Claudia Chronicles

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Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:31

Titre : Claudia Chronicles
Nombre d’épisode : La websérie s’est arrêtée à deux épisode.
Univers : Les chroniques des vampires de Anne Rice
Commentaire des membres : Accepté

Note : Ce n’est pas une simple fan-fiction, à la base c’était une websérie que je comptais écrire. Mais le boulot et le manque d’inspiration ont fait que je n’ai jamais terminé cette websérie.

Eden Memories

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Re: Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:36

P I L O T E - N I C O L A S
écrit par Sophi@



Le coucher du soleil laisse toujours une traînée rougeâtre au ciel même lorsque la nuit est tombée. En tant que vampire j’observe toujours le ciel dans l’espoir de trouver quelque chose d’inattendu. Contrairement aux mortels qui ont besoin d’outils, je peux observer les étoiles à l’œil nu. Mais il faut savoir que notre oeil de vampire est supérieur à l’œil des mortels. Mais ne nous préoccupons pas de cela. Je peux situer ce jour comme en 1793, nous sommes au mois d’octobre, les feuilles des arbres tombent lentement avec grâce au dehors alors que le feu flamboie dans la cheminée de ma chambre. Comment te décrire ma chambre ? Le papier peint est une fresque que Lestat a fait peintre. Il semblait passionné par les détails de la fresque et voulait la rendre la plus vivante possible. Je ne lui aurais jamais dit à quel point cette fresque m’a fait plaisir, il y a une sorte de code convenu entre nous. Il ne se montre jamais vraiment chaleureux et moi non plus. Je crois qu’il est contre toute forme de chaleur entre nous, il ne se montre pas plus doux avec Louis.
Justement, c’est Louis qui se trouvait avec moi dans l’appartement que nous avons rue Royale. On peut dire que c’est un magnifique appartement dans le sens où Lestat l’a décoré comme un fastueux château. J’ai lu quelques livres sur la décoration d’intérieur mais rien n’y est aussi beau et luxueux que dans notre appartement. Je crois que Lestat a un bon goût pour ce genre de chose. Ce qu’il m’a transmit plus ou moins. Je m’étais levée il y a une heure. Je ne prends de repas avant au moins deux heures, Louis en prend le plus tard possible, il dit que c’est pour avoir vraiment faim. Je passais devant la chambre de Lestat sans lui accorder de regard. Nous ne nous parlions guère depuis quelques jours. Il s’était montré rustre à mon égard. Dois-je préciser que Lestat peut parfaitement accepter qu’on ne lui montre en aucune façon notre amour, mais il ne supporte pas qu’on l’ignore. C’est une arme que j’ai pris l’habitude d’utiliser contre lui.
Louis était dans son fauteuil parfaitement allongé dans son ensemble noir. Il n’aime guère porter de couleur, il trouve que les couleurs sont pour les vivants et non pour nous les morts. Louis émet de léger bruit lorsqu’il lit. C’est tout à fait comique de l’entendre pousser un soupire ou de murmurer un ‘hum’. Il est de ces personnes qui ne peuvent se passer de son. Je reconnais que le silence peut-être pesant et désespérant. Mais ce serait bien le style de Louis de se laisser aller dans un silence ambiant où il pourrait se perdre dans ses pensées noires. Je m’approchais de lui sentant l’odeur de la terre sur ses vêtements. Je croyais que Lestat lui avait fait nettoyer toute sa garde robe ce qui pourrait se résumer à trois ensembles et quelques chemises. Je posais ma main sur celle de Louis, comme elle était froide. Il tressauta dans un mouvement imperceptible. Il avait la peau douce et cet air triste sur le visage. J’eus envie de prendre son visage entre mes mains, ce visage carrés dont les traits semblaient fait pour exprimer une tristesse totale. Je penchais la tête et regardais son livre. Il lisait un roman mélancolique, le peu de ligne que je lisais me firent frémir : Elle lui avait dit qu’elle n’en pouvait plus, que la vie était trop dure. Par moment elle s’était demandé ce qu’elle ressentirait devant le vide, le bruit des vagues se fracassant sur les rochers. Mais à présent qu’elle y était, qu’elle savait qu’il fallait qu’elle le fasse pour le bien de tous, la seule chose qu’elle ressentait c’était une profonde aversion pour ce qu’elle avait été. Elle entendit des bruits d’un galop de cheval. Il fallait qu’elle saute avant qu’il ne soit là. Elle ne voulait pas voir ses yeux embrumés la fixant. J’en détournais mon regard.
Claudia : « Louis, comment peut-tu lire ceci ? Ce livre est plein de rancœur et de regrets. »
Lentement il tourna son visage blanc et lise vers moi. Louis, mon Louis mélancolique et plein de sensibilité me fixait d’un regard froid. Je n’osais y plonger mon regard. Il avait peut-être trouvé le moyen d’échapper aux sentiments troublants qui l’assaillaient.
Louis : « Je sais que c’est une histoire bien triste ma petite Claudia, mais j’aime beaucoup l’héroïne. Elle est totalement désespéré et chacun de ses actes la mène inexorablement vers son suicide. J’imagine que je me sens concerner. Moi-même il y a un temps j’aurais volontiers jeté mon corps du haut d’une falaise. »
Claudia : « Non, je ne te crois pas. »
Louis : « Je comprends. Tel que tu me vois, je te suis trop attaché pour me jeter dans le vide, de toute façon je suis un vampire et je résisterais au choc, il est même fort probable que j’en tire seulement de nouvelles souffrances. Mais avant que tu ne sois vampire, mon enfant, j’étais bouleversé par ce que j’étais. Je n’ai jamais été comme toi ou Lestat, pour moi tuer à été la pire des choses que j’eus à faire. »
Je comprenais qu’il en eut souffert. Tuer chaque nuit et en ressentir le plaisir le plus puissant et le plus envoûtant qu’il y a sur terre alors qu’on a encore un respect pour la vie et une conscience qui n’admettait le mal qu’on faisait à l’humanité. J’eus plusieurs arguments en tête pour alléger sa conscience mais je supposais que Lestat les eut déjà dis. Il termina la dernière phrase plutôt lugubre et ferma le livre. Son visage n’exprimait plus rien. C’était déroutant. Lestat ne laissait jamais transparaître d’émotion lorsqu’il le désirait mais avec les traits qu’il a cela n’était pas dérangeant. Avec Louis ça l’était.
Louis : « Tu n’as pas encore chassé ? »
Un des questions que Louis évitait la plupart du temps. En fait, il détestait qu’on la lui pose. Et la posait très rarement. Dans ce cas présent j’en déduisais qu’il voulait que je le laisse. Je fis mine de n’avoir pas compris et faisais un signe de négation de la tête. Il m’observait de ses yeux verts. Je me demandais ce qui lui passait par la tête à ce moment précis. Je pouvais lire dans les pensées des mortels mais jamais dans celles de mes parents vampires. Lestat m’avait expliqué que Louis ne pouvait lire les pensées des mortels. Louis est le vampire le moins puissant de nous trois. Mais il était adulte lorsqu’il avait été fait.
Claudia : « Je crois que je vais chasser avec Lestat. »
Louis hocha de la tête et se leva avec des gestes humains. Encore une particularité, c’est que nous les vampires pouvons parfaitement faire les gestes les plus simples comme les plus durs avec une extrême vitesse ou une extrême lenteur de telle façon qu’on peut se rendre invisible aux yeux des mortels ou immobile. Mais mes deux pères vampires préféraient les gestes humains plus lourds et gauches. Il prit un autre livre dans la bibliothèque. Il reprit place dans son fauteuil. Je m’éloignais de lui et de son fauteuil.
La chambre de Lestat était au fond. Il avait la plus grande et la plus luxueuse. Probablement parce qu’il adorait le luxe contrairement à Louis mais aussi parce qu’il tenait à montrer qu’il était le chef de notre famille. Louis n’avait de toute façon pas les épaules pour tenir ce rôle et Lestat ne lui aurait pas laissé le tenir une seconde. J’étais quant à moi trop petite et aux yeux des mortels j’avais besoin d’un adulte auprès de moi ce qui me donnait un handicap certain. Je m’appuyais sur l’embrasure de la porte. Il se tenait tout droit devant la fenêtre française. Il fixait la ville s’étalant sous ses yeux. La nuit et les lumières de la ville donnaient à la Nouvelle Orléans une esquisse de très belle ville. Je poussais la porte de sa chambre sans sourciller, la porte claqua contre le tissu fragile. Lestat avait une chambre à la couleur de son caractère, d’un rouge pulpant qui frappait l’œil. Il avait des meubles tape à l’œil, riche en bois rares et précieux. Mais ces bibelots étaient jolis, assez fins, romantiques et délicats. Il y avait aussi des peintures. Toutes étaient signées Marius et il n’avait jamais voulu me dire qui était ce Marius mais je devinais que ça n’était pas un simple peintre. Je passais devant son cercueil qui était à demi ouvert. Je m’arrêtais à un mètre de Lestat. Contrairement à Louis, je n’aimais pas toucher Lestat, d’une part je m’attendais à une réaction violente, d’autre part, je n’appréciais pas le contact de cette peau trop lisse qui avait perdu tout aspect humain.
Lestat : « Claudia. (…) Que fais-tu là ? »
Il m’agaçait avec ses questions idiotes. Louis était toujours heureux que je sois prêt de lui quel qu’en soit la raison, mais Lestat ! il avait toujours besoin de raison et d’explication. On aurait dit qu’il redoutait ma présence. Je n’aimais pas sa façon de m’accueillir dans sa chambre comme je n’aimais pas le fossé qu’il conservait entre nous.
Claudia : « Une fille n’a pas besoin de raison pour venir voir son père. »
Un point partout la balle au centre. Je me souvenais que Lestat aimait ces jeux avec une balle blanche, ronde et un bâton. Il aimait tous les jeux de la sorte. On peut dire avec un certain humour que Lestat est un joueur. Il ne se retourna même pas. Je lui en voulais d’être aussi froid et dur avec moi. J’avais beau dire, je me sentais seule et petite lorsqu’il agissait ainsi avec moi.
Lestat : « Tu veux quoi ? Que je saute de joie ? »
Je levais les yeux au ciel. Je n’avais jamais vu Lestat sauter de joie, à vrai dire, je n’avais jamais vu personne sauter de joie. Ca doit être un des privilèges accorder aux mortels qui vivent assez vieux. Si on peut appeler ça un privilège.
Claudia : « Ne sois pas abusif. Tu sais bien ce que je veux. Nous pourrions passer plus de temps ensemble. J’ai l’affreuse impression que tu m’évites. »
Lestat : « Claudia ce n’est qu’une impression. Je ne t’évite pas. Il est juste évident que tu n’es plus une enfant, tu n’as donc plus besoin qu’on te materne. Je devrais d’ailleurs aller dire deux mots à Louis là dessus. Si nous te maternons trop tu ne sauras jamais ce qu’est la vie. »
Je hoquetais. Il se moquait de moi. Je m’en voulais d’être petite pour ne pas pouvoir lui faire comprendre sa douleur de me mener ainsi en bateau. C’était moi qui leur reprochais de me considérer comme une enfant et non eux qui essayaient de me pousser à être plus adulte. Et Lestat le savait parfaitement. Il m’avait traité d’enfant impatiente puis de turbulente et avait finit par s’avouer vaincu n’essayant même plus de me répondre lorsque je m’insurgeais contre un ‘ma chère enfant’.
Claudia : « Mon cher Lestat, roi des menteurs ! »
Je clamais ma réplique avec un ton des plus insolents et provocateurs. Le pousser à bout de ses retranchements est une de mes activités favorites. Il faut que je précise que je n’avais aucun mal. Lestat bascule assez facilement dans la colère des plus noires. Il supporte peu de chose contre lui-même. Il déteste qu’on le pousse dans ses retranchements ou qu’on se montre supérieur à lui, ce que je parvenais sans aucune difficulté à faire lorsque je le voulais.

