait à une profession de foi, je retournais à Dieu après m’être écarté de lui, mais comme disait Lestat, ‘Dieu n’est jamais dans la maison de Dieu’. Les hommes y élèvent leur voix, ils y cultivent l’amour, la patience, la compassion, la pitié, l’amour de Dieu, on peut dire que c’est le dernier endroit à avoir besoin de la présence de Dieu.
Je me tournais et découvrit Nicolas. Elle portait une tenue masculine de jeune bourgeois en velours rouge. Mais sa tenue semblait dater et venir d’un autre pays. J’aurais juré que c’était une tenue française. Louis m’avait déjà dit que Lestat avait été à Paris, que c’était là qu’il avait été créer, mais d’après Louis, Lestat n’aimait pas revenir sur cette période. Je me demandais si Lestat ne recherchait pas un morceau de France dans cette jeune femme. Elle s’approcha de moi et sourit.
Nicolas : « Il t’a plu ton dîner? »
Claudia : « Où est Lestat? »
Nicolas : « Oh ! Quelque part, tu le connais. Mais profitons de ce qu’il n’est pas là pour parler tous les deux. »
Claudia : « De quoi veux-tu parler ? »
Nicolas : « Hou ! Je sens une pointe de haine en toi. Tu es là parce que tu l’as voulu, souviens en toi. »
Claudia : « Pourquoi es-tu revenu ? Pourquoi maintenant, pourquoi nous ? »
Il ou elle sourit. Ses lèvres étaient pulpeuses, rouges et attirante. Il devait le savoir. Avait-il choisit volontairement le rouge si ressemblant à la couleur du sang ? Elle avait tout d’une jeune femme qui voulait séduire alors qu’elle ignorait totalement où ça la conduirait. Je n’avais jamais connu les plaisirs de la chair et je dois dire qu’ils ne m’ont jamais manqué. Je la fixais avec le regard le plus hostile possible. Elle ne me faisait pas peur, j’avais vu bien pire qu’une jolie fille dans un vieux costume, j’avais connu l’horreur avec ma nature.
Nicolas : « Je dois te dire quelque chose. Je hais Lestat, totalement et sans limite. Mais toi, je n’avais rien contre toi avant que tu n’interviennes. Tu dois comprendre, si tu le peux, que s’il t’arrive malheur se sera parce que tu seras venue toute seule de ton plein gré. »
Claudia : « J’ai saisit. Cela veut-il dire que tu comptes me tuer ? »
On aurait dit que je posais une question piège. Se demandais-t-elle si j’allais lui sauter dessus et la tuer. Oui elle avait raison de me craindre, j’étais un vampire, mille fois plus forte qu’elle si je le désirais et rien ne pouvait m’empêcher de la tuer à l’instant si je le désirais. Ce qui était cependant le cas. Je me déplaçais lentement comme une panthère noire dans la jungle pour protéger un membre de son clan.
Claudia : « Si c’est le cas, je me dois de t’avertir. Je suis également un vampire. »
Nicolas : « Seigneur ! Je suis mort de peur. Sans rire, il y a bien pire que vous. Mais dans l’horreur sans nom vous êtes les grands gagnants, je l’admets. »
Claudia : « Qu’est-ce que tu en sais ? »
Nicolas : « Mon enfant, j’ai été vampire, oui tout comme toi j’ai bu le sang des vivants, j’ai dupé les vivants en me revêtant comme eux tel que Lestat me l’avait enseigné. Lestat a été mon maître, j’ai été son disciple. Il n’y a jamais eu d’amour entre nous alors que le sang était notre seul but. Jamais. »
Claudia : « Il a dit qu’il t’aimait encore. »
Nicolas : « Lestat dit beaucoup de chose mais peu sont vraies. Je t’assure, méfie-toi de lui. Il m’a menti pourquoi pas à toi ? »
Claudia : « C’est l’amour et non la haine qui nous unie. Lestat m’a créée pour que je sois sa fille dans l’éternité. Je suis son seul amour. Je le sais. Il ne ment jamais lorsque ses yeux sont plantés dans les miens. »
J’espérais que cela soit vrai. Mais je ne voulais pas admettre qu’il puisse avoir raison. Il fallait que Lestat soit l’homme que j’aimais tout simplement, sans mensonge, sans fossé entre nous. Il n’existait plus de fossé. Nicolas l’avait effacé. Ou masqué ?