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Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:38

Lestat : « Quelle mauvaise petite fille fais-tu ma chère claudia ! Aucun père ne voudrait de toi pour enfant. Sois heureuse que je sois aussi bon envers toi et Louis ! »
Claudia : « Quelle bonté y’a-t-il là ? »
Je laissais un précieux temps s’écouler. Il se calma. Il sortit de sa chambre d’un pas résolu. Il aimait jouer pour se détendre. Il s’abattit sur le piano. Il jouait bien comme d’habitude mais un air plus rapide aux sonorités violentes et fantastiques. Je reconnaissais bien là ces goûts en musiques. Il aimait le spectaculaire, le théâtrale. Je le rejoignais non sans remarquer que Louis visiblement dérangé par tout ce soudain bouquant s’était levé et regagnait sa chambre sans bruit.
Claudia : « Cessez de vous comportez comme un enfant Lestat et accompagnez-moi à déjeuner cette nuit. »
Lestat ne fit pas un mouvement en ma direction. Il faut dire que je l’avais poussé un peu loin. Mais j’avais du mal à ne pas ciller lorsqu’il agissait comme un parfait goujat à mon égard. En fait Lestat n’eut pas le loisir de me répondre, on frappa à la porte. C’était un poing décider qui s’abattait sur la pauvre porte. Lestat me jeta un regard noir qui signifiait ‘ne dis pas un mot’. Je n’étais pas non plus idiote. Je savais que nos petites disputes mesquines prenaient fin lorsqu’on avait de la visite. Il se leva et ouvrit la porte. Il portait son peignoir en soie bleu-marine. Il accueillit le visiteur- la visiteuse serait plus juste- avec un large sourire.
Lestat : « Hello Mrs Matthew. Que nous vaut ce plaisir? »
Il était extrêmement aimable avec tous nos voisins. Il se montrait toujours très délicat avec ces dames et serviable avec les messieurs. Je me posais souvent des questions sur ce qu’il avait été de son vivant. Je l’imaginais garçon de café non sans sourire. Lestat n’était pas vraiment du genre à servir les gens, non ça n’avait pas dû être ça. Il n’aurait pas un si bon goût. Ou simplement avait-il affûté ses goûts lorsqu’il avait été fait vampire. Ce dont je doutais puisque Louis m’avait raconté que Lestat ne possédait rien vraiment à lui mise à part deux ou trois maisons en ruine, de mauvais investissement de l’argent qu’il volait à ses victimes. Mais revenons à ce qui nous occupe.
Mrs Matthew : « My God, sieur Lestat. C’est affreux! J’ai besoin d’une aide. Oh mon dieu ! Il s’agit de mon fils. »
Lestat : « Entrez donc. Ne restez pas là. »
Lestat savait aussi se montrer sincèrement désolé. Peut-être l’était-il. Cela m’aurait étonné mais avec Lestat il ne faut jamais être sûr de rien. Il avait la manie assez agaçante de vous détromper à chaque fois que vous pensiez tout savoir sur lui. Il avait des gestes lents comme il convenait. Il se montrait vrai gentleman ce qui me rendit curieuse.
Mrs Matthew : « Vous devez me trouver trop entreprenante mais il s’agit de mon fils. »
Lestat : « On le serait à moins à votre place, madame. »
Mrs Matthew : « Comme vous êtes bon ! Je suis affreusement désolé de devoir vous demander ça mais il me faut votre précieuse aide. Voyez-vous mon fils est tombé malade et sa maladie a empiré. Je suis dans la pire des situations. »
Lestat : « Je ne puis vous reprocher quoi que ce soit, vous êtes une mère inquiète pour son enfant. »
Je dus lever les yeux au ciel. En tous les cas il était très comique d’entendre Lestat dire ça ou se montrer aussi compatissant. Venant de la part d’un homme coupable de tant de massacre de gentille famille, je trouvais ça déplacé. Il se montrait si dur avec les mortels. Mais comme je l’ai déjà dit, Lestat est plein de surprise. Je supposais qu’il agissait ainsi pour de bonne raison.
Mrs Matthew : « Oh monsieur ! Il faut que vous veniez. On vous dit médecin… »
Lestat médecin ! Si elle n’était pas aussi éplorée et désespéré j’aurais cru qu’elle plaisantait. Mais non. Elle était de ces femmes qui font confiance aux ragots même si elle doit remettre la vie de son fils à, finalement, un inconnu. Je secouais la tête. Ce n’était pas bon du tout. A présent je me demandais comment elle réagirait au refus de Lestat.
Lestat : « Je vous suis. »
Je manquais de crier de surprise. Lestat ne pouvait faire ça, il ignorait tout de l’organisme humain, il ne s’est jamais intéresser aux traités scientifiques et dédaignaient les médecins et leurs théories sur le corps humain. Décidément Lestat était bien étonnant ce soir. Je m’apprêtais à enfiler ma veste pour suivre mon père maléfique qui visiblement désirait s’improviser médecin. Une main blanche se posa sur mon épaule, lentement je me tournais et découvrit le visage paternel de Louis.
Louis : « N’y vas pas ma chérie. J’ai bien peur que Lestat ne fasse encore des siennes. Ce n’est pas un spectacle pour toi. »
J’avais envie de lui répondre que je n’étais pas une enfant, que je me fichais bien de ce dont il avait peur et que Lestat soit un menteur ne m’étonnait plus. Cependant je n’en fis rien. Je souris à Louis. Je crois que je ne lui répondais pas parce qu’il était gentil et doux avec moi et qu’après l’attitude de Lestat j’avais besoin de me sentir à l’abri dans un cocon avec une personne aimante même si elle était faible de caractère et qu’elle me prenait pour une enfant parce que j’en avais l’apparence.

***


Lestat entra dans l’appartement de Mrs Matthew. Il était plus petit que le nôtre. Les murs étaient tapissés de vieux papier peint fleuris qui n’était plus à la mode depuis longtemps. Il y avait aussi une odeur rance dans l’appartement comme si on avait laissé pourrir quelque chose. En fait cet appartement appartenait à une famille pauvre et il est vrai que nous ne connaissons que peu nos voisins. Ils sont tous charmants, là n’est pas le problème mais notre aspect de vampire peut porter à confusion. Nous évitons d’être vu de près par des mortels bien que nous laissons quelques uns nous observer, nous admirer. Lestat s’était pas changé et portait toujours son peignoir anglais en soie sombre mais il était comme un prince dans cet appartement minable. Il se dirigea vers la petite chambre. Il rendait ses pas légers et ne faisait presque aucun bruit.
La chère Mrs Matthew le suivait. Elle s’arrêta dans le couloir. Elle fit signe à Lestat de s’arrêter. Elle avait les traits ravagés par la fatigue et l’anxiété. Perdre son enfant était réellement la pire chose qui puisse lui arriver. Elle avait ses yeux rétrécis par la douleur qui secouait tout son corps et le ravageait plus sûrement que les années, du moins plus rapidement. Elle paraissait faible avec son regard empli de tristesse et ses vêtements qui n’était plus très neufs. Je savais qu’elle avait un époux qui voyageait beaucoup. Mais j’ignorais qu’ils étaient pauvres. Ou était-ce les soins et les visites du médecin qui avait ruiné la petite famille. La mère au regard suppliant força Lestat à la regarder droit dans les yeux comme aime qu’on les regarde les honnêtes femmes.
Mrs Matthew : « Je vous en supplie sieur Lestat, sauvez mon enfant ! Je vous offrirais mes services en tant que femme de chambre ou mes biens mais par pitié sauvez-le. »
Lestat prit les mains de la mère désespérée. Savait-elle dans quoi elle s’engageait ? Non comment aurait-elle pu, pauvre femme. Lestat avait l’air si compatissant. Elle se remettait à lui et lui confiait la vie de l’être auquel elle tenait le plus. Ses yeux noirs trahissaient sa peur. Mais elle paraissait reprendre quelques couleurs à l’idée que le sieur Lestat pourrait sauver son fils. Lestat hocha la tête gravement et entra dans la chambre. Il referma la porte derrière lui ne laissant aucun témoin du geste qu’il allait commettre. Mon cruel père.
Lorsque la porte fut rouverte, Lestat affichait un air désespéré, ses traits étaient tristes et semblaient pleurer l’enfant mort dans la petite chambre lugubre aux murs sales. Il avait cependant le teint coloré et sa peau n’était plus froide. Il s’était nourrir du pauvre enfant malade s’étant assuré qu’il ne risquait pas de se rendre lui-même malade avec le sang peut-être contaminé. Mais il n’en était rien. Le sang diabolique avait fait son effet sur le sang malade, l’ayant purgé. Ce même sang diabolique aurait pu soigner l’enfant aussi sûrement qu’il l’avait tué. Mon abominable père avait tué l’enfant malade et comptait faire de même avec la mère.
Il s’approcha d’elle avec des gestes lents et gauches trahissant un profond sentiment de regret et de tristesse. La pauvre femme devina que son enfant était mort et se précipita en hurlant vers la chambre de son fils. Lestat la retint. Il avait l’air d’un brave homme qui voulait empêcher une mère de voir son fils mort, quel noble cœur. Désolé de laisser l’ironie l’emporter dans mes propos. Il fut donc là pour elle la prenant dans ses bras comme l’homme le plus attentionné. Mais elle le roua de coup. En tant que vampire il pouvait subir les asseaux de n’importe quel mortel sans broncher, mais il voulait passer pour un homme et mima un homme levant les bras pour protéger son visage.
Mrs Matthew : « Non ! Il ne peut pas être mort ! Vous m’entendez, il n’est pas mort ! »
Lestat : « Madame, je suis désolé de vous annoncez cela, mais il l’est. Assurément son pauvre petit cœur ne bat plus. Je suis tellement navré. J’aurais aimé le sauver mais il était perdu. »
En effet il l’était dès que ce monstre qui est mon père eut entendu les suppliques de sa pauvre mère qui sans le savoir l’avait amené à sa perte. Elle leva ses yeux pleins de larmes vers le visage du meurtrier de son fils mais elle ne pouvait le savoir. Elle eut l’air d’observer Lestat droit dans les yeux durant des heures. Peut-être y lisait-elle ce qu’il lui avait raconté. Mais Lestat est un bon menteur.
Mrs Matthew : « Ce sont vos médicaments qui l’ont tué. »
Elle parlait en général loin de s’imaginer à quel point elle avait raison, le meurtrier de son cher enfant se tenait devant elle. Elle accusait les médicaments comme on accuse le vent d’un naufrage. Elle leva les yeux au ciel, les larmes coulèrent sur ses joues. Son visage était creux, la faim probablement ou la fatigue. Elle avait dû veiller sur son fils malade jour et nuit. Elle sortit un vieux mouchoir en coton sale dans lequel elle comptait se moucher et essuyer ses larmes. Lestat, généreux, offrit son mouchoir en soie. Elle ouvrit grand ses yeux. Un mouchoir en soie, pensez donc !
Lestat : « Allez-y sécher vos larmes mon enfant. Il vous faut pleurer. Je puis vous assurer que votre fils était condamné. Dieu avait scellé son destin. Vous savez comme il est. Il donne la vie et la reprend quand bon lui semble. »
La pauvre femme gémit. Parler de dieu ainsi n’était pas de son goût, nous avons beau être au XVIIIe siècle, nombreux sont les pauvres gens encore croyant. Elle se moucha dans la soie. Un privilège. Mais qu’est-ce comme privilège pour une mère qui venait de perdre son fils et qui n’allait pas tarder à perdre à son tour la vie ? Elle se pencha en avant. Lestat qui avait les bras légèrement ouverts se vit recevoir la mère éplorée sur son épaule. Elle pleurait toutes les larmes de son corps sur l’épaule du meurtrier de son fils. Lestat ferma ses bras sur elle. Il la bloqua rapidement empêchant tout mouvement de la mère. Sans en avoir conscience elle était prisonnière des bras puissants de Lestat. Il enfonça sa tête dans le cou de la mère. Elle gémit légèrement lorsqu’il enfonça ses crocs dans son cou. Elle s’accrocha à son épaule serrant des dents. Comment résister au plaisir qui vous envahi en ces moments ? Je ne me rappèle pas du baiser d’immortel que mes parents ont dû forcément me donner. J’étais bien trop jeune à l’époque pour m’en souvenir. Mais Louis m’a assuré que les mortels ressentent le même plaisir que nous connaissons. La mère se lova contre Lestat qui l’acheva.
Lestat déposa le corps vidé de vie sur un siège, il fit disparaître les deux petites plaies par deux gouttes de son sang. Il avait un mince sourire aux lèvres en achevant sa sombre tâche. Il avait tué une malheureuse famille sans aucune raison. Je savais qu’il se nourrissait plus qu’il ne lui fallait par jour. Il était un monstre de cruauté. Un jour il m’avait dit ‘Claudia, quitte à être des démons, autant être les meilleurs démons que la terre ai fait. Je veux que le diable prenne peur devant ma cruauté et la monstruosité dont je suis capable tout ayant conservé mon âme.’ C’était ça le plus terrifiant, il avait son âme et une conscience. Je me suis souvent demander ce qu’il avait fait de sa conscience.
Lestat : « Dieu ai vos âme. »
Il rit. Un rire profond et irrésistible. Je rêvais debout. Lestat avait un fou rire après avoir massacré une bonne famille chrétienne qui plus ai. Je me tenais derrière la porte entre-ouverte et malheureusement j’avais tout vu. Je ne bougeais pas d’un millimètre ce qui était plutôt facile pour un vampire. Mon regard était imprégné de colère froide et de dégoût. Lestat continuait à rire avec sa voix partant des les aigus un bruit insupportable pour toute oreille humaine. Je refermais la porte doucement sur cette triste vision. Il me semblait que j’avais dans la bouche le goût affreux du sang de ces gens là. J’étais restée derrière la porte, impassible, sans faire le moindre geste pour la sauver alors que je savais parfaitement ce qu’il allait faire. Je me sentais horriblement lâche.

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Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:38

Je me trouvais dans la cage d’escalier. L’air me manquait. J’avais du mal à contenir le stress que je ressentais à ce moment exact. Ce n’était pas tant que je n’ai jamais vu Lestat tué ou se montrer aussi cruel, aussi monstrueux mais que c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Il était simple de voir que Lestat était un monstre après une telle démonstration de sa cruauté. Mais il n’y avait que moi comme témoin. Je me sentais à des lieux de mon Lestat tendre qui m’apprenait comment tuer, comment être un vrai vampire…
Nous étions alors dans une vaste forêt. La Nouvelle-Orléans était loin de nous alors. Je n’étais pas un vieux vampire, non. J’avais été fait depuis peu. C’est un des rares souvenirs de cette période. La forêt était emplie de parfums rares et mon nouvel odora m’en transmettait toutes les nuances, avivant en moi une soif de ces différentes odeurs nouvelles et envoûtantes. J’eus cru un instant aux fées des forêts, à ses elfes, à ses farfadets et korrigans. Tous ces êtres mythiques qui avaient accompagné mon enfance le soir venu. J’étais satisfaite par ce voyage et étais loin d’imaginer son véritable but, comme on dit, les enfants sont bien innocents. J’étais alors ce que mon apparence laissait apercevoir, une enfant vampire. Mon humanité était collée à ma peau comme une vieille carapace qui ne voulait pas s’en aller. Mais Lestat m’avait assuré que c’était normal. ‘Ton humanité va mettre un certain temps à s’en aller. Il te faudra t’en débarrasser, entièrement. Car au contact de ta vraie nature, elle pourrait te blesser comme elle a blessé Louis.’
Elle l’avait regardé avec une lueur d’interrogation dans les yeux. ‘Explique-moi.’ Les enfants posent toujours des questions simples. Malheureusement ils attendent toujours des réponses simples. Or les adultes ne peuvent leur offrir de réponses simples même si c’était possible, ils ont toujours le sentiment que la réponse simple prive les enfants de ce qu’une réponse compliquée pourrait leur apporter. Ils ne se soucient qu’ensuite de ce que les enfants peuvent comprendre. Il n’y a aucun mal à faire des réponses simples, c’est toujours mieux que tenter de simplifier une réponse compliquée. Mais Lestat n’était pas un adulte normal. Soit il s’était dressé contre la normalité sous toutes ses formes, soit il était un homme extrêmement simple, en fait je pencherais pour la deuxième proposition.
‘Il a contrarié sa nature et il a dû se nourrir de rats.’ Mais le problème avec les réponses trop simple c’est qu’elles oublient des détails et souvent pas les moindres. Lestat n’aime pas raconter sa vie et encore moins celle des autres. Il est un homme simple, sa simplicité est parfois un peu complexe à comprendre mais dans l’ensemble il agit dans sa nature –simplement. Il n’y a pas grand chose à espérer de lui, pas d’explication profonde de la vie ou de ses actes. Il en ignore la signification ou s’en moque. Mais avec un cerveau de vampire j’avais compris l’essentiel. Louis n’avait pas accepté sa nature de vampire car il avait gardé son humanité ce qui l’avait amené pour ne pas tuer des humains à se contenter de rats. Quelle horrible extrémité ! Je pus le constater par la suite que Louis considérait son humanité comme précieuse.
Cette nuit là dans la forêt il n’était pas question de Louis mais de moi. Lestat savait que je pouvais me nourrir goulûment et discrètement mais il voulait m’apprendre à chasser au grand air comme il disait. Il m’avait habillé comme une enfant de classe moyenne lui-même étant vêtu pauvrement ce qui était relativement rare. Nous marchions à travers la forêt épaisse. J’étais heureuse d’avoir des bottes aux pieds. Nous atteignîmes la cabane du bûcheron et de ses filles. Lestat avait sa main posé sur mon épaule.
Lestat : « Ma chérie, cet homme est un tueur d’ours. Il est fort comme un bœuf alors méfie toi. D’accord ? »
J’avais hoché de la tête avec un immense sourire. Mon ventre était broyé par l’excitation mais à vrai dire ce n’était guère douloureux. Il faut dire qu’étant un vampire je n’utilisais plus tout le système digestif, en résumé, sans entrer dans les détails, les souffrances corporelles qui sont le lot de tout homme ne me concernait plus –pas que je sois une femme et qui plus est un enfant. Je dois vous avouer que tuer est non seulement une source de plaisir par le sang mais aussi une activité sportive pour tout vampire qui se respecte. Chasser l’humain demande pour ceux qui savent choisir leur proie et qui ont le goût de la chasse, de la patience, de l’intelligence et de la violence. Un cocktail détonnant dont Lestat raffolait –dois-je préciser qu’il me l’a transmit ?
Claudia : « Son sang doit en être d’autant plus doux et capiteux, non ? Hum, comment allons nous nous y prendre ? »
Lestat me fixait à l’époque avec un regard paternel plein d’amour et de bonnes intentions. Il se montrait toujours très doux avec moi et patient. Bien sûr ce n’était rien comparé à Louis, on aurait dit que j’étais faite de verre, si fragile que j’eus besoin d’une grande protection. Louis ne me laissait pas souvent seule, il avait l’air de craindre quelque chose mais les années passant il perdit ce goût pour la protection sans cesse. Je ne peux pas dire que je regrette, avoir plus de liberté n’est pas sans plaisir, mais j’ai l’impression qu’il s’éloigne de moi de jour en jour aujourd’hui. Lestat me sourit.
Lestat : « Ma fière chasseuse ! Si tu savais comme j’admire ta façon de réfléchir. Je suis heureux que tu sois ma fille. Mais passons aux choses sérieuses. »
Lestat ne s’attardait jamais sur les compliments ou les mots doux à l’époque, aujourd’hui il ne m’en adresse aucun. Les platitudes ont remplacé tout cela. La froideur est devenue la seule chose qui nous lie. Nous sommes des damnés contrains de vivre ensemble. Quelle tristesse !
Lestat : « Nous allons commencer par une petite diversion. »
Claudia : « Je serais la diversion ? »
Lestat : « Oui ma chérie. Tu frappe à la porte et demande à manger. Pendant ce temps je passe par le toit, tue les fillettes. Pour le tueur d’ours on s’y prend à deux, ok ? »
Je hochais la tête silencieusement. Un sourire avide s’afficha sur mes lèvres. La chasse à l’homme n’était pas seulement un sport ou un amusement pour moi. Lestat m’avait appris que c’était une des choses primordiales pour un vampire. Si plus rien ne nous amuse, il nous reste la chasse. Nous sommes des chasseurs sans nom et sans visage, blanc comme des fantômes impalpables et aussi mystérieux que la mort. Lestat prit un peu de terre et m’en frotta le visage. Je faisais la grimace essayant de ne pas rire. Quand il eut finit, il se redressa contemplant le résultat.
Lestat : « Tu es la plus jolie fille pauvre qu’il m’ait été donné de voir. »
Je souriais. Il aimait me faire des compliments à l’époque. Il se sentait fier de moi et j’appréciais qu’il le soit. Il me fit un petit signe de la main avant de disparaître dans la nuit. Je m’approchais de la maison avec une peur au ventre. J’étais une enfant physiquement et mes pouvoirs surnaturels étaient moins développés. Je prenais à chasser du gros gibier plus de risque. Lestat insistait toujours pour que je ne sorte jamais seule. Mais en fait, il n’avait pas besoin de le faire, Louis me surveillait toujours. Je sentis en y pensant son parfum. Je secouais la tête, je me faisais des idées, Louis n’était pas ici.
Je frappais à la porte ayant prit ma respiration. Je sais que je suis un vampire, je n’ai aucun besoin de reprendre ma respiration comme le ferait un mortel mais c’est une vieille habitude. Je guettais les gestes du tueur d’ours. Il ouvrit la porte. Ce qui me frappa en premier c’était sa barbe grisonnante. Elle était énorme, on aurait dit le père Noël. Il était habillé simplement, une vieille chemise sale, un tablier en cuir, un pantalon de toile couvert de plaque de terre. Il portait une paire de botte immense. Je crois que j’eus un mouvement de recul. Il avait les sourcils broussailleux et il était difficile de voir ses yeux.
Tueur d’ours : « Que faites-vous là ? Vous devez êtes bien innocente pour vous aventurer jusqu’ici. »
Claudia : « Ma famille… on a faim. Mon père a dû aller travailler au nord. On ne le voit plus. On meurt de faim dans la vallée. »
Tueur d’ours : « C’est pas mon problème. Les gens de la vallée sont tous pareils. Ils croient qu’ils sont mieux que moi, tu sais ce qu’ils m’ont dit ? ‘Nous ne voulons pas d’assassin chez nous’ Quelle bande de lâche ! Ils sont incapables d’assumer leur besoin et ils croient que je vais tout oublier parce qu’ils ont besoin de moi ? »
La colère et la rancœur se voyaient dans le fond de ses yeux. Il avait subit beaucoup de chose dans sa vie, son visage le montrait. Il avait l’air ravagé et cependant c’était un homme fort qui avait subit sans broncher les obstacles qu’on lui avait posés sur sa route. Il était difficile de ne pas s’apitoyé sur son sort. Mais je n’avais pas vraiment la tête à ça. J’entendis les bruits de deux corps tombant sur le sol. Les fillettes étaient mortes. Il fallait continuer à distraire le tueur d’ours.
Claudia : « Mais monsieur, vous ne pouvez pas nous laisser mourir de faim ! »
Il y eut quelque chose dans les yeux de l’homme… Lestat apparut derrière lui, ses cheveux blonds ondoyant. Il brisa la nuque d’un seul coup. Je levais vers lui mes yeux admiratifs. J’étais encore à l’époque naïve. Lestat brisa les jambes du tueur et l’abaissa à ma taille. Je bus goulûment le sang. Mais Lestat ne me laissa pas le prendre entièrement. Il m’avait réservé une surprise.
En montant, je pus constater qu’il n’en avait tué qu’une. Le corps sans vie d’une fillette de 12ans recroquevillée sur elle-même. Elle était exsangue. Je vis alors l’autre. Elle était assise contre le lit, les genoux repliés. Elle pleurait sans doute effrayée par la mort de sa sœur. Elle serait contre elle un nounours. Elle avait de grands yeux noirs qu’elle leva vers moi. Elle était touchante dans sa peur. Elle croyait que je venais l’aider. Si elle savait… Je m’approchais d’elle et tendis la main vers elle. Je lui murmurais des paroles douces et rassurantes. Elle se leva avec des gestes maladroits. Elle réussit à me rejoindre au prix d’immenses et douloureux efforts. Elle s’effondra dans mes bras. Je nichais ma tête dans le creux de sa nuque et bus doucement son sang.
Soudain le visage de Louis apparut à la fenêtre. Un visage lisse et blanc, terrifiant. Je lâchais ma victime et reculais sous l’effet de la surprise. Je dus marcher sur le corps inerte de la fillette pour rejoindre la fenêtre que j’ouvris. Louis n’était plus là mais je savais qu’il m’avait vu tuer. J’avais lu sur son visage une profonde déception. Je savais qu’à présent il m’en voudrait. Ou simplement ne serait plus aussi doux avec moi. Lestat me rejoignit et je fis comme si je n’avais pas vu Louis.

C’était il y a très longtemps, du moins c’est ce dont j’ai l’impression aujourd’hui. Lestat n’a plus jamais été si doux et si compréhensif après cette nuit là. Je crois que lui et Louis ont eu une discussion. C’était tout à fait normal qu’ils en aient une. Mais ils ne me dirent rien. Je me sentais oppressée dans cette cage d’escalier repensant à un passé révolu. Je gagnais notre appartement au pas de course. Je ne savais pourquoi mais la simple pensée voir arriver Lestat dans cette petite cage d’escalier me terrorisait.
Je m’étais assise dans un fauteuil couvert de velours rouge dans la chambre de Lestat. Je l’entendis ouvrir la porte de notre appartement, dire quelques mots à Louis qui ne lui répondit pas mais dont je supposais qu’il avait fait un petit signe de la main. Puis il marcha dans le couloir pour gagner sa chambre. La poignée blanche tourna. Il entra d’un pas nonchalant. Il posa sa veste sur son lit avant de réaliser que j’étais là. Il n’avait pas l’air surpris outre mesure. Il vint près de moi et s’assit sur une chaise assez proche. Il avait les joues roses du sang qu’il avait bu.
Lestat : « Si tu en voulais, il fallait sortir de ta cachette et me demander. »
Il avait ce ton agaçant. Il voulait se montrer cassant et au-dessus de moi alors qu’il savait qu’il avait commis une erreur. J’avais vu en lui un monstre aujourd’hui. Nos rapports n’étaient déjà pas au beau fixe mais à présent il semblait qu’un fossé gigantesque c’était creusé entre nous.
Claudia : « Non je n’ai pas l’habitude de me nourrir de pauvres gens malheureux. »
Lestat : « Bien sûr, c’est vrai que tu es une humaniste, hein ? »
Claudia : « Pourquoi pas ? Je ne tue que pour me nourrir pas pour le plaisir de torturer. Je savais déjà que tu étais fou mais j’ignorais à quel point. »
La colère bouillonnait en moi. Il se montrait si désinvolte ! Il faisait cela uniquement pour l’énerver ou c’était pire que ça ? Je croyais le connaître mais chaque jour nous nous enfoncions dans l’horreur et dans un gouffre sans fond d’indifférence et de haine. Il était si facile de lui en vouloir pour ce qui ne marchait pas, ce qui me taraudait depuis quelque temps, ma condition de vampire. J’avais tant de reproche à lui faire et il était si peu à mon écoute.
Lestat : « Comme c’est drôle, moi qui pensais qu’on était des vampires. Mais tu as sûrement raison, tuer les gens c’est pas bien. Je devrais arrêter, ça me ferait un bon petit régime.
Claudia : « C’est facile de se moquer de moi, après tout je ne suis qu’une enfant. Qui écoute les enfants lorsqu’ils parlent ? »
Il grogna ou du moins c’est ce que je crus. Si je pouvais entendre les pensées des mortels Lestat était pour moi silencieux. Il était un paradoxe. Dans ses actes et dans ses paroles il paraissait si simple à comprendre, mais lorsqu’on croyait en avoir fait le tour, on se trouvait pris au dépourvu par sa simplicité. Il ne réfléchissait jamais avant d’agir, il se lançait tout simplement dans ses actions sans raisonner comme Louis pourrait le faire. Il était si différent de Louis et de moi.
Lestat : « Tu voulais aller chasser ? Et bien nous allons aller chasser. »