Nicolas : « Je lis en toi comme dans un livre ouvert. Tu doutes, tu te poses des questions. Et ça n’est que le début. Comme m’a dit un vieil ami, les créatures sont incapables d’aimer sincèrement leur maître, lorsqu’elles n’aiment plus ce qu’elles sont, elle le reproche à leur créateur.’ Lestat sera toujours seul et tu ne pourras jamais combler ce silence. (…) L’as-tu remarqué ? »
Claudia : « Quoi donc ? »
Nicolas : « Tu ne peux lire ses pensées. Je peux lire les tiennes aussi bien que tu lis les miennes, mais les siennes ne te parviennent pas. »
Claudia : « Normal. C’est un vampire. Tu es humain… »
Nicolas : « Non. Lorsque tu rencontreras d’autre vampire, tu sauras. Tu comprendras alors que j’avais raison. »
Claudia : « Impossible. Tu ne peux lire dans mes pensées. »
Nicolas : « Oh si ! Je peux parfaitement. Lorsque tu es entrée, tu as cru voir le visage de Lestat dans la fumée des bougies, touchant. »
Je détestais ses lèvres fines, son air entendu, son expression confiante comme s’il contrôlait tout. Je détestais tout ce qu’il était. Il était la destruction de ce que j’aimais tant, une famille unie. Je le haïssais et lui reprochais même des choses qui ne lui étaient pas dû. Je lui en voulais de pouvoir lire mes pensées dès lors j’essayais de fermer totalement mon esprit. Je réalisais soudain. Combien d’humain ont pu lire mes pensées ? Oh mon dieu ! Non c’était impossible. Non. Non. Non.
Nicolas : « Je suis un télépathe, enfin elle. »
J’eus un vertige, comme le sol qui s’éloignait de moi, une impression vraiment désagréable. Il souriait. Oh mon dieu ! Il souriait ! Nicolas savait pourquoi j’étais dans un tel état. Le mot était un peu fort mais je sentais que ça venait de mon corps et je détestais ça. Je ne pouvais pas être malade. J’étais une vampire, immunisée contre les maladies !
Nicolas : « Egalement contre la peste ? »
Je tremblais. Oh mon dieu ! Je tremblais. J’étais donc si terrifié. J’allais perdre mes nerfs, mon contrôle de moi-même, mon air dégagé, mon esprit. Non il fallait que je garde le contrôle. Pas de problème. Tout va pour le mieux. Non. Mince. Il a parlé de la peste ! Ce n’est pas rien. J’ai peur. C’est idiot, si idiot. Mais j’ai terriblement peur. Je ne contrôle strictement rien. Il contrôle tout. Il sait d’avance ce qu’il va se passer et ça me terrifie littéralement.
Nicolas : « Non je plaisantais pour la peste. »
Claudia : « Quel sens de l’humour ! »
Nicolas : « Je me demande si tu t’en es rendu compte. »
Claudia: « De quoi? »
Nicolas : « Ton repas… Il n’avait pas un petit goût étrange? »
Claudia : « De quoi parles-tu? Dis-moi où est Lestat! »
Nicolas : « Allons, je ne vais pas te donner la solution si facilement. Et puis, je doute que tu puisses faire quoi que ce soit. Je t’ai empoisonné. »
Claudia : « C’est impossible! »
Nicolas : « Je t’ai suivit et j’entendais tes pensées, j’ai su que tu allais dans ce bar. J’ai dû tous leur faire boire de l’absinthe, et comme tu le sais ses effets se ressentent sur ton sang. Tu dois commencer à le sentir, non? »
Claudia : « Comment as-tu? »
La jeune femme caressa mes boucles. J’eus un vertige. Mais je ne pouvais pas avouer qu’elle m’avait eu. Lestat comptait sur moi. Je ne pouvais pas me laisser faire. Mais l’absinthe agissait comme un poison annihilant mes défenses et mes pouvoirs surnaturels. Je redevenais aussi fragile qu’une enfant mortelle. Elle me saisit le bras et la nuque. Elle me souleva du sol littéralement. Elle paraissait, soudain, tellement forte. Peut-être ma vision était-elle déformée par l’absinthe ? Mais je ressentais son pouvoir, sa force. Il y avait quelque chose en elle ou en lui de puissant et irradiant de pouvoirs.