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Re: Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:39

Lestat était parti devant. Il avait pris soin de se changer en un rien de temps. Il ressemblait à un gentleman. Mais après ce qui s’était passé dans l’appartement des Matthew il m’était difficile de croire en l’illusion qu’il s’efforçait de créer. Il ne m’avait pas adressé une parole depuis que nous avions quitté notre appartement. Plus je le regardais plus j’avais de mal à croire qu’il était le même Lestat que celui qui m’avait tout appris. Je prenais conscience qu’il avait perdu de son charme à mes yeux. Il n’avait peut-être pas tant changé que je me le supposais, j’avais changé moi aussi, beaucoup changé. Je ne pouvais pas le nier. J’avais grandi comme l’aurait fait un enfant mortel.
Lestat marchait d’un pas lent. La pluie commença à tomber. Mon pas ralentit au point de se coller au rythme de Lestat qui était celui des êtres humains. J’avais remarqué que Lestat aimait beaucoup passer pour un humain. Il se rapportait toujours à eux comme si malgré tout il les admirait ou simplement les respectait. C’était curieux de la part d’un tel monstre de cruauté. J’avais du mal à cerner Lestat et ça n’a pas changé. Il est un personnage immuable mais si pittoresque ! Dois-je te parler de l’environnement qui nous entourait alors ou insister sur mes pensées sombres ? Lestat préoccupait mon esprit. Non seulement parce qu’il avait tué devant moi une innocente famille mais aussi parce qu’il était avec moi cette nuit là alors que la pluie tombait autour de nous rendant mes cheveux plus raides.
L’odeur des plantes était à son comble avec la pluie. J’adorais les odeurs de la Nouvelle-Orléans, quoi qu’on en dise, cette ville est merveilleuse à tout point de vue. Entre les immeubles riches en architecture baroque, les passants métisse ou français, le climat propice à révéler toute la richesse de fleur et de plante, sans parler des légendes de la ville. Louis n’avait pas toujours vécu ici. Il m’avait raconté comment il vivait dans son domaine de la pointe du lac. Un joli endroit maintenant hanté. Lorsqu’il m’avait dit ça, j’avais répliqué avec humour que nous hantions à présent la Nouvelle-Orléans. Il n’avait pas rigolé.
Lestat s’arrêta à l’affût. Comme presque toujours, Lestat aime diriger la chasse. Ses proies préférées sont les criminels, ceux qui comme lui se prennent pour l’ange de la mort. Il sent qu’il a quelque chose en commun avec eux et ils ne pèsent pas sur sa conscience. Il aimait aussi s’attaquer aux nobles. Je dois dire qu’il se montrait assez snob surtout lorsqu’il chassait dans les soirées. Louis m’avait dit que Lestat se vengeait. Mais je crois qu’il a besoin de se sentir utile. En tuant les assassins et criminels il est un justicier, en tuant les nobles il s’aligne sur les principes d’égalité de la révolution française.
La proie que Lestat avait repérée était une jeune femme, 16ans tout au plus, fine, les longs cheveux roux ondoyant. Je ne pus m’empêcher ‘être du malin’ tant ses yeux rouges paraissaient diaboliques. Elle avait aussi le teint laiteux comme nous, vampires, l’avons. Je m’approchais de Lestat qui restait silencieux observant la beauté naturelle de la jeune femme. Je comprenais son choix, la jeune femme semblait représenter l’innocence, la jeunesse et la beauté. Et cependant elle sentait le diable, la sorcellerie. Je ne pouvais détacher mes yeux de ses pupilles rouges comme le sang que je bois chaque nuit. Elle se tourna lentement vers nous comme si son instinct l’avait averti de notre présence. Je me méfiais d’elle. Elle n’avait pas l’air si innocente que ça.
Je plongeais dans son esprit, vieille habitude. Il y avait un poids de la haine et du passé. Elle avait été trahie. Elle avait cru en quelque chose et l’avait perdu. Je sentais un trouble en elle. Elle était à la fois terrorisée et résolue. Elle avait soif de vengeance, elle voulait tuer… Je comprenais pourquoi Lestat l’avait choisit. Une future criminelle, pleine de résolutions. Elle leva ses yeux pleins de haine vers moi. Une moue se fit sur son visage. Je ne su pourquoi mais Lestat me saisit le bras et me tira en arrière. Il me fit signe de ne rien faire et de me taire. Il la fixait avec un air étrange. Il restait silencieux comme paralysé par la jeune femme.
Elle secoua sa chevelure ondulante. Elle jaillit vers moi comme une sirène me prenant les poignets et me les serrant. Si j’avais été humaine, elle me les aurait brisés ! Son visage était si proche du mien que j’entendais sa respiration. Je vis alors que ses yeux n’étaient pas rouges mais qu’ils brillaient d’une lumière rouge, une lumière démoniaque, une lueur de haine. Elle semblait aussi forte qu’un vampire, du moins elle n’avait rien d’humain si ce net sa vie. J’entendais ses pensées et parmi elles une me frappa. Meurs petite vampire. Je dus lever les yeux au ciel, car elle grimaça. Je la repoussais sans aucun mal. Lestat s’approcha de moi. Il fixait avec appréhension la mortelle.
Elle avait perdu l’équilibre lorsque je l’avais repoussé. Elle se releva l’air mauvais. Elle me fixait bouillonnante de rage. Mais en fait son regard était sans cesse attiré par Lestat. Certes mon père maudit avait un charme certain et en usait bien plus qu’il n’aurait dû. Mais je doutais que ce soit simplement une question de charme. Elle le fixait avec colère, haine et… amour.
La mortelle : « C’est curieux de te retrouver là. »
Lestat : « Claudia, s’il te plait, rentre à la maison. Ne te retourne pas. »
Il me donnait un ordre, un ordre qu’il ne voulait pas que je discute. Lorsque je me tournais vers lui je lus en lui de l’amour envers moi. C’est peut-être pour ça que j’ai fait demi-tour. Je sentais mes pas lourds, l’émotion et la douleur. Je me doutais de ce qui allait se passer sans même savoir de quoi il en retournait. Je sentais des larmes pointées dans mes yeux. La mortelle en voulait à Lestat. Même si elle avait de bonne raison de lui en vouloir, je ne pouvais m’empêcher d’avoir peur pour Lestat. C’est peut-être pour ça qu’au lieu de lui obéir, je disparaissais dans l’ombre et y restais cachée.

***


Dans l’appartement de ma famille vampirique de la rue royale, Louis referma son livre. La musique qu’il avait mis lorsque j’avais quitter l’appartement c’était arrêtée depuis un bon moment. Il se leva lentement reposant son livre sur l’étagère. Il en caressa la couverture. Il ferma les yeux respirant l’air enfermé de notre appartement. Il aimait l’odeur de renfermé. Il laissait Lestat acheter de l’encens ou des parfums d’intérieur à brûler mais c’était lui qui les installait toujours avec une minutie étonnante. Il nous avait entendu sortir ensemble, Lestat et moi. Il avait compris que Lestat aimait chasser avec moi, et que j’étais en admiration devant ses techniques de chasses. Cela lui permettait de rester tranquillement au chaud. Il n’aimait pas m’accompagner à la chasse. Et je ne l’avais jamais vu chasser. Il alla chercher le disque sur le vieux gramophone. Il ne savait pas jouer du piano. Son éducation n’avait jamais été tournée vers l’art et il n’en avait pas ressenti le besoin une fois vampire. Lestat en jouait assez bien pour deux. Et je ne me débrouillais pas si mal moi non plus.
Il referma la porte de notre appartement derrière lui. Malgré tout le calme que montrait son visage il se demandait pourquoi j’avais traité Lestat de monstre. Je me disputais que rarement. Et il savait que c’était lorsque j’avais une bonne raison de le faire. Il avait prit ses gants noirs à la main plus par habitude que pour avoir l’air d’un gentleman. Louis était le dernier à se soucier de son apparence. Il aimait au contraire ressembler le moins possible à un humain. Peut-être se disait-il qu’ainsi il effraierait tout les mortels. Louis dépassait ma compréhension dans bien des domaines. Il était si peu ressemblant à un vampire. Il avait tellement besoin de raisonner, de se poser des questions sur tout et rien. Il semblait incapable de faire ce que faisait sans cesse Lestat, c’est à dire agir sans réfléchir.
Le couloir était sombre mais même le pire vampire du monde peut voir dans la plus ténébreuse obscurité. Les vampires ont la capacité de voir comme en plein jour lorsqu’il règne une totale obscurité. Je ne me souviens guère de mon humanité car j’étais trop petite lorsque j’étais humaine mais je sais que mes victimes sont aveugles la nuit lorsque je les traque alors que moi je les vois clairement. Que les brebis égarées viennent à moi… Il grimpa l’escalier assez réduit. Il était conduit par son instinct ou peut-être nous avait-il entendu monter. Il arriva devant la porte des Matthew. Il leva la main pour frapper lorsque la porte s’ouvrir dans un horrible grincement. Il haussa un sourcil. Il tira un cordon et la lumière s’étala sur les murs du sordide petit appartement des Matthew.
La première chose qu’il vit fut le corps disloqué de Mrs Matthew. La pauvre avait le teint gris, les veines bleues ressortaient. Elle était exsangue. Totalement vidée de son sang. Son corps paraissait brisé. Il s’approcha d’elle sentant son doux parfum de muscade. Il lui ferma les yeux y déposant deux pièces. Il versa une larme sur le pauvre corps. Il aurait voulu qu’elle meure dans un autre lieu moins sordide. Elle avait l’air de sortir de l’un de ses livres qu’il lisait. Il passa le minuscule couloir. Il trouva la chambre grise et terne de l’enfant malade. Il se rappela les paroles de la pauvre femme ‘Voyez-vous mon fils est tombé malade et sa maladie a empiré. Je suis dans la pire des situations’. Il détourna son regard du pauvre corps. Il s’en approcha pourtant avec le peu de courage qui lui restait. Il fit de même qu’avec le corps de la femme. Il avait pitié de ce jeune garçon. Si seulement il avait vu un médecin au lieu de voir Lestat !
Louis sortit de l’appartement avec l’impression qu’il allait vomir ses entrailles. Il sentait que son teint était devenu gris. Il passa rapidement devant les appartements voisins. Il revoyait le visage souriant de Lestat lorsqu’il répondait à Mrs Matthew ‘Je ne puis vous reprocher quoi que ce soit, vous êtes une mère inquiète pour son enfant’ alors que la pauvre femme croyait sincèrement qu’il était un médecin et qu’il allait l’aider. Quelle ironie ! C’était lui-même qui avait tué son fils et qui pour éliminer tout témoin l’avait ensuite tué ou peut-être simplement pour le plaisir sadique de tuer. Louis comprenait qu’il avait été un lâche de ne pas avoir essayer d’empêcher Lestat d’agir. Toute sa vie de vampire il avait été son esclave. Oh oui, son esclave ! Il fallait que ça cesse. Il n’y avait qu’une façon de mettre fin à cette torture que lui faisait subir Lestat…

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Re: Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:40