Nicolas : « Maintenant chérie, tu vas m’aider à concrétiser ma vengeance. »
Elle me força à la suivre dans la crypte de l’église. J’essayais de lutter mais plus je croyais user de ma force plus je la perdais. La crypte était humide, noire, et empestait la mort. Lestat y gisait à moitié inconscient. Il n’était retenu par aucun lien, il n’y en avait pas besoin. Elle me plaqua contre un énorme pilier. Le contact était froid et blessait ma peau de vampire fragilisé. Elle souriait comme si elle était sur d’elle, qu’elle avait un plan. Et c’était peut-être ça le plus inquiétant.
Claudia : « Que lui as-tu fais? Tu n’es qu’une petite idiote de mortelle! »
Nicolas : « Une petite idiote qui a réussit à mettre deux immortels KO. Je crois que je suis plus qu’une simple petite idiote de mortelle? »
Claudia : « Qui es-tu pour lui? »
Nicolas : « Oui je suppose qu’il ne t’a rien dit. Comment aurait-il pu t’en parler? J’imagine ça ‘Hé ! Chérie j’ai tué mon meilleur ami’. »
Claudia : « Non. S’il vous a tué c’est… vous êtes vivant!! »
Nicolas : « Oh que si qu’il m’a tué! Je suis revenu d’entre les morts pour prendre ma revanche. Et grâce à toi elle en sera sublimée! Par ta mort… »
Je frissonnais. Elle avait l’air sérieux. Elle était la concrétisation de la peur qui me tenaillait. Je croyais ne rien craindre. Je pensais qu’à présent j’étais sensible, fragile. Je sentais l’odeur de l’encens, la messe! Elle allait commencer!! Je me sentais profondément idiote. Elle m’avait piégé comme une débutante. Le brouhaha des fidèles pénétrait dans mon cerveau, me paralysant le peu d’énergie qui me restait. J’avais envie de pleurer de me sentir si idiote. Elle s’était montrée infiniment plus intelligente que je ne l’aurais cru. Mais je commençais à penser qu’elle était actuellement un homme, Nicolas.
Nicolas : « Je crois que la petite explication a été assez longue. Il est temps de passer aux choses sérieuses. »
Claudia : « Attend! »
Nicolas : « Quoi? Que suis-je sensé attendre? J’en ai assez de ta petite bouille de poupée, de ton teint de fantôme! Tu sais quel sorte de monstre tu es? Quelle horreur tu représentes à ses yeux? »
Des larmes de sang coulaient sur mes joues. Elle les écrasa avec un air profondément dégoûté comme si mon sang de vampire était une insulte à son humanité. Mais elle avait été vampire ! Elle avait sûrement aimé ça, tout le monde aime ça. Il n’y avait qu’une loi avec le vampirisme, c’était le plaisir. Qui pouvait dire qu’il renonçait au plaisir ? Je n’en voyais pas un.
Nicolas : « Etre un vampire a été la chose la plus horrible de ma vie ! Crois-tu que tu es heureuse ? A tuer pour vivre, vivre pour l’éternité, jamais de fin à la douleur, pas de repos pour la guerrière. Non, être vampire ça n’est pas une chose qui rend heureux. Si c’est ce que tu crois, tu es complètement dans le faux. »
Il s’était tourné vers Lestat avec un sourire franc. Il se réjouissait de me blesser. Je n’étais pas aussi blessé qu’il ne l’espérait, je savais que Lestat ne pensait pas cela. Mais pourquoi Nicolas faisait-il tout ça? Je tournais dans ma tête la question. Le sol me paraissait si dur. J’avais soudain envie de ne plus m’intéresser à rien, de vider mon esprit. Il fallait que je réfléchisse. J’avais l’impression de ne plus rien savoir.