Les marais étaient dangereux en tout temps, mais la nuit ! Ils accueillaient toutes sortes de créatures. Louis sourit, il était la créature la plus effrayante des marais. Il était un immonde monstre qui se nourrissait du sang de toute créature sur terre. Il avait parcourut une petite trotte à pied. Il avait sentit l’air frais à plein poumon. A présent il s’enfonçait dans les marais à l’odeur nauséabonde. Curieusement il se sentait à sa place parmi ces créatures rejetées, obligées de se terrer là où on ne pouvait les voir. Il avançait d’un pas lent mais résolu. Il faisait attention à ne pas chuter. Il parvint sans encombre au manoir.
Il était magnifique, un peu en ruine mais décidément toujours aussi beau. Il avait admiré ce manoir lorsqu’il venait d’être construit. Il débarquait alors avec sa famille en Louisiane à la recherche d’une vie meilleure. Il avait arrêté son regard sur, son corps s’était tourné vers le manoir. Il s’était demandé qui y habitait, la raison lui soufflait que c’était impossible qu’on habite là tant les marais étaient dangereux. Une fois vampire il y avait été assez souvent dès que Lestat le laissait seul. Il en connaissait l’habitant –habitante. Elle était à l’image de son habitation, belle, sauvage ayant un peu vieillit comme tout ici.
Il entra. La porte ne grinça pas autant qu’il s’y était attendu. Finalement Mary utilisait de l’huile sur ses portes. L’entrée était toujours aussi impressionnante avec sa taille démesurée : son escalier géant il aurait pu être en pierre tant il était grand ; il y avait aussi le lustre qui était aussi grand qu’une table de salle à manger dans une maison ordinaire sans parler de tous les détails baroques qui devaient peser très lourds ; et lorsqu’on était entré, on pouvait voir que l’entrée était très grande, même immense avec ses lourds rideau de velours imposant sur les centaines de fenêtre sans parler des cinquantaines de portes qui s’étalaient devant ses yeux. Le sol lui-même était merveilleusement beau et impressionnant. Il avait toujours cru impossible de faire de la marqueterie sur un parquet. Il sourit lorsqu’il vit Mary descendre l’escalier poussiéreux.
Elle portait une longue robe noire, neutre et classe. Elle était toujours aussi belle, ne portant aucun maquillage qui aurait pu gâcher ou tromper sa beauté. Elle était maigre et son teint était blanc. Il eut peur un instant qu’elle soit malade et puis il s’était dit que c’était normal, elle vivait dans l’obscurité et ne s’était jamais beaucoup nourrit. Si elle était malade il l’aurait vu immédiatement comme peut le voir n’importe quel vampire. Il sourit. Elle était si belle ! Elle n’avait pas changé, toujours aussi charmante avec ses gestes pures, innocents, plein de grâce céleste. Elle se déplaçait lentement comme si elle mesurait ses gestes. Sa chevelure noire de jais était plus longue que la dernière fois qu’il l’avait vu. Elle avait de grands yeux bleus foncés troublant. Il la rejoignit au milieu de l’escalier. Elle l’accueillit chaleureusement avec des grands gestes. Il sentit son odeur parfaite et si douce. Il l’embrassa dans le cou alors qu’elle lui parlait de la toiture qu’elle avait dû refaire à cause de la tempête d’il y a trois ans.
Louis : « Mary je suis heureux de te revoir. »
Elle baissa ses paupières. Il était si troublé en sa présence. La jeune sorcière le savait. Peut-être même recherchait-elle à le charmer. Il devait avouer que si c’était le cas elle avait réussit. Il était complètement charmé. Il avait toujours admiré Mary et elle avait été si gentille avec lui. Elle avait été la seule humaine à ne pas le repousser. Il ne pouvait s’empêcher de penser à Babette qui avait eu si peur de lui. Mais Mary était différente. Elle était une sorcière et elle savait ce qu’il était avant même qu’il ne vienne la voir.
Mary : « Toujours un plaisir de te voir. Qu’est-ce qui t’amène mon ange ténébreux ? »
Il baissa les yeux à son tour. Il se sentait idiot de lui demander ça. Il allait lui demander de prendre des risques pour ses erreurs à lui. Mais s’il n’essayait pas aujourd’hui combien encore de pauvres malheureux allaient mourir juste pour le plaisir de Lestat ? Louis ne pouvait l’admettre. Il fallait qu’il agisse. Il n’avait pas le choix. Il aurait aimé l’avoir. Mary avait déjà tant fait pour lui. Elle n’était pas une Mayfair comme les autres.
Mary : « Ca tu peux le dire, les autres Mayfair ça fait une paye qu’ils évitent les vampires. Ils en ont si peur alors qu’ils laissent des esprits contrôler leur vie. »
Louis : « Les esprits ne sont pas aussi dangereux que nous, ils ne peuvent tuer. »
Mary : « Tu te trompes. Nous vous voyons venir de très loin. Vous avez une aura très spéciale, mon chou. Mais les esprits peuvent pousser n’importe qui au suicide, ils peuvent même prendre possession d’une sorcière. Je n’ai jamais aimé les esprits, on ne sait jamais sur quel pied danser avec eux. »
Louis : « Je te fais confiance, c’est toi la sorcière. »
Elle sourit. Elle avait le plus beau sourire qu’il n’ait jamais vu sur les lèvres d’une femme. Il devait avouer qu’il voyait rarement une femme sourire devant lui. Claudia ne comptait pas, elle était sa fille et elle était un vampire. Il adorait Mary. Il se rappelait les longues discutions qu’ils avaient eut. Elle est si curieuse de tout. Avide de savoir mais aussi intéressante comme femme. Il prit sa main alors qu’elle montait l’escalier.
Mary : « Je t’écoute Louis. Dis moi ce pourquoi tu es venu. »
Louis rit intérieurement. Mary était si étonnante. Il aurait dû le savoir. Pourtant à chaque fois il se faisait avoir, elle lisait ses pensées sans aucune retenue. Il savait que Lestat et Claudia parvenaient à le faire chez les mortels, mais Mary n’était pas une vampire. Elle lui avait déjà dit que ce don était présent chez les mortels aussi, peu certes. Elle lui avait tant appris sur sa nature et l’avait aidé à l’accepter mieux que Lestat n’avait jamais réussit. Lestat n’avait jamais été un bon professeur. Ah Lestat !
Louis : « Il s’agit d’une affaire délicate. »
Mary : « Voyons Louis, tu sais que je suis la meilleure sorcière au monde ! Aucune affaire ne me fait peur. D’accord ? »
Louis : « Désolé Mary mais c’est vraiment délicat. Mon créateur, Lestat, tu sais, je t’en avais longuement parlé… »
Mary : « Oui ce vampire complètement égocentrique. Ca ne s’arrange pas ? »
Louis : « A vrai dire depuis qu’il y a la petite, Lestat n’a changé mais pas assez à mon goût. Il continue les massacres sans raison, juste pour le plaisir. Si ça continue, on va nous soupçonner et j’adore trop cette ville pour me décider à la quitter. »
Mary : « Je comprends. »
Il aimait vraiment la Nouvelle-Orléans et même s’il désirait aller à Paris il ne voulait pas qu’on le chasse de cette ville. Et puis il y avait Claudia. Tout avait changé depuis qu’elle était entrée dans sa vie. Il ne pouvait plus penser seulement à lui mais aussi à elle. Comment vivrait-elle une chasse à l’homme ou plutôt au vampire ? Elle ne pourrait que très mal le vivre et il ne pourrait supporter qu’elle soit malheureuse à cause de Lestat. Son terrible créateur n’a jamais eut peur des mortels, grand bien lui fasse mais les mortels ne sont pas dupes.
Louis : « Je voudrais, si tu le peux, que ses envies meurtrières soient contrôlées. Il faut qu’il ne tue qu’au minimum de ses besoins. »
Mary : « Louis, ce que tu me demandes là… c’est… »
Il comprenait si elle ne pouvait pas le faire. Un sort agissant sur un vampire devait être plus dur qu’un simple sort sur mortel. Il savait qu’il lui demandait beaucoup. Il avait pensé qu’elle pourrait le faire. Il réalisait à présent son erreur. Comment avait-il pu se tromper à ce point ? Il aurait pu s’attirer la colère de Mary et ça c’était la dernière chose qu’il voulait.
Mary : « Tu n’as pas attiré ma colère sur toi. Louis, tu dois comprendre que c’est dangereux pour Lestat. Si je jette ce sort, je risque tout simplement de le tuer ! Il vaudrait mieux discuter avec lui, tu ne crois pas ? »
Louis : « Il ne m’écoutera pas. Je jetterais ce sort moi-même. S’il te plait Mary. »
Mary : « Je lis dans ton esprit que tu n’aurais aucune crainte et aucune douleur s’il venait à mourir. Es-tu sûr que ce n’est pas sa mort que tu désires ? »
Louis : « Non. Claudia a encore besoin de lui. Je ne suis pas assez un bon vampire pour elle. Je ne peux la défendre. Je suis incapable de m’occuper de moi-même, comment pourrais-je le faire pour elle ? »
Mary : « Tu te sous-estimes. Mais je ferais cette potion. Je crois que ce serait plus de sécurité si j’ajoutais une formule allant avec. Et j’aurais fait une potion pour ôter le sort dès demain. D’accord ? »
Louis : « Tu la garderas. Je serais capable de la jeter au feu. »
Elle sourit. Oh Louis, tu es si impulsif ! Cela lui était étrange d’entendre la voix de la sorcière dans sa tête. Il sourit à son tour. Elle avait toujours eu raison à propos de tout. Il savait qu’il pouvait lui faire confiance. Il hocha la tête. Elle sortit une marmite en riant. Elle considérait la magie avec malice et espièglerie. Une bien étrange sorcière que Mary Mayfair. C’était la seule qu’il connaissait de la grande et étrange famille Mayfair. Elle était la seule aussi qu’il aimait tendrement.

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Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:40

Lestat n’était pas dans son assiette. Même à moi il faisait pitié. Il avait l’air bouleversé et tourmenté. Mais peu importait la jeune mortelle qui le dévorait de haine des yeux. Elle se tenait sur ses escarpins, le regard volontaire. Lestat ressentait une peur terrassant qu’il n’avait pas connu depuis des années. Il essayait de contrôler la peur qui le saisissait et le faisait pâlir de terreur. Il avait du mal. Il fallait qu’il réfléchisse, non. Il fallait qu’il se rappèle qu’il était un vampire tout puissant et qu’une simple mortelle ne pouvait rien contre lui. Mais ce n’était pas si facile ! Et elle avait l’air si confiante d’elle-même, elle avait l’air d’avoir aucune difficulté à le fixer droit dans les yeux. Elle était si arrogante, si insolente, elle était ce qu’il était d’ordinaire !
Jeune mortelle : « Je me nomme Nicolas. »
Mais curieusement Lestat la crut sur parole. Il paraissait ravagé et désemparé. Je fut paniqué à l’idée qu’il s’effondre dans les bras tueurs de la jeune femme. Mais il n’en fit rien. Il retrouva rapidement son équilibre, sa force. Il paraissait cependant secoué, secoué comme jamais auparavant. J’étais partagé. Devais-je me montrer, me trahir face à cette jeune tueuse et faire tout foirer pour la proie? Ou rester cacher et profiter pour en savoir un peu plus sur les faiblesses de Lestat. Je dois avouer que ce qui me touchait le plus en lui était juste devant mes yeux. Sa faiblesse, sa sensibilité.
Lestat : -déstabilisé- « Nicolas! Ainsi donc te revoilà. Moi qui te croyais dans la lumière la plus aveuglante, la plus belle et la plus lumineuse qui soit! »
Les paroles de Lestat étaient résolument provocatrices et dures. Mais la jeune femme n’avait pas l’air le moins du monde surprise. Elle paraissait le connaître et se délecté de sa souffrance. Moi, dans l’ombre j’observais. Quel Nicolas Lestat connaissait-il? J’avais beau me creuser ma jolie tête je ne trouvais pas. Il n’y avait aucun Nicolas à ma connaissance mais je savais si peu de chose sur mon père. La mortelle était jolie comme un cœur, elle avait un visage d’ange et des yeux verts d’un teint si clair. Lestat allait pleurer, je le sentais. J’avais envie de le prendre dans mes bras, de le bercer comme s’il était un enfant et à mon cœur il en était un.
Nicolas : « Je te croyais loin Lestat mais tu vois, tu n’es jamais loin de moi. Oui j’ai cherché la lumière, une lumière plus forte, plus pure que la tienne. Mais tu vois Dieu ne veux pas de moi. »
Lestat la regarda comme si elle l’avait giflé. Bien que je n’eusse jamais vu cette jeune femme je sentais le lien qui l’unissait à Lestat. Mais ce qui était étrange c’est que la mortelle n’avait pas une âme de mortelle ordinaire. Elle avait une âme immortelle, puissante proche d’une âme de vampire. C’était étrange en effet. Je me sentais si prude, si innocente en lisant en son âme. Ce qui en me connaissant était un sentiment des plus étrange à mon égard. Lestat tourna la tête vers moi, je crus qu’il allait me voir, il avait les yeux si perçant mais je savais qu’il ne pouvait me détecter par le don de l’esprit. Je baissais la tête. Il tourna la tête vers la mortelle. Il portait une douleur dans son regard, une douleur insurmontable. Cette douleur m’effraya mais je ne pouvais me dégager de cette scène, il m’était totalement impossible de reculer, de bouger mes jambes, j’étais glacé dans une sourde terreur. Et elle, elle me sentait comme je la sentais.
Nicolas : « Alors tu reste silencieux? Je t’ai connu plus bavard, discourant sans fin, sur le bien, sur le mal, tu t’en souviens? Tu te croyais immortel et je suis sûr que tu le crois encore, n’est-ce pas? »
Lestat attrapa le bras de la jeune femme le tendant vers le ciel. De son autre main il saisit son cou. Il n’utilisait pas toute sa force mais il se montrait plus humain que toujours, son visage semblait exprimer tant de sentiment en même temps comme s’il était dépasser par les évènements. Mais il dévoilait à la mortelle qu’il était encore plus humain que jamais on n’aurait pu l’imaginer, que je n’aurais pu l’imaginer. La mortelle gémit sous son étreinte violente, violente pour elle dont le corps ne pourrait supporter la moindre pression des doigts agiles de Père. Elle semblait au comble de l’extase comme nous l’étions, nous les vampires lorsque nous nous nourrissons d’eux, les mortels. Sa fragilité me paraissait insultante comme si elle n’avait pas le droit d’en faire usage, non, elle en avait perdu le droit. Elle n’était plus du tout humaine. Elle avait une âme si… Elle n’avait rien, non vraiment rien d’humain.
Lestat : « Je t’aimais. Je t’aime encore Nicolas même si tu ne veux toujours pas de mon amour. Que pourrais-je dire ou faire pour que tu l’accepte ? Je ne t’ai jamais voulu de mal. T’aurais-je montré une quelconque…
Nicolas : « Arrête de mentir. Cela te va très mal, Lestat. »
Un silence effrayant s’imposa. J’aurais voulu le briser et rejoindre mon père. Qu’il paraissait fragile, seul exposé à ce monstre. Car s’en était un. Il avait un corps humain mais une âme inhumaine. Peut-être n’était-ce pas l’âme de cette jeune femme. Mais j’en doutais. Cela aurait été impossible. Je me posais trop de questions
Nicolas : « Tu sais Lestat je t’ai cherché. J’ai parcouru des kilomètres, tu t’es bien caché finalement. J’aurais dû deviner que tu te terrais là. Ca ressemble finalement à notre ville. »
Lestat relâcha son emprise. Il y avait dans ses yeux dépeint un malaise profond inhabituel en lui. Il était si expressif, mais expressif d’amour et de compassion. Il s’éloigna de Nicolas. Je n’aurais su dire s’il avait comme moi une envie folle de frapper le mortel ou simplement de s’en aller, de le laisser en vie. Mais Lestat savait les règles. Pas de mortel qui sache tout de nous en vie. Et puis il paraissait dangereux, assez dangereux pour que le plaisir de tuer soit pour une fois justifié. Lestat recula doucement, son visage trahissait à nouveau plus aucune expression. Il redevenait lui-même et cela me rassurait.
Lestat : -surpris- « Tu n’as rien à faire ici. Tu n’as pas le droit d’être ici, tu le sais très bien. Il existe des règles. Et ton acte aura plus de conséquences que tu ne le crois.
Nicolas : « Tu crois peut-être que je les ignore? Je sais la souffrance et la douleur parce que je les endure. On ne peut pas dire qu’il en va de même pour toi.
Lestat : « Tu ignore tout de moi. Tu crois toujours que tu es celui qui souffre le plus, celui qui plonge dans l’obscurité sans fin. Mais sais-tu seulement ce que j’ai enduré? La souffrance que tu as provoquée en moi? Je ne t’ai jamais, jamais oublié. »
L’âme du mortel fut troublée. Je dois avouer que je mourrais d’envie de me montrer à lui. Qui était-ce? Pourquoi Lestat ne nous avait rien dit de ce Nicolas? Il avait peur de lui et en même temps il l’aimait. On ne pouvait pas dire que l’inverse était vrai. Nicolas n’avait pas l’air de tenir tant que ça à Lestat, mais cependant il était difficile d’essayer de lire en son cœur. Il était difficile pour moi de discerner quoi que ce soit dans cette masse de sentiments mêlés. La seule chose que je pouvais dire c’est qu’elle était attirante et en même temps repoussante. Je me sentais attiré par tant de choses différentes en elle sans pouvoir dire pourquoi. Lestat était aussi troublé que moi, j’en étais persuadée.
Nicolas : « Tu es un menteur Lestat. L’enfant aussi le sait.
Lestat tiqua.
Lestat : « Quel enfant? Que crois-tu savoir?
Nicolas : « Voyons ne fais pas comme si elle n’existait pas. Cette belle enfant, tu lui as donné le sang à elle aussi. Comment as-t-elle réagi? Bien, je parie qu’elle se révoltera. Comme tous tes enfants elle t’abandonnera!
Lestat : -avec colère- « Tait-toi! Tu ne sais rien d’elle. Tu ne la connais pas. Elle m’aime et je l’aime. Il n’y a rien à redire. Tu étais une erreur, je n’ai pas choisit de te faire, j’y ai été contraint. Ne l’oublis pas.
Nicolas : « Oh oui, bien sûr. Mon cher sauveur, il faudrait que je te remercie en plus? Si tu ne l’avais pas fait, je n’en serais pas réduit à cela. Je ne serais pas ici, je serais avec Lui et tu le sais aussi bien que moi.
Lestat : -moqueur- « Ah, parce que maintenant tu es croyant?
Nicolas : « Tu ne l’es pas toi? Non j’aurais dû m’en douter. Toi et tes valeurs! Mais moi, moi je ne suis pas aussi fort que toi. Devant le spectacle de la vie je me suis mis à croire au seul être qui pourrait m’aimer tel que je suis, parce que je suis une de Ses créatures.
Lestat : « Tu me fais bien rire. Je t’ai aimé moi. Et tu m’as rejeté. Lui ne t’aime pas. Il n’existe pas. Comment le pourrait-Il? Il ne peut exister et laisser des créatures tel que moi sur terre. Je n’y crois pas. Ce serait faire insulte à Son génie.
Nicolas : « Au contraire. Il serait d’autant plus noble, de laisser de telles créatures en vie, les derniers vestiges du mal…
Lestat : -avec tristesse- « Tu parles comme Armand. »
La colère montait entre les deux personnages. Car ils m’apparaissaient à présent plus comme des personnages hauts en couleur. Mon Lestat aux yeux brillants de colère face à la mortelle aux joues rouges, pleines de fougue ne se préoccupant pas du fait qu’un tueur habile se tenait devant elle, un tueur qui allait la tuer, il ne pouvait pas en être autrement. Et cette pensée insistante qui s’insinuait en moi… « Tue la Lestat, tue-la!! » Je voulais en ce moment même le rejoindre et le couvrir de baisers plus tendre et passionné, l’aider à mettre fin aux jours de haine de cette femme car c’était la haine qui coulait en elle comme le sang démoniaque coulait en moi.
J’entendis un faible bruit. J’hésitais à me tourner pour voir ce que c’était. Ce qui se déroulait sous mes yeux était si instructif. J’en apprenais plus sur Lestat que je n’en avais jamais appris de toute ma vie de vampire maléfique ! Tous les mystères dont parle Nicolas… Il me semblait que je pourrais les comprendre si je parvenais à mettre la main sur ce Nicolas. Je compris soudain ce qu’était ce bruit lorsque je sentis une lame froide sur ma gorge. Je m’interdis tout mouvement. S’il me tranchait la gorge j’étais finie ! Je m’étais fait avoir par un simple voleur, c’était rageant ! Je sentais son souffle nerveux contre ma nuque, ses mains rugueuses sur mes épaules. Evidement j’étais vêtue comme une princesse. Je réfléchissais, n’avais-je pas un peu d’argent ? Si bien sûr. Mais si je les sortais ne risquait-il pas de prendre ce geste pour une tentative de lui échapper ? J’étais dans une bien mauvaise situation.
Voleur : « Petite fille riche, donne-moi ton argent ou tu ne seras plus de ce monde. »
Sa voix sonnait comme un chant. Je me sentais moite ce qui était la première fois que je ressentais cela. Je lui montrais ma petite bourse en velours vert accrochée à ma ceinture. D’un geste rapide mais maladroit il s’en empara. Il l’ouvrit et compta les pièces. Je n’en avais pas mis beaucoup car je ne dépensais guère. Il avait l’air mécontent. Il dut enlever le couteau de ma gorge pour examiner ma main dans l’intention de me voler mes bagues. Aussitôt j’agissais, je pivotais sur moi-même lui emprisonnant les deux bras comme j’avais vu faire Lestat. Le voleur gémit.
Claudia : « Tel est pris qui croyait prendre. Mais ne t’inquiète pas, tu mourras pour me nourrir. »
J’enfonçais mes crocs dans sa cher avant qu’il n’ait eu le temps de crier. Je ne voulais pas alarmer Lestat et qu’il comprenne que j’avais tout vu. J’absorbais tout le sang de ce pauvre corps. Sa vie n’avait pas été joyeuse et il ne m’avait offert aucune joyeuse vision. Je n’allais pas non plus plaindre celui qui voulait me tuer !

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Re: Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:42

Lestat regardait Nicolas plein de colère. Il ne pouvait s’empêcher de repenser au passé. Nicolas avait été un proche, il avait tout su de Lestat, il avait reçut son amour avant de se retourner vers lui. Il l’avait trahit, tout simplement ! Il n’y avait pas de pardon possible. Pourtant il n’avait pu s’empêcher de se sentir coupable à l’époque. Coupable pour la nature vampirique de Nicolas, coupable pour le fossé qui s’était creusé entre eux, incapable qu’il avait été de savoir les vrais sentiments de son ami à l’époque. C’était de sa faute à lui s’il s’était retourné contre lui. Oui, Nicolas n’avait pas eu le choix. Qu’en savait-il alors des sentiments qui animait Nicolas ? Comme à l’époque, Lestat se sentait idiot et perdu. Il était désarmé devant une avalanche de haine et de rancœur s’étant accumulées. Il était inutile qu’il dise qu’il regrettait. Il ne regrettait rien. Il avait toujours fait ce qui était le mieux.
Nicolas fixait mon Lestat avec sa haine farouche. J’entendais ses pensées mais elles étaient si troubles. J’avais du mal à garder mon calme. J’avais l’impression qu’il allait fondre sur Lestat et le détruire. Ma raison me hurlait que c’était impossible mais j’avais si peur. C’était tout simplement incontrôlable. Mes yeux étaient bloqués sur la silhouette de la mortelle. Etait-ce vraiment une femme ? Elle avait un peu de poitrine et de beaux cheveux, sa ligne était féminine mais ça pouvait parfaitement être un homme. Et puis il pensait comme un homme, il parlait comme s’il était un homme et il prétendait l’être. Qu’est-ce qu’importait ? C’était un monstre, un démon qui voulait m’enlever mon père démoniaque. Quelle ironie ! Mais j’aimais mon monstre, mon père. Je n’étais pas prête à le laisser à un monstre tel que Nicolas.
Lestat : « Pourquoi es-tu revenu ? »
Sa voix était si lasse. Il y pointait de l’amertume. J’étais plutôt étonné. Il ne l’avait pas encore déchiqueté, mordu, tué. Lestat n’était en général pas le dernier à se jeter sur un bon repas sur patte. Il était même le premier. Il était le plus monstrueux de nous trois, le plus cruel. Il aimait la chasse pour la chasse, le meurtre pour le meurtre. Peut-être que si un concours de meilleur vampire était organisé, Lestat gagnerait. Il avait dû décider que s’il avait raté sa vie humaine, au moins il réussirait sa vie non-humaine. C’était du moins ce que disait Louis. ‘Lestat veut se venger.’ Je l’avais regardé avec des yeux ronds. ‘Quoi ? Mais… Pourquoi voudrait-il se venger ? C’est idiot.’ Louis avait sourit comme il sait le faire, ce sourire fin qui rend mal à l’aise comme s’il avait une arme secrète, une autre carte à dévoiler et qu’on ait plus rien dans notre jeu.
‘Il n’a pas eu ce qu’il voulait dans sa vie de mortel. Il se venge de la vie à présent. Chaque meurtre, chaque victime est une vengeance. Même notre création est une vengeance.’ Il s’était emballé et me fixait à présent calmement. Il avait un drôle de regard. ‘Notre création ? Ca veut dire que tu n’as rien fait, que c’est lui seul qui m’a fait tel que je suis ?’ Avais-je rétorqué avec le profond désir d’une vraie réponse. Mais il s’était contenter de me regarder. Il s’était levé en poussant un lourd soupir. ‘Est-ce si important ?’ J’avais eu envie de le gifler sur le moment et puis l’envie avait passé. Il ne me comprenait pas. C’était la seule réponse logique et normale.
Retour au présent. Lestat fixait avec dureté Nicolas. Il avait l’air de se préparer à un combat et soudain il se plia sans raison. Son corps paraissait chuter mais restait immobile en équilibre dans l’air. Il était dans la position exacte d’un homme qui va tomber, c’est inéluctable. Mais il n’est pas un homme et il n’est pas en train de tomber mais en train de subir une attaque de Nicolas. Je ne pouvais savoir de quoi il s’agissait et j’étais troublée. En fait Lestat ressentit un resserrement intérieur, une perte de contrôle de son corps, comme une chute dans le vide, une absence de sensation corporelle. Il eut peur que son âme quitte son corps. Lorsque la sensation se dissipa, il rouvrit les yeux. Nicolas avait disparut. J’étais là sous ses yeux un léger sourire sur les lèvres.
Claudia : « Comment allez-vous, Père ? »
Il écarquilla ses yeux. J’eus cru que son corps vacillait mais il n’en était rien. Il me fixait avec une expression de pure surprise. Il avait l’air furieux que je sois là, que j’ai tout entendu, que je sois restée alors qu’il m’avait demandé de partir. Il aurait pu lever la main et me menacer mais c’était bien inutile. Je n’étais pas la véritable cible de sa colère. La sensation désagréable qu’on vous presse à sortir de votre corps ne m’était pas dû. Lorsque ses yeux revinrent vers moi, lorsqu’il eut compris que Nicolas avait définitivement disparu sans laisser aucune trace qui aurait permit de le suivre, il n’y avait plus cette colère froide et compréhensive si on avait suivit la scène. Il saisit la main que je lui tendais.
Lestat : « Claudia ! Je me demandais où tu étais. »
Sa voix se voulait normale mais elle chevrotait. Il ne pouvait contrôler ses nerfs pas plus que ses propos confus. Je n’avais pas relevé ses paroles, ça aurait été parfaitement idiot sachant que je risquais sa colère. Même affaiblit, Lestat reste Lestat. Il y avait quelque chose qui se passait entre nous deux alors que nous nous tenions là l’un si proche de l’autre, quelque chose d’inattendu et de pas si mauvais, quelque chose qu’on devait à Nicolas. Cette chose était un pont, un mince et hésitant pont entre nous deux, au-dessus du gouffre qui s’était peu à peu creuser. Je sentais qu’il y avait une nouvelle chance pour nous deux.
Lestat : « Je… Je crois qu’il va pleuvoir. Si nous rentrions ? »
Il scruta mon visage comme s’il pouvait y lire la réponse. Lestat savait lire les pensées sur les visages, il décortiquait les expressions faciales et en déduisait ce que pensaient les gens. Il n’avait aucun mal. Et ça énervait particulièrement Louis qui ne parvenait pas à masquer ses sentiments et pensées à Lestat. Moi en revanche j’avais été à bonne école. Je savais comment déjouer le regard investigateur de mon père maléfique, cette école étant Lestat lui-même. Il avait tout simplement peur qu’un mortel puisse faire comme lui.
Lestat : « Oh pardon ! Je suis idiot, tu n’as même pas bu. »
Claudia : « Inutile, je viens de le faire, il y a quelques instants. Un de nos cher voleurs des rues a accepté de me servir de verre en cristal. »
Je lus un rire dans les yeux de Lestat. Il était encore trop touché pour rire tout son content comme il avait l’habitude de faire, mais le rire était tout de même là, niché dans ses prunelles grises d’eau. Je serrais sa main heureuse de voir ce sourire et d’en être la source. J’aurais aimé entendre sa voix virile éclatée dans mes oreilles enfantine. Il me fixa soudain sérieusement comme si son cerveau embrumé venait de se remettre en marche. Il me poussa d’un geste violant mais qui n’eut pas beaucoup d’effet sur moi puisque je suis moi aussi un vampire.
Lestat : « Ne t’avais-je pas dit de rentrer ? »
Plus claire n’était pas possible. Je lui jetais un regard noir. Il n’avait plus l’air de quoi que ce soit hormis une statue. Son visage s’était mué en une impassible surface lisse, il ne laissait apparaître aucune expression, aucune émotion, pas un sentiment ne se laissait présagé. Il se fermait à moi. C’était aussi simple que ça. Cependant montait en moi une froide colère, un énervement implicite. J’aurais donné n’importe quoi pour revoir son sourire en cet instant. Avait-il l’intention de rompre les derniers liens du pont qui traversait le gouffre qu’on avait créé entre nous ?
Lestat : « Rentre à la maison Claudia. (…) S’il te plait. »
Je m’écartais de lui. Il n’y avait donc aucun espoir de répit entre Lestat et moi ? J’aurais aimé qu’il y en ait encore.