Claudia : « Je… Je voudrais savoir ce que vous ressentez à propos de Lestat. »
Nicolas : « Qui te dis que j’ai envie de te le dire? Lestat m’a tué c’est aussi simple que ça. »
Claudia : « Non ça ne l’est pas. Vous lui en voulez pour une raison bien plus forte. Je sens votre haine, elle est si forte. »
Nicolas : « Il m’a trahit. Je ne croyais qu’il serait perdu, qu’il serait comme moi! Mais ça été le contraire! Il a brillé tel une lumière alors que moi je sombrais. Et lorsqu’il l’a eu, il n’a pas voulu le partager, il a trahit notre amitié!! »
Lestat : -gémissant- « Non… »
Nicolas : « Quoi? La vérité est-elle si dur à entendre, mon cher ami? Tu te demande ce que je veux cher enfant, je veux faire souffrir mon cher ami et tu es l’arme de ma vengeance, ta mort lui portera le coup fatal. »
Lestat : « Ne fais pas… ça »
Nicolas : « Et pourquoi je ne le ferais pas? Tu m’as bien laissé tombé et à cause de toi je suis mort. Je ne vois vraiment pas pourquoi elle ne subirait pas le même sort. »
Claudia : « Parce que je n’ai aucune haine en moi. Oserais-tu tuer une enfant? »
Nicolas : « Ma chérie, j’en ai fait de bien pire lorsque j’étais vampire. Tu n’es rien pour moi, pourquoi aurais-je pitié de toi? »
Il leva un couteau à la lame blanche. Elle souriait. Je dis elle, parce que c’était un visage féminin qui me souriait comme une petite fille qui va faire un gâteau toute seule. Mais là, c’était moi la pâte et ça me déplaisait profondément. La jeune mortelle a qui appartenait ce corps s’était-elle débattu lorsqu’il l’avait possédé au début ? Ou avait-elle accepté son sort ? Je ne pourrais supporter d’accepter qu’il me tranche la gorge ou me tue d’une autre façon. Je sentis la lame contre ma gorge. J’avais envie de le repousser. Diable ! Lestat pourquoi ne m’avez-vous pas appris à me servir plus du don de l’esprit ? Mais c’était inutile, l’absinthe me rendait si faible, mon esprit réfléchissait moins vite. J’avais envie de… La lame transperça ma gorge. Ma seule pensée fut : Louis, je t’aime.
Je contournais l’hôtel, un vrai repas de fête pour le Dieu tout puissant, hein ? J’avais jamais vraiment cru en Dieu, peut-être parce que ni Louis ni Lestat ne m’avait enseigné la foi, cependant je doute qu’un vampire puisse avoir la foi, c’est incompatible. Je réalisais que ça ressemblait à une profession de foi, je retournais à Dieu après m’être écarté de lui, mais comme disait Lestat, ‘Dieu n’est jamais dans la maison de Dieu’. Les hommes y élèvent leur voix, ils y cultivent l’amour, la patience, la compassion, la pitié, l’amour de Dieu, on peut dire que c’est le dernier endroit à avoir besoin de la présence de Dieu.
Je me tournais et découvrit Nicolas. Elle portait une tenue masculine de jeune bourgeois en velours rouge. Mais sa tenue semblait dater et venir d’un autre pays. J’aurais juré que c’était une tenue française. Louis m’avait déjà dit que Lestat avait été à Paris, que c’était là qu’il avait été créer, mais d’après Louis, Lestat n’aimait pas revenir sur cette période. Je me demandais si Lestat ne recherchait pas un morceau de France dans cette jeune femme. Elle s’approcha de moi et sourit.
Nicolas : « Il t’a plu ton dîner? »
Claudia : « Où est Lestat? »
Nicolas : « Oh ! Quelque part, tu le connais. Mais profitons de ce qu’il n’est pas là pour parler tous les deux. »
Claudia : « De quoi veux-tu parler ? »
Nicolas : « Hou ! Je sens une pointe de haine en toi. Tu es là parce que tu l’as voulu, souviens en toi. »
Claudia : « Pourquoi es-tu revenu ? Pourquoi maintenant, pourquoi nous ? »
Il ou elle sourit. Ses lèvres étaient pulpeuses, rouges et attirante. Il devait le savoir. Avait-il choisit volontairement le rouge si ressemblant à la couleur du sang ? Elle avait tout d’une jeune femme qui voulait séduire alors qu’elle ignorait totalement où ça la conduirait. Je n’avais jamais connu les plaisirs de la chair et je dois dire qu’ils ne m’ont jamais manqué. Je la fixais avec le regard le plus hostile possible. Elle ne me faisait pas peur, j’avais vu bien pire qu’une jolie fille dans un vieux costume, j’avais connu l’horreur avec ma nature.