***


L’appartement de Rue Royale me parut trop chargé de moulure dorée, de meubles en bois rare, de tapis persan, de toutes ses choses bien futiles que Lestat avait installé ici pour je ne sais quel prix affolant. Il y avait toujours une odeur étrange, et aujourd’hui elle m’énervait. J’avais une furieuse envie de tout détruire, de ruiner les pauvres effets qu’avait essayé de faire Lestat avec cet appartement. Ma colère n’était pas retombée durant le cours chemin qu’il y avait à faire jusqu’ici. J’avais pris une voiture à chevaux, un taxi à vrai dire. J’avais tué le cocher me nourrissant de son sang comme un bien rare. J’avais fait cela par colère pure et simple. J’avais envie de tuer tous les hommes et de me repaître de leur chair ou plutôt de leur sang. J’avais un appétit à dévorer le monde, et, tel Alexandre le grande j’eusse voulu qu’il y en ait d’autres pour que je puisse m’y nourrir. Si je n’étais rentré j’aurais opéré un vrai massacre. ‘Tuer est une chose ignoble, Claudia. Il ne faut pas tuer juste pour le plaisir. L’acte de tuer peut apporter un plaisir, mais c’est un plaisir du diable et il faut s’en écarter.’ M’avait un jour dit un prêtre. Il était si doux et si gentil que je ne l’avais pas tué. J’avais alors une dizaine d’année vampire et humaine réunies. C’était comme un acte de foi d’aller le voir chaque nuit qu’il était possible. Bien sûr, il me fallait me débarrasser de Lestat et de Louis toujours si obsédé de rester près de moi comme si j’étais incapable de m’occuper de moi-même.
‘Tu dois me jurer de ne plus recommencer Claudia, avait murmuré le prêtre d’une voix douce mais autoritaire, le meurtre ne te mènera jamais au paradis.’ Il avait toujours su ce que j’étais. Dès notre première rencontre. Il avait posé ses yeux sur moi et ils étaient pleins de larmes. Il m’avait alors demandé si je désirais l’aide de Dieu. Comme je ne savais pas ce que cela voulait dire j’avais demandé. Il avait rit de mon innocence et m’avait alors promit de m’aider à ne pas aller en enfer. Je ne sais pas. Je crois qu’il a échoué d’une certaine façon.
Louis était toujours silencieux lorsque j’entrais dans le salon. Du moins je n’entendais aucun bruit mais j’étais alors trop en colère pour y faire attention. Je ne lui jetais aucun regard. Je devais aller dans la chambre de Lestat. J’avais le désir de chercher qui était Nicolas mais au fond de moi ce que je voulais c’était réduire sa chambre en ruine. Je m’arrêtais soudain en cours de route. Le sang qui battait mes tempes était si vigoureux. Je m’engouffrais dans ma chambre et m’allongeais sur mon lit. Je ne sais pourquoi mais soudain des larmes de sang coulèrent le long de mes joues. Je pleurais tout simplement. Je ne pouvais m’arrêter même si ça me semblait très idiot de pleurer ainsi, sans raison.

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Re: Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:42

Lorsque Lestat rentra, il fit peu de bruit mais m’étant calmé j’en faisais encore moins. Je levais ma tête, à l’affût comme un prédateur. Il traînait des pieds et marchait lentement. Il fit une pause dans le salon. Peut-être avait-il vu Louis en train de lire ? Il était étonnant que Lestat s’y arrête quelque seconde, le spectacle de Louis silencieux et immobile comme une statue en train de lire n’était pas vraiment étonnant. Il mit une musique en route, le vieux gramophone marchait encore. Lorsque je dis vieux, je dis cela parce qu’il en existe de meilleur à présent. Il parvient à sa chambre. Mais j’en étais pas réellement sûr. Les bruits de pas me parvenaient étouffés. Je ne pus m’empêcher de hurler :
Claudia : « Lestat !! »
Je sortais de ma chambre, le calme apaisant que j’avais gagné me souvenant des conseils du prêtre que j’avais connu encore enfant m’avait totalement quitté. J’étais tout simplement furieuse. Je hurlais son prénom à tout va. Je ne m’arrêtais pas devant une porte ou un angle, je continuais. Finalement j’arrivais à sa chambre. J’hésitais un court instant. Puis je me résolue devant cette maudite porte. Je poussais la porte de sa chambre sans sourciller, la porte claqua contre le tissu fragile. Lestat avait une chambre à la couleur de son caractère, d’un rouge pulpant qui frappait l’œil. Il avait des meubles tape à l’œil, riche en bois rares et précieux. Mais ces bibelots étaient jolis, assez fins, romantiques et délicats. Il y avait aussi des peintures. Toutes étaient signées Marius et il n’avait jamais voulu me dire qui était ce Marius mais je devinais que ça n’était pas un simple peintre. Je passais devant son cercueil qui était à demi ouvert. Lestat se tenait devant sa fenêtre, les lourds rideaux de velours rouge étaient ouverts. La nuit d’une grande beauté s’étalait sous ses yeux.
Claudia : « Lestat! Vous êtes devenu sourd à mes appels? »
Je m’approchais de lui et l’entourais de mes petits bras. Je jouais la carte de l’amour tendre envers lui. Mais il ne cilla même pas. Il avait la peau dure comme de la pierre. Immobile comme une statue, il en avait la rigidité. Je me sentais à la fois bien avec lui son odeur sensuelle mais aussi mal à l’aise avec cette attitude inhabituelle, rigide, froid, et distant malgré notre intimité corporelle. Je me dégageais de lui et le tirais à moi inutilement, il était bien plus fort que moi, c’était mon père! Je lui en voulais d’être comme ça.
Claudia : -élevant la voix dans les aiguë- « Lestat, répondez-moi! Ne faites pas semblant ne pas m’entendre. Vous savez j’étais là. J’ai tout vu et tout entendu. »
Je lui tirais le bras. Il ne bougeait pas. Il était comme mort, une carapace vide. Oh comme j’aurais voulu pouvoir lire dans ses pensées ! Où était Louis, j’avais tellement besoin de lui. Il devait être dehors à l’heure qu’il est. Il chassait toujours à la même heure. Il était réglé comme une horloge tel que le disait si souvent Lestat. Oh père pourquoi ce silence. Nicolas est-il si important pour toi? Je jetais un coup d’œil à la chambre. Le lit était défait. Il sentait… il sentait l’odeur de Lestat. Lestat avait dormit dans le lit? Pourquoi prendre tant de danger? Il négligeait sa vie, il devait souffrir. Tellement souffrir…
Lestat : -lentement avec une voix qui semblait perdue- « Tu n’aurais pas dû. »
Claudia : « Quoi? S’il vous plait Lestat regardez-moi. J’ai besoin de voir vos yeux, votre visage. »
Il se tourna lentement vers moi. Ses mouvements étaient si lents. Vous savez, nous les vampires on peut être si rapide et cependant on peut aussi être très lent. C’est le même pouvoir. Il avait les yeux rouges et les joues pleines de sang séché. Il baissa ses yeux et je vis le trouble dans ses yeux. Il était déstabilisé et ça me troublait à mon tour. J’avais besoin de le savoir fort. Il ne devait y avoir qu’un faible parmi nous, Louis. Il n’y avait pas de place à la faiblesse mon Lestat, il n’y en a pas en toi. Tu m’entends? Non il ne m’entendait pas. J’étais tellement bouleversée.
Claudia : « Vous ne m’avez pas dit quoi, Lestat. »
Lestat : « Tu le sais très bien. Je t’avais dit de t’en aller. Tu n’es décidément pas comme Louis. Remarque je n’aurais pas supporté que tu sois comme lui. »
Claudia : « Louis a son caractère et c’est comme ça qu’on l’aime. Répondez-moi. Qu’est-ce que je n’aurais pas dû entendre? »
Lestat : « Notre discutions à battons rompu. Nicolas n’est pas une partie de ma vie que j’ai envie de te montrer. Tu sais, il y a une part d’ombre en moi. Et cette part d’ombre c’est lui. »
Claudia : « Elle. C’est une femme. D’ailleurs il est étrange qu’elle porte un prénom d’homme, vous ne croyez pas? »
Lestat : « Je sais pas. Elle est capable de se faire passer pour un homme ou elle est un homme très féminin. Que veux-tu que je te dise? »
Claudia : « La vérité. »
Il recula jusqu’à buter contre son lit. Il me regardait fixement avec cette tristesse qui dévoilait ses sentiments plus qu’il ne l’aurait voulu. Il avait perdu toute cette force qui le caractérisait. Il ne masquait plus sa douleur, il la laissait s’étaler devant mes yeux éblouis. Oui, éblouis, car c’était aussi de la lumière que je voyais. Lestat n’était que plus lumineux avec cette douleur. Elle montrait toute sa fragilité. Ca le rendait réel, humain, si humain. Mais la force de cette douleur, le noir de ses yeux, il était vampire jusque dans la douleur car nul humain n’aurait pu supporter cette douleur et être encore capable de douceur, de tendresse.
Lestat se laissa glisser sur le lit me tendant la main. Je m’approchais de lui attrapant sa main. Je sentais les larmes de sang me monter aux yeux. Il m’attira à lui. Je sentis le contact de sa peau. Elle avait perdu de sa rigidité et était à nouveau douce et voluptueuse avec sa douce odeur de fleur d’oranger. Il s’allongea doucement et m’invita à m’allonger contre lui mais je restais assise à ses côtés, ma main droite lui caressant le cou. Cette intimité nous était habituelle, nous ne sommes pas vraiment des parents et nous n’étions plus humains. J’avais l’habitude de jouer avec sa tendresse mais le moment n’était pas au jeu.
Lestat : « Nicolas est un être cher à mon cœur. Je l’aime. »
Claudia : « Ca je l’ai compris. Ce que j’ignore c’est qui il est, où il habite en ce moment, est-il dangereux? »
Lestat : « Quelle machiavélique petite fille tu fais mon ange ! »
Il eut un sourire las. Je l’embrassais dans le cou. Il ne me repoussa pas. Je continuais jusqu’à atteindre ses lèvres.
Claudia : -fièrement- « C’est vous qui m’avez tout appris. »
Lestat : -las- « Je ne sais pas si je dois en être fier. Louis a parfois raison, et si tu étais resté notre douce enfant innocente cela aurait peut-être mieux valu. »
Claudia : -avec colère- « C’est cela! Pour que je ne puisse me débrouiller seule? Et puis aucun vampire ne peut être innocent. Pour être fort et résister, il faut savoir se montrer cruel même si cela implique certains sacrifice. C’est vous qui m’avez appris ça mon doux prince, répliquais-je agacé. Cette discussion m’ennuie. Et elle ne mène à rien. Dis-moi enfin ce que vous comptez faire pour Nicolas. »
Lestat : « Je ne sais pas. Le tuer ne servirait à rien. Et puis, je crois que j’en serais incapable. »
Claudia : « Je peux le faire, moi. »
Il me sourit. Oui, il était fier de la vampire que j’étais devenue mais il se demandait s’il ne m’aurait pas préféré plus douce et plus innocente. J’étais si différente de l’apparence physique que j’avais alors. Il hocha la tête avec une mélancolie qui ressemblait plus à Louis qu’à Lestat.
Lestat : « Je sais ma chérie. Tu es si forte. Mais il ne le faut pas. Nicolas nous laissera tranquille. Du moins je l’espère. »
Claudia : « Que s’est-il donc passé entre vous? La haine et la colère tiennent son âme, vous l’avez senti vous aussi? »
Lestat : « Oui. Je… Je crois qu’il m’en veut pour ce qu’il lui est arrivé. Il voulait que sa famille fasse ce qu’elle avait toujours fait, le tenir en laisse mais j’ai cru qu’il désirait la liberté. Il m’a trompé mais j’étais plus fort qu’il ne le croyait. Il m’en veut encore. »
Claudia : « Oui, c’est le moins que l’on puisse dire. Je n’ai jamais senti autant de haine émaner de quelqu’un. »
Je m’allongeais contre lui, glissant ma petite main dans ses cheveux, caressant sa nuque. Il tourna son visage vers moi. Je l’embrassais sur la bouche et il me rendis mon baiser. Je sentais son regard pesant de tristesse mais lorsque je levais mes yeux pour croiser son regard j’y vis de l’amour. Je sentis sa main glisser sur mon corps, me caresser avec la plus grande tendresse. Puis il se dégagea de moi. Je me levais lentement, tremblante et humide.
Claudia : « Nicolas ne s’arrêtera pas là. »
Lestat : « Oui, tu dois avoir raison. »
Claudia : « Qu’a-t-il dit à propos de moi? »
Lestat roula sur le lit et me fixa troublé.
Lestat : « Quoi? »
Je me penchais vers lui avec habileté, je ne tremblais plus.
Claudia : « Oui, qu’a-t-il dit sur moi? Vous souvenez-vous lorsqu’il disait ‘l’enfant…’ ? »
Lestat : « Il… Je ne le laisserais pas s’interposé entre nous. Tu le sais très bien. Notre famille est forte et complète. Nicolas n’en fera jamais parti. »
Claudia : « Ce n’est pas ce qu’il veut père. Il vous veut mort. Je crois que c’est vous Lestat qui désirez son pardon et peut-être son retour à vos côté. Mais je n’ai pas peur qu’il vienne ici, j’ai peur que son désir de vous tuer qui vous échappe totalement nous nuise. »
Lestat : « Tu réfléchis trop Claudia. Il est mortel. Il ne peut rien contre nous. »
Claudia : « Je l’espère, Lestat, je l’espère. »
Je me levais pour quitter la chambre dont l’atmosphère devenait lourde. Lestat aimait trop ce Nicolas. Il ne rendait pas compte à quel point Nicolas était dangereux. Il avait tant de haine en lui. Il était impossible qu’il n’essaie pas d’en finir avec mon père et il en était or de question.