Nicolas : « Je dois te dire quelque chose. Je hais Lestat, totalement et sans limite. Mais toi, je n’avais rien contre toi avant que tu n’interviennes. Tu dois comprendre, si tu le peux, que s’il t’arrive malheur se sera parce que tu seras venue toute seule de ton plein gré. »
Claudia : « J’ai saisit. Cela veut-il dire que tu comptes me tuer ? »
On aurait dit que je posais une question piège. Se demandais-t-elle si j’allais lui sauter dessus et la tuer. Oui elle avait raison de me craindre, j’étais un vampire, mille fois plus forte qu’elle si je le désirais et rien ne pouvait m’empêcher de la tuer à l’instant si je le désirais. Ce qui était cependant le cas. Je me déplaçais lentement comme une panthère noire dans la jungle pour protéger un membre de son clan.
Claudia : « Si c’est le cas, je me dois de t’avertir. Je suis également un vampire. »
Nicolas : « Seigneur ! Je suis mort de peur. Sans rire, il y a bien pire que vous. Mais dans l’horreur sans nom vous êtes les grands gagnants, je l’admets. »
Claudia : « Qu’est-ce que tu en sais ? »
Nicolas : « Mon enfant, j’ai été vampire, oui tout comme toi j’ai bu le sang des vivants, j’ai dupé les vivants en me revêtant comme eux tel que Lestat me l’avait enseigné. Lestat a été mon maître, j’ai été son disciple. Il n’y a jamais eu d’amour entre nous alors que le sang était notre seul but. Jamais. »
Claudia : « Il a dit qu’il t’aimait encore. »
Nicolas : « Lestat dit beaucoup de chose mais peu sont vraies. Je t’assure, méfie-toi de lui. Il m’a menti pourquoi pas à toi ? »
Claudia : « C’est l’amour et non la haine qui nous unie. Lestat m’a créée pour que je sois sa fille dans l’éternité. Je suis son seul amour. Je le sais. Il ne ment jamais lorsque ses yeux sont plantés dans les miens. »
J’espérais que cela soit vrai. Mais je ne voulais pas admettre qu’il puisse avoir raison. Il fallait que Lestat soit l’homme que j’aimais tout simplement, sans mensonge, sans fossé entre nous. Il n’existait plus de fossé. Nicolas l’avait effacé. Ou masqué ?
Nicolas : « Je lis en toi comme dans un livre ouvert. Tu doutes, tu te poses des questions. Et ça n’est que le début. Comme m’a dit un vieil ami, les créatures sont incapables d’aimer sincèrement leur maître, lorsqu’elles n’aiment plus ce qu’elles sont, elle le reproche à leur créateur.’ Lestat sera toujours seul et tu ne pourras jamais combler ce silence. (…) L’as-tu remarqué ? »
Claudia : « Quoi donc ? »
Nicolas : « Tu ne peux lire ses pensées. Je peux lire les tiennes aussi bien que tu lis les miennes, mais les siennes ne te parviennent pas. »
Claudia : « Normal. C’est un vampire. Tu es humain… »
Nicolas : « Non. Lorsque tu rencontreras d’autre vampire, tu sauras. Tu comprendras alors que j’avais raison. »
Claudia : « Impossible. Tu ne peux lire dans mes pensées. »
Nicolas : « Oh si ! Je peux parfaitement. Lorsque tu es entrée, tu as cru voir le visage de Lestat dans la fumée des bougies, touchant. »
Je détestais ses lèvres fines, son air entendu, son expression confiante comme s’il contrôlait tout. Je détestais tout ce qu’il était. Il était la destruction de ce que j’aimais tant, une famille unie. Je le haïssais et lui reprochais même des choses qui ne lui étaient pas dû. Je lui en voulais de pouvoir lire mes pensées dès lors j’essayais de fermer totalement mon esprit. Je réalisais soudain. Combien d’humain ont pu lire mes pensées ? Oh mon dieu ! Non c’était impossible. Non. Non. Non.
Nicolas : « Je suis un télépathe, enfin elle. »
J’eus un vertige, comme le sol qui s’éloignait de moi, une impression vraiment désagréable. Il souriait. Oh mon dieu ! Il souriait ! Nicolas savait pourquoi j’étais dans un tel état. Le mot était un peu fort mais je sentais que ça venait de mon corps et je détestais ça. Je ne pouvais pas être malade. J’étais une vampire, immunisée contre les maladies !
Nicolas : « Egalement contre la peste ? »
Je tremblais. Oh mon dieu ! Je tremblais. J’étais donc si terrifié. J’allais perdre mes nerfs, mon contrôle de moi-même, mon air dégagé, mon esprit. Non il fallait que je garde le contrôle. Pas de problème. Tout va pour le mieux. Non. Mince. Il a parlé de la peste ! Ce n’est pas rien. J’ai peur. C’est idiot, si idiot. Mais j’ai terriblement peur. Je ne contrôle strictement rien. Il contrôle tout. Il sait d’avance ce qu’il va se passer et ça me terrifie littéralement.
Nicolas : « Non je plaisantais pour la peste. »
Claudia : « Quel sens de l’humour ! »
***
Nicolas : « Je me demande si tu t’en es rendu compte. »
Claudia: « De quoi? »
Nicolas : « Ton repas… Il n’avait pas un petit goût étrange? »
Claudia : « De quoi parles-tu? Dis-moi où est Lestat! »
Nicolas : « Allons, je ne vais pas te donner la solution si facilement. Et puis, je doute que tu puisses faire quoi que ce soit. Je t’ai empoisonné. »
Claudia : « C’est impossible! »
Nicolas : « Je t’ai suivit et j’entendais tes pensées, j’ai su que tu allais dans ce bar. J’ai dû tous leur faire boire de l’absinthe, et comme tu le sais ses effets se ressentent sur ton sang. Tu dois commencer à le sentir, non? »
Claudia : « Comment as-tu? »
La jeune femme caressa mes boucles. J’eus un vertige. Mais je ne pouvais pas avouer qu’elle m’avait eu. Lestat comptait sur moi. Je ne pouvais pas me laisser faire. Mais l’absinthe agissait comme un poison annihilant mes défenses et mes pouvoirs surnaturels. Je redevenais aussi fragile qu’une enfant mortelle. Elle me saisit le bras et la nuque. Elle me souleva du sol littéralement. Elle paraissait, soudain, tellement forte. Peut-être ma vision était-elle déformée par l’absinthe ? Mais je ressentais son pouvoir, sa force. Il y avait quelque chose en elle ou en lui de puissant et irradiant de pouvoirs.
Nicolas : « Maintenant chérie, tu vas m’aider à concrétiser ma vengeance. »
Elle me força à la suivre dans la crypte de l’église. J’essayais de lutter mais plus je croyais user de ma force plus je la perdais. La crypte était humide, noire, et empestait la mort. Lestat y gisait à moitié inconscient. Il n’était retenu par aucun lien, il n’y en avait pas besoin. Elle me plaqua contre un énorme pilier. Le contact était froid et blessait ma peau de vampire fragilisé. Elle souriait comme si elle était sur d’elle, qu’elle avait un plan. Et c’était peut-être ça le plus inquiétant.
Claudia : « Que lui as-tu fais? Tu n’es qu’une petite idiote de mortelle! »
Nicolas : « Une petite idiote qui a réussit à mettre deux immortels KO. Je crois que je suis plus qu’une simple petite idiote de mortelle? »
Claudia : « Qui es-tu pour lui? »
Nicolas : « Oui je suppose qu’il ne t’a rien dit. Comment aurait-il pu t’en parler? J’imagine ça ‘Hé ! Chérie j’ai tué mon meilleur ami’. »
Claudia : « Non. S’il vous a tué c’est… vous êtes vivant!! »
Nicolas : « Oh que si qu’il m’a tué! Je suis revenu d’entre les morts pour prendre ma revanche. Et grâce à toi elle en sera sublimée! Par ta mort… »
Je frissonnais. Elle avait l’air sérieux. Elle était la concrétisation de la peur qui me tenaillait. Je croyais ne rien craindre. Je pensais qu’à présent j’étais sensible, fragile. Je sentais l’odeur de l’encens, la messe! Elle allait commencer!! Je me sentais profondément idiote. Elle m’avait piégé comme une débutante. Le brouhaha des fidèles pénétrait dans mon cerveau, me paralysant le peu d’énergie qui me restait. J’avais envie de pleurer de me sentir si idiote. Elle s’était montrée infiniment plus intelligente que je ne l’aurais cru. Mais je commençais à penser qu’elle était actuellement un homme, Nicolas.