Eden Memories

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Re: Claudia Chronicles

Message  Eden Memories le Sam 20 Déc - 16:42

J’ouvrais machinalement la porte et je découvris avec surprise mon autre père devant moi prêt à ouvrir la porte. Je lui souris. Il s’agenouilla comme il le faisait si souvent pour m’accueillir dans ses bras. Il m’embrassa. Il sentait l’air frais. L’odeur du sang humain m’excita plus que je ne l’aurais voulu. Je me souvenais de mon envie de massacre et j’étais plus qu’heureuse qu’il ne puisse lire dans mes pensées.
Claudia : -chuchotant- « N’entre pas Louis. Il ne va pas bien, il a besoin d’être seul. »
Je me dégageais de Louis et pénétrait dans le couloir qui menait à ma chambre. Louis se tourna vers moi m’attrapant par le bras.
Louis : « Qu’est-ce qu’il y a? »
Claudia : « Ne t’en occupe pas. Il a besoin de solitude et de réfléchir. »
Louis : « … »
Claudia : « J’ai encore faim, tu m’accompagnes? »
Louis : « Tu sais que je ne supporte pas te voir chasser, toi et Lestat vous êtes si… »
Claudia: « Louis! Seule je ne peux pas. Je ne te le demande jamais. Tu peux bien faire ça pour moi, non? »
Louis m’embrassa sur la joue et sourit. Bien sûr qu’il acceptait. Jamais Louis n’avait su me refuser la chasse. Il ne pouvait rien me refuser. Je me glissais dans ma chambre pour prendre une cape doublée de fourrure de loup que m’avait offert Lestat. Je portais une ravissante de velours rouge sombre et de dentelles noires. Louis me regarda faire avec un sourire. Il n’attachait pas d’importance aux costumes mais il aimait me voir vêtue des plus belles robes. Il m’avait dit sa réprobation à l’achat de cette robe qui était trop sombre pour la petite fille que j’étais en apparence. Mais je n’étais plus une petite fille mentalement. Je ne l’étais plus du tout.
Louis : -ravi- « Tu es belle, sombre mais belle. »
Claudia : « Merci. Les deux sont un compliment pour moi. J’aime beaucoup cette robe, et la cape est parfaite avec. »
Louis : « Tu as un goût vestimentaire parfait ma poupée. Y allons-nous? »
Claudia : « Oui. J’ai appelé un cocher. Il doit être arrivé depuis le temps. Nous sortons de la ville mon ange. Les campagnes sont remplies de malheureux et tristes criminels. »
Louis : « Je suis curieux de voir où tu m’emmène ma douce. »
Claudia : -l'air sévère- « Ne sois pas impatient. L’impatience gâche le plaisir. Se projeter dans l’avenir par l’impatience n’est pas bon mon Louis. Il faut profiter du présent. Ne goûte-tu pas de ce moment avec moi? »
Louis : « Oh ! Si je le goutte, personne ne redoute autant que moi l’avenir. Mais ce soir, avec toi, j’ai le désir suprême d’oublier ma gêne, ma fausse pudeur, ma nostalgie, oh ! combien inutile. Démon je suis et pour ton amour je serais. Embrasse-moi. »
Je le fis immédiatement puis, je pivotais. Il fallais que nous y allions. La nuit arrivait presque à son milieu et le problème de Nicolas était loin d’être finit, il venait tout juste d’éclore et je redoutais que ce que j’en voyais n’était que le dôme comme celui d’un iceberg. Louis était là. Mais je savais qu’il ne serait d’un grand secourt. Il était si gauche lorsqu’il fallait agir rapidement!
Notre voiture filait à toute allure. On aurait dit que nos chevaux avaient la même fougue et la même impatience que nous. Nous étions deux êtres libres, passionnés à la recherche d’une distraction exotique. Nous avions l’impression d’être sorti de la sphère quotidienne mais surtout de renaître des cendres que nous étions devenus à force de faire comme si nous savions tout l’un de l’autre. Louis me regardait avec une expression qui montrait qu’il comprenait mes sentiments qu’il en ressentait de semblable. Nous étions agités d’un feu intérieur nouveau. Je sentais sa main sur la mienne, se serrant avec cette force qui aurait pulvérisé main humaine. Je lui souriais dévoilant mes crocs mais qu’importait, nous avions déjà tué le cocher et nous étions sortis nous installer à sa place. Nous trimballions son cadavre avec légèreté. Nous étions des monstres avait chuchoté Louis en m’aidant à le mettre en place mais nous avions aussitôt éclaté de rire. Qu’était une vie parmi tant d’autres ? Comme disait Lestat, Dieu tuait aveuglément ses créatures et nous faisions comme lui. Mais Lestat n’était pas là et le plaisir en était réduit.
Nous arrivâmes rapidement en pleine campagne. Louis m’aida à descendre de la voiture. Il n’aimait pas me voir en difficulté et se comportait si gentiment avec moi. Il savait que je n’appréciais pas beaucoup mais ne pouvait pas s’en empêcher, je crois que la vision de moi réduite dans mes actes lui faisait ressentir de nouveau la culpabilité qu’il avait de m’avoir créée. Il le regrettait et me le faisait cruellement sentir sans le vouloir. Cependant je n’avais aucune envie de ressasser cette nuit et mon désir de m’amuser nous entraîna dans le plus proche village. J’avais une furieuse envie de faire un massacre mais je doutais que cela conquière mon Louis. Nous entrâmes dans l’unique auberge, désolé mais lumineuse rassemblant tout le village. Qu’il était amusant de les voir tous réunis là sous nos yeux s’amusant comme ils le pouvaient c’est à dire avec beaucoup d’alcool et de musique ! L’alcool rendait le sang plus chaud, plus doux au palais mais nous en ressentions ses effets sur nous aussi. Nous devions donc être prudents en choisissant nos victimes si nous voulions garder la tête froide.
Le tavernier : -nous fixant avec une moue qui montrait bien que notre présence n’soit nullement attendue et gênante- « Bonsoir Monseigneur, gente damoiselle, que venez faire vous là aussi tardivement? Ce n’est qu’un pauvre village, vous ne trouverez pas ici vos riches et subtils amusements. »
Claudia : « Et si nous voulions connaître un peu plus vos coutumes mon bon monsieur, demandais-je d’une voix insolente. » Je lui adressais un grand sourire. « Mon père et moi venons de loin. Nos chevaux ont besoins de nourriture fraîche et nos estomacs aussi. »
Mon sourire s’élargit. L’aubergiste me regarda longtemps puis fit signe à d’autres gens.
Tavernier : « Très bien mademoiselle. George, donne à boire à ces gens là. Mais sachez qu’on ne veut pas d’ennui ici. »
Claudia : -amusée- « Des ennuis, qui a parlé d’ennui? »
Tavernier : « Une petite fille seule… Ce n’est pas normal. »
Louis : -ouvrant enfin la bouche- « Je suis avec elle. Elle n’est pas seule. Sa mère est morte et nous n’avons pas d’autres endroits où aller. »
Claudia : -grondant Louis- « Louis! Cesse donc de raconter notre vie. Tu vois bien que ça les importune. Allons, assied-toi, je m’occupe de tout. »
Le tavernier rit. Une enfant qui s’occupait de son père. Ca paraissait tant comique pour les mortels. Ah que je haïssais ma petite taille et mon jeune âge physique ! Je m’avançais vers lui et lui fit signe de s’approcher de moi. Lorsque je me tournais vers Louis, le tavernier gisait à mes pieds. Il n’y avait aucune goutte de sang à mon menton mais Louis savait que j’avais tué le vil tavernier. George apporta une pinte de bière à Louis qui refusa poliment. Je le rejoignais avec un sourire ravis.
Claudia : -avec un sourire malicieux - « Pourquoi ne boirais-tu pas un peu plus ce soir? »
George : « Plus? »
Claudia : « Oui, il a déjà bu un peu plus tôt cette même nuit. Mais père a une meilleure consistance que moi, et il ne boit jamais à sa faim. N’ais-je pas raison, Louis? »
Louis : « Claudia! Je n’ai plus soif. »
Claudia : « Si! »
Je tirais à moi George et le plaquais contre la table. Les autres villageois devaient être trop soûls pour réagir car pas un ne bougea. Louis but avec politesse si on peut dire ça comme ça. Il prenait soin de sa victime à un point qui m’étonnait. Je savais qu’il ne fallait pas les faire trop souffrir mais avec Louis ça prenait des propensions ridicules. Je ris. J’avais cette expression qui disait ‘tu vois j’ais raison, louis’. Je me levais. Nous sortîmes comme nous étions rentrer, de vrais anges de la mort. Nous étions invisibles et le don de l’esprit me permettait de l’être réellement. J’allais monter dans la voiture lorsqu’un gosse du même âge que moi j’avais corporellement. Il nous dit dans un mauvais français que nos chevaux avaient été bien nourris. Pour le remercier, je lui donnais un baiser. Il fut un peu long et le pauvre en mourut. Je ne lui jetais pas un regard alors que Louis m’aidait à mettre feu à l’auberge. Nous partîmes au galop regardant le feu prendre. Les gens hurlaient mais les vivants étaient sauf. Ils ne nous avaient même pas vus. Je le lut dans leurs esprits. Lorsque nous fûmes dans les environs de la Nouvelle-Orléans j’ouvris la bouche.
Claudia : « Lestat a raison, c’est très facile de les berner. »
Louis : « Claudia! C’était très mal ce que nous avons fait. Nous avons tué plus que nécessaire. Ce gosse tu aurais pu le laisser partir. »
Claudia : « Arrête Louis, tu gâche ma nuit! »
Il se tut. Il était si doux avec moi. Prêt à oublier ses idéaux pour moi. Je le trouvais ravisant et charmant mais un peu trop gentil à mon goût. Je l’embrassais dans le cou lui prenant un peu de son sang mais le charme était rompus. Je me glissais contre lui. Il tenait les rênes et ralentissait la cadence. Je savais qu’il préférait être avec moi plutôt qu’avec Lestat. Leurs silences étaient trop lourds. Il me caressa la tête et sourit. Il m’aimait tendrement. J’étais son enfant, son amour. Il n’y avait rien d’autre qui comptait. Je l’aimais aussi mais d’une autre façon. Plus sensuelle, une façon qu’il avait du mal à accepter. Un amour trop brûlant à son goût.

Eden Memories

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