Nicolas : « Je crois que la petite explication a été assez longue. Il est temps de passer aux choses sérieuses. »
Claudia : « Attend! »
Nicolas : « Quoi? Que suis-je sensé attendre? J’en ai assez de ta petite bouille de poupée, de ton teint de fantôme! Tu sais quel sorte de monstre tu es? Quelle horreur tu représentes à ses yeux? »
Des larmes de sang coulaient sur mes joues. Elle les écrasa avec un air profondément dégoûté comme si mon sang de vampire était une insulte à son humanité. Mais elle avait été vampire ! Elle avait sûrement aimé ça, tout le monde aime ça. Il n’y avait qu’une loi avec le vampirisme, c’était le plaisir. Qui pouvait dire qu’il renonçait au plaisir ? Je n’en voyais pas un.
Nicolas : « Etre un vampire a été la chose la plus horrible de ma vie ! Crois-tu que tu es heureuse ? A tuer pour vivre, vivre pour l’éternité, jamais de fin à la douleur, pas de repos pour la guerrière. Non, être vampire ça n’est pas une chose qui rend heureux. Si c’est ce que tu crois, tu es complètement dans le faux. »
Il s’était tourné vers Lestat avec un sourire franc. Il se réjouissait de me blesser. Je n’étais pas aussi blessé qu’il ne l’espérait, je savais que Lestat ne pensait pas cela. Mais pourquoi Nicolas faisait-il tout ça? Je tournais dans ma tête la question. Le sol me paraissait si dur. J’avais soudain envie de ne plus m’intéresser à rien, de vider mon esprit. Il fallait que je réfléchisse. J’avais l’impression de ne plus rien savoir.
Claudia : « Je… Je voudrais savoir ce que vous ressentez à propos de Lestat. »
Nicolas : « Qui te dis que j’ai envie de te le dire? Lestat m’a tué c’est aussi simple que ça. »
Claudia : « Non ça ne l’est pas. Vous lui en voulez pour une raison bien plus forte. Je sens votre haine, elle est si forte. »
Nicolas : « Il m’a trahit. Je ne croyais qu’il serait perdu, qu’il serait comme moi! Mais ça été le contraire! Il a brillé tel une lumière alors que moi je sombrais. Et lorsqu’il l’a eu, il n’a pas voulu le partager, il a trahit notre amitié!! »
Lestat : -gémissant- « Non… »
Nicolas : « Quoi? La vérité est-elle si dur à entendre, mon cher ami? Tu te demande ce que je veux cher enfant, je veux faire souffrir mon cher ami et tu es l’arme de ma vengeance, ta mort lui portera le coup fatal. »
Lestat : « Ne fais pas… ça »
Nicolas : « Et pourquoi je ne le ferais pas? Tu m’as bien laissé tombé et à cause de toi je suis mort. Je ne vois vraiment pas pourquoi elle ne subirait pas le même sort. »
Claudia : « Parce que je n’ai aucune haine en moi. Oserais-tu tuer une enfant? »
Nicolas : « Ma chérie, j’en ai fait de bien pire lorsque j’étais vampire. Tu n’es rien pour moi, pourquoi aurais-je pitié de toi? »
Il leva un couteau à la lame blanche. Elle souriait. Je dis elle, parce que c’était un visage féminin qui me souriait comme une petite fille qui va faire un gâteau toute seule. Mais là, c’était moi la pâte et ça me déplaisait profondément. La jeune mortelle a qui appartenait ce corps s’était-elle débattu lorsqu’il l’avait possédé au début ? Ou avait-elle accepté son sort ? Je ne pourrais supporter d’accepter qu’il me tranche la gorge ou me tue d’une autre façon. Je sentis la lame contre ma gorge. J’avais envie de le repousser. Diable ! Lestat pourquoi ne m’avez-vous pas appris à me servir plus du don de l’esprit ? Mais c’était inutile, l’absinthe me rendait si faible, mon esprit réfléchissait moins vite. J’avais envie de… La lame transperça ma gorge. Ma seule pensée fut : Louis, je t’aime.
Fin de l’épisode

